PATRICIA BOURGEOIS CARNETS AUTOUR DU MONDE

Artiste Plasticienne Navigatrice Papouasie Nouvelle Guinée îles Salomon Tour du Monde en voilier et en famille depuis le 25 sept 2007

la traversée du Pacifique

Publié dans U Galapagos

 l'Océan Pacifique
714 410 kilomètre cubes
Plus de la moitié du volume total des océans du globe
L'Océan le plus profond, 11034 m dans le fossé du Challenger...

 

 
 
                        Nous sommes à 10 miles de l'équateur. Je n'ai jamais vu autant d'humidité ! la nuit le sol du bateau est mouillé, mon télé objectif n'a pas résisté et il a rendu l'âme. C'est extraordinaire.
Il n'y a pas de vent, on pique vers le sud au degré numéro 7 pour attraper du vent. C'est une technique connue pour aller aux Marquises.

Rencontre au milieu de l'eau calme.
 
La première fois, nous sommes inquiets de les voir surgir et s'approcher du bateau.
 
Mais nous sommes vite rassurés, ils veulent seulement nous vendre un énorme marlin... Se sont des pêcheurs de Manta du Pérou, ils viennent d'un bateau mère et peuvent naviguer sur leur petite barque pendant deux jours, ils se repèrent grâce au nombre de bidons d'essence untilisés. Ils viennent relever d'énormes thons accrochés à des lignes, laissées très loin des terres, de plus en plus loin. Nous nous sommes pris dans une de ces lignes qui sont pratiquement invisibles. Obligé de plonger pour enlever la pelotte de fil autour de l'hélice,  Hugues n'a pas peur de l'abîme bleu nuit, qui moi me térrifie... 
Pour leur faire plaisir nous leur donnons  à boire, du coup ils sont plusieurs à venir nous voir...

 
 
  Une série de problèmes vont s'enchainer dans cette première partie du voyage :
                         Il y a encore de l'eau mélangée à l'essence achetée aux Galapagos. On doit vidanger les moteurs et les nettoyer. Problème déjà rencontré avec le ravitaillement à Panama.
Le 11/04 toujours pas de vent. La courroie du deuxième moteur lâche et par conséquent le désalinateur tombe en panne.
                        Le 12 dans la nuit le vent se met enfin à souffler à 20 nœuds mais le rail de grand voile casse. Heureusement le rail est en trois parties. Nous devons à présent mettre la baume sur le rail du milieu, ce qui n'est pas la meilleure position avec du vent d'est. On est donc obligé de prendre deux ris dans la grand-voile et voir diminuer les performances du bateau.

                        Le 19/04 Hugues décide d'entrer dans le réservoir d'essence. L'essence embarquée à Panama a laissé des dépôts. Impossible de vidanger simplement. On a du tout bidonner. L'opération en pleine mer est vraiment difficile entre les manipulations et les odeurs....  
 
Après cette série de galères notre rythme de traversée reprend son cours.
 
                        Les journées passent vite. Les enfants travaillent. On prend le soir le temps d'admirer les couchers de soleil.J'essaie de faire tous les jours des exercices de gym.
La notion du temps n'est plus la même qu'à terre. On est dans une espèce d'état second, comme en méditation, on peut regarder la surface de la mer des heures sans s'ennuyer.
 
                        Les quarts à deux, c'est épuisant alors on se permet de dormir la nuit. On se réveille régulièrement pour aller voir si il n'y a pas de bateau en vue. Nous possédons une mer-veille qui détecte le radar des autres bateaux mais bcp n'en n'ont pas. Le 13 un bateau a surgit de nulle part, tout près, sans radar. Dans ces cas là on craint que cela puisse se produire à tout moment. C'est un peu angoissant.
Le 22 on était dans une houle tapant de coté, en pleine manœuvre, on affalait un foc léger,  on recroise le même bateau, sans doute Coréen qui n'a pas répondu à nos appels en Français, en Anglais... certainement un bateaux de pêche clandestin, assez gros. On a du changer de direction pour éviter la collision... ça fait réfléchir !!Surtout la journée, on ne surveille pas l'horizon constamment et l'éventualité d'une telle rencontre est plutôt stressante.
 
                        Le 17 on a fait 1600 miles, c'est énorme.On commence à avoir envie d'arriver et pourtant il en reste autant à parcourir..On s'invente des jeux avec les enfants sur le décompte des jours et des miles...
Le 24 avril il nous reste 394 miles. Vu le vent on prévoit arriver dans les deux, trois jours sur Nukuiva. Le compte à rebours a commencé ce qui fait passer le temps moins vite finalement.
Il me tarde d'arriver pour marcher. Je rêve d'une balade à pied !!
Le lendemain le vent tombe. Les pronostics sont revus à la hausse...C'est difficile en bateau car il est bien impossible de faire des prévisions fiables...Ce sont les vents qui décident..
 
                        Le 26, la veille d'arriver à Hiva Oa on apprend par radio amateur qu'il y a foule au mouillage. On décide d'aller alors à Fatu Hiva. Ce qui n'est pas une mauvaise route mais il n'y pas de clairance à Fatu Hiva. On est Français et sur un territoire Français, on décide de prendre le risque de s'y arrêter avant d'aller à Hiva Oa faire les papiers.
 
                        Le 27, après avoir ralenti toute la nuit pour  arriver au petit matin on découvre avec enchantement cette île merveilleuse. On jette notre encre dans la baie des vierges à 6h du matin. C'est magnifique.
Notre traversée aura duré 19 jours et 15 H dont 7 jours sans vent.
On a réalisé la plus grande traversée du globe !! 2900 miles sans aucune possibilité de s'arrêter.
 
 
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Merci à Mireille pour l'aide qu'elle m'a apporté à la rédaction du texte
Photos: Droits réservés à Patricia Bourgeois



Publié à 01:59 , le 19 mars 2010,
Mots clefs : mantapecheurséquateurpot au noirpétolevoiliertraversée

La traversée de Panama aux Galapagos

Publié dans U Galapagos

 

Traversée vers les  Galapagos,
830 miles

 


 

  Départ le 26 mars, jour anniversaire de Hugues. Quel symbole ! : Partir à l'assaut du Pacifique à cinquante ans, exactement, c'est comme renaître. Le soleil se couche, rien que pour nous, rose de bonheur.

 


 
28 mars

                        Deuxième jour de navigation, sans vent. A part le bruit du moteur, on aime bien, c'est comme à la maison, de l'énergie à gogo, des mouvements souples et lents qui permettent de travailler et d'admirer le paysage en toute quiétude. La mer est majestueuse, elle nous offre chaque jour sur un plateau argenté une magnifique boule incandescente. Avant d'éteindre la lumière, le ciel nous prépare un lit d'énergie pure, afin de nous aider à traverser les étoiles vers le jour. C'est le coup d'envoie d'une nouvelle nuit, les journées  passent très vite, hors du temps.


 
 

29 mars
 


  31 mars
6ème jour de navigation, sans vent.

                        Nous arrêtons le moteur régulièrement, pour reposer nos neurones et profiter d'un peu d'air dans les voiles pour avancer à : 2 ou 3 nœuds. Ce soir le vent est à zéro, le bateau est complètement immobile, les enfants et Hugues piquent une tête dans un abîme de trois milles mètres. Je reste figée à l'idée de sentir une multitude grouillante, invisible et menaçante sous mes pieds ; dans 10 mètres d'eau douteuse je panique...


31 mars


                        Au moteur, depuis 20 heures avec un vent de 5 à 10 nœuds, dans le nez : il est enfin venu, de là où on va...
Depuis notre départ de Panama les moteurs ont tourné  65 heures ce qui est honorable.


 1er Avril


 L'EQUATEUR : 00° 00' 27'' S         88°40'28''

A 60 Miles de l'île de San Cristobal, nous ralentissons au maximum le bateau pour arriver au lever du soleil sur les Galapagos



Le pot au noir ou zone de convergence intertropicale


qui désignait au XIX une situation peu clair et dangereuse.


                         Zone extrème que les marins n'aiment pas, c'est l'image du calme avant la tempête. Rien ne bouge, la mer est une gigantesque masse, lourde, mouvante de l'Intérieure, pas une ride en surface. Au loin, une gigantesque masse nuageuse, un cumulo-nimbus noir menaçant, en forme d'enclume qui peut avancer vite selon sa force, qui peut venir de derrière ou de devant. Dès que le bateau se trouve dessous, les vents peuvent monter jusqu'à 40 nœuds et changer de direction ce qui est stressant car il faut sans cesse adapter les réglages du bateau. Parfois, quand c'est possible, nous changeons de direction pour contourner ces « grains » quand ils sont trop menaçants.
Nous avons eu la chance de ne rencontrer que des grains faciles à gérer.
 

Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com


Publié à 07:52 , le 11 décembre 2009, Iles Galapagos
Mots clefs : équateurpot au noirpétolevoiliertraversée



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