PATRICIA BOURGEOIS CARNETS AUTOUR DU MONDE

Artiste Plasticienne Navigatrice Papouasie Nouvelle Guinée îles Salomon Tour du Monde en voilier et en famille depuis le 25 sept 2007

la Réunion, Attention au Pitton de la fournaise!

 
3 octobre

Attention au Piton de la Fournaise!

 

 

 

Arrivée très chaude dans le port de St Pierre
 

au sud de l'île de la Réunion, la partie la plus ventée.

Après notre première nuit de navigation relativement calme, avec en vue les lumières de la réunion dés minuit. Au petit matin, face au port de la pointe aux galets à St Denis, nous décidons de continuer ; le port de St Pierre est plus sympathique situé en plein centre ville mais il faut pratiquement faire le tour de l'île en remontant le vent heureusement le temps est calme.

 

Vers 10H le vent et la mer se lèvent et se renforcent de minutes en minutes. Nous longeons pendant des heures une côte escarpée, brisée par d'énormes vagues et surmontée de magnifiques montagnes. Le vent souffle en rafales de 40 nœuds, à chaque pointe nous espérons St Pierre. Il nous reste à admirer les surfer et kite surfer s'amuser et venir nous faire un petit coucou...

 

Vers 16h, dans l'alignement du port nous avons un moment de doute ; le vent, les vagues, la mer blanche d'écume cachent l'entrée et si nous faisions demi-tour ?

 

Finalement, la grande voile affalée, au moteur, nous nous engageons dans le passage étroit, entre deux déferlantes, d'une marina, entièrement artificielle, construite dans une zone ou le vent et les vagues ne se calment jamais... En tout cas durant notre séjour ! C'est l'effet venturi (accélération du vent à la rencontre d'un relief) du Piton de 2632m.

 

 

Nous devons pendant ce séjour, récupérer les cours du CNED, visiter le volcan et un des trois magnifiques cirques : Mafate, Salazie ou Cilaos.

 

 

            
 
 
Impressionante coulée de lave! 
 

 

       Après avoir visité les paysages lunaires du volcan, un petit tour à la maison du volcan pour le programme de quatrième d'Antoine, nous étions super au point sur le volcanisme. Il faut savoir que les Réunionnais vivent sur de la lave qui se balade par ci par là à 100m de la surface et ça peut péter. Le risque est millénaire, centenaire ou bientôt selon les zones de l'île. Son gardien le respecte, Il faut être humble face à cette force de la nature ; la mer, il en a encore plus peur.


      La coulée de lave d'avril 2007 est impressionnante. Une fissure c'est ouverte, beaucoup plus bas que le cratère, un jet de lave est montée jusqu'à 200 mètre de haut. Le volcan s'est vidé de son magma qui est retourné à la mer en passant par la route. Un des cratères du haut s'est effondré de 300 mètres provoquant des tremblements de terre. Les bulldozers travaillent encore d'arrache pied pour reconstruire, la seule route qui fait le tour, sur la coulée refroidie en surface. De notre point d'observation nous pouvons voir des fumeroles s'échapper par endroits.

 

Les routes les plus chères du monde! 

 

 

      Il parait que les routes de la Réunion sont les plus chères du monde, entre les éruptions au sud et les falaises qui s'émiettent au nord et au centre. En allant à St Denis Je n'ai jamais vu de filets aussi immenses, collés aux falaises, et autant de travailleurs suspendus à des cordes. On a tout le loisir de les observer car l'embouteillage, est un sport national. Impossible de prendre la voiture sans rencontrer de nombreux ralentissements voir des arrêts. Nous sommes réticents à l'idée de bouger et donc de passer des heures sur les routes en pleine chaleur.

 

 

12 octobre Le départ manqué

 

Ravis de partir de ce port ou siffle le vent.

 

       Nous sommes amarrés au quai, en béton, qui est en fait une route, lieux de passage des promeneurs curieux mais néanmoins sympathiques et des fêtards dont les voitures se transforment en boite de nuit ambulante. Cette onde de basse qui arrive avant que la voiture ne passe et qui reste longtemps après, accompagnée de sons indéfinissables, est difficile à supporter. Le vendredi et le samedi soir l'onde n'a pas le temps de se dissiper qu'une autre arrive. Sans parler de la poussière.

 

       Les derniers jours on été laborieux : Hugues au colmatage d'un hublot et divers bricolages, les enfants ont la tête dans le CNED et moi, je suis au soutien moral des troupes sans oublier de mettre à jour mon blog. Le soir venu, nous sommes épuisés mais content, l'ambiance est bonne et nous faisons la connaissance de gens supers sympathiques.

 

       Départ à 7H du matin, le vent est déjà là mais on part quand même ! Au moment de passer le chenal très étroit du port, entre une bouée et un mur, Hugues laisse la bouée verte à droite pensant que Lô est trop large. C'est la catastrophe, marée basse de fin de lune descendante et nous touchons : une fois, arrêt, marche arrière, deuxième fois, demie tour, troisième fois. Nous traitons ce port de tous les petits noms d'oiseaux qui nous passe par la tête. Nous avons fait quand même l'erreur de laisser la bouée verte à droite et dans le code maritime c'est : «

 

       Nous ne sommes pas les premiers à faire cette erreur. Mr Corneel, un grand navigateur, c'est laisser prendre, Hugues est soulagé. Le lendemain, sous nos yeux, un quillard s'échoue en voulant prendre une place, une rafale de vent le propulse sur le ponton, il retombe, c'est la panique autour de lui...

 

         Le safran est cassé en deux, il y a quatre pales d'hélice à changer, heureusement, on peut les changer sous l'eau. Dans la nuit, Hugues entend la pompe de cale se mettre en marche : c'est la voie d'eau, le scénario catastrophe prend place dans nos têtes : on va devoir sortir le bateau dans un port qui n'est pas équipé pour, faire venir une grue spécialement pour nous, bouger un bateau qui n'est pas manœuvrant, se mettre à l'hôtel .... Je ne vous parle pas du budget !

 

       Heureusement le lendemain avec le levé du jour, Hugues localise une petite fente réparable sous l'eau, on évite la catastrophe. Bartosh vient vers nous, il aide Hugues a réparer le safran et autres interventions, il y a aussi Vincinati (un ancien patient ; quand il était marin à Nouméa). Les habitants du port, n'hésitent pas à proposer de l'aide c'est la fameuse solidarité des gens de mer. Ce n'est pas une légende, elle existe et c'est le côté réchauffant des galères. Bartosh navigue depuis 30 ans, il a fait le Brésil, l'Afrique en long et en large, Madagascar... il nous raconte pendant des heures ses bonnes et mésaventures, nous donne de multiples conseils de navigation dans le canal du Mozambique et le passage du Cap de Bonne Espérance. Ben, un Mauricien est venu, pour se faire opérer des yeux, il fait du charter ; On les voit tous les jours et on rigole bien, ben veut s'installer à Nouméa car l'île Maurice devient de plus en plus difficile à vivre ; L'écart se creuse entre les plus riches et les plus pauvres, les tensions naissent et la politique se durcit....

       Il y a Lucé et Magalie qui passent tous les jours, des créoles ; Hugues leur a donné un conseil médical et deux jours après ils sont venus boire l'apéro, avec leur famille, pour voir le bateau, avec dans les bras un poulet créole. La cuisine créole se résume en rougaille : faire revenir des oignons, de l'ail, de la tomate, du curcuma sel poivre et piment. Cette sauce se fait cuire en même temps que la viande et avant de mettre le poisson : un régal...

 

19 octobre Le vent tombe et la houle se lève.

 

 

       Les pales sont enfin arrivées à la Réunion, mais le vendredi à partir de 15H la vie s'arrête, nous sommes obligés d'attendre lundi... Encore un week end au bord de cette jetée en béton, où les voitures passent. Nous sommes anéantis, on dit en créole : qué position ? si ça va, on répond : « correct » et si ça va pas : « fatigué ». Notre position est écroulée sur le sol, très fatigués. Heureusement ! Le vent tombe, nous avons repéré une place libre, plus tranquille. C'est là que nous passons nos derniers jours à la Réunion, vivement mardi, direction Madagascar vers le Cap d'Ambre.

 

       Nous surveillons l'entrée du port, la houle s'est levée et c'est le temps du surf. La vague, à gauche en entrant est lente à déferler les surfer l'aiment bien. Je fais une belle série de photos dont une assez étonnante : Avec l'effet d'optique, on voit un voilier qui s'apprête à entrer dans St Pierre, sous une déferlante avec un surfer dans son tube. L'autre cliché montre l'entrée du port avec en premier plan un surfer qui plonge. Parfois les vagues débordent sur la passe et les marins pêcheurs sont au chômage technique. Nous sommes inquiets.


Quand va-t-on se dégager de cette île?
 

       Le 24, au petit matin, nous courrons au bout du ponton, sur la jetée. Les vagues sont déjà réveillées mais la passe est claire. Nous décidons de partir. Un petit stress logé au fond du cœur, j'aide Hugues à préparer le bateau. Moteurs à fond, petit génois dehors, nous traversons le passage étroit du port, entre un spot de surf à droite et un phare attaqué par les vagues à gauche. Enfin libre ! C'est vraiment le sentiment que j'ai ressentit à la bouée jaune qui signale que nous sommes sortie. Nous voguons, enfin, vent arrière, direction Nord vers Mada, vue sur l'entrée du cirque de Cilaos. Cette île est magnifiquement escarpée, nous respirons l'air du large.

 

 

 

 



Publié à 11:58 , le 3 octobre 2007, Réunion
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