PATRICIA BOURGEOIS CARNETS AUTOUR DU MONDEArtiste Plasticienne Navigatrice Papouasie Nouvelle Guinée îles Salomon Tour du Monde en voilier et en famille depuis le 25 sept 2007 |
Brésil, premier contact, Salvador de Bahia
Du 19 au 24 mai CAMAMU BAY, BARRA GRANDE, ITACARE, PREMIER CONTACT AVEC LE BRESIL. Au petit matin du 19 mai nous jetons l'ancre devant une plage de sable blanc. Le village est tranquille, c'est la hors saison. Nous bouclons à toute hâte les derniers devoirs du CNED à poster rapidement pour ne pas aggraver notre retard. Une promenade sur le sable des ruelles de Barra Grande pour rencontrer trois Français, installés depuis une dizaine d'années. Les discussions tournent autour de la politique de Lula et le développement économique du pays. Un énorme port commercial doit se construire dans le coin, bonne ou mauvaise nouvelle ? Le Brésil regorge de richesse mais l'organisation des exportations est plus que défectueuse, il y a parfois plus de six mois de retard sur les carnets de commande. Nos français sont contents, le prix des terrains et de l'immobilier augmentent ; leur investissement est fructueux. Le Brésil progresse, il a les capacités de rentrer dans la cour des grands pays industriels. Nous le remarquerons très vite, à nos dépends, car les coûts sont deux à trois fois plus élevés qu'en Afrique.
Mathieu nous embarque sur Itacare ou nous passerons trois jours. C'est le coup de foudre pour ce vieux village portugais, encore authentique mais en voie d'invasion touristique : la route à été goudronner il y a dix ans et depuis le village prend de l'ampleur. En attendant nous flânons le long des rues pavées, bordées de vieux bâtiments colorés, de petits restaurants branchés et chers mais aussi des restos au kilo bon marché. Notre pousada est ravissante, tenue par une Française adorable qui nous ramènera avec sa voiture sur Barra Grande. Le resto au kilo est un buffet avec obligatoirement de la feijoada (mélange de haricots rouge et de viande), de la farine de tapioca et du riz ; l'assiette est pesée et on paye entre 10 et 20 Réis le kilo (500 et 1000FCFP) La Pousada est une sorte d'auberge ou on paye la chambre et le petit déjeuné, il n'y a aucun autre service. Itacare c'est aussi un village de surfer et l'aménagement des plages me fait penser à Bali. Au deuxième jour, Hugues et Antoine quittent fièrement la pousada, pour une leçon de surf ! Je charge tranquillement mon blog et Camille joue avec les enfants de la patronne. Quand, nous les voyons revenir, Hugues peut à peine marcher et Antoine n'est pas content : « c'était pourri », son mot favori depuis l'âge de 13 ans. 24h sur 24 avec un ado et un « vieux », c'est difficile! Nous devrons aller sur Salvador plus rapidement que prévue car le genou de Hugues ne s'améliore pas, il va devoir subir une ménisectomie.
SALVADOR DE BAHIA
Salvador de Bahia du 24 au 31 mai. SALVADOR DE BAHIA ET LE PELHOURINO.
Nous arrivons de nuit au son d'une musique rythmée venant du Mercado Modelo. Le temps de se préparer pour aller diner et les rues se vident, la musique s'arrête, nous sommes entourés de quelques ombres errantes. Un sentiment d'insécurité s'installe. Nous décidons de revenir derrière les grilles de la marina pour se retrouver dans une navette qui mène au Forte Sao Marcelo, dominant la baie de tous les saints, datant du XVIIème siècle ; un endroit très chic. A Salvador, La richesse côtoie la pauvreté sans complexes. La marina « Centro Nautico da Bahia ou CENAB » est située au pied de l'elevador qui mène au Pelourinho dans la ville haute. Le Pelourinho est classé patrimoine mondiale de l'humanité depuis 1985, il a été largement restauré grâce aux fonds de l'Unesco. C'est un beau quartier à l'âme passionnante, mêlant touristes (peu nombreux à cette époque) habitants, policiers (a chaque coin de rue), arnaqueurs, favelados, commerçants, prostituées, riches, pauvres... et de magnifiques églises à l'architecture baroque. On dit de Salvador, qu'il y a assez d'église pour en visiter une tous les jours de l'année.
Sao Salvador da Bahia de Todos os Santos fut fondée par les Portugais en 1549 et demeura la capitale Brésilienne pendant deux siècles. A partir de 1600 le Brésil reçoit 1500 esclaves Africains par an, la majorité se retrouve enchainée aux piloris du marché aux esclaves situé au centre du Pelourinho, là où ils étaient châtiés en public. Les Portugais désiraient peupler le pays à tout prix. L'église se montra donc indulgente envers les relations entres colons, esclaves et indiens. Une importante population métisse vit le jour qui n'avait d'autres moyens pour vivre que de se prostituer. Le brésil devint célèbre pour sa permissivité sexuelle. Salvador de Bahia fut baptisée, baie de tous les saints et de tous les diables. Les prostituées courent encore les rues mais se montrent la nuit et abordent les hommes célibataires. Le fait de voyager en famille nous protège de beaucoup d'entourloupes car les brésiliens respectent les femmes et les enfants. Il parait que durant le carnaval il n'y a que les femmes qui ont de l'argent dans leur soutien gorge... Il faut quand même suivre les règles de base et ne pas être trop naïf...
Au pied de l'elevador il y une station de bus, il suffit de lire les directions en bas à droite du pare brise, grimper et payer 2 Reis par personne. Nous allons au marché de Sao Joaquim, une expérience à ne pas manquer !
C'est une petite ville aux ruelles moyenâgeuses, sales, grouillantes. Des hommes poussent des brouettes de chèvres vivantes entassées et saucissonnées. L'odeur des étalages de viande ont de quoi transformer un carnivore en végétarien. J'ai traversée le secteur les yeux derrières mon objectif, en respirant par la bouche.
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
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