PATRICIA BOURGEOIS CARNETS AUTOUR DU MONDEArtiste Plasticienne Navigatrice Papouasie Nouvelle Guinée îles Salomon Tour du Monde en voilier et en famille depuis le 25 sept 2007 |
Traversée de l'atlantique, entre Sainte-Hélène et le Brésil
Du Samedi 3 mai au lundi matin 19 mai
LA TRAVERSEE DE L'OCEAN ATLANTIQUE, DE SAINTE-HELENE AU BRESIL
A deux jours du grand départ, le désalinisateur, cette machine merveilleuse qui transforme l'eau de mer en eau douce, ne marche plus. Sur LO le désal était devenue une évidence, on ne l'appréciait plus à sa juste valeur et il nous quitte. Nous devons l'accepter, car à Sainte Hélène il n'y a rien pour le réparer. Notre réservoir est de trois cent litres pour au minimum dix jours de traversée, à quatre ! Heureusement nous sommes équipés d'une douche avec un cran de fine pulvérisation et un excellent récupérateur d'eau de pluie mais il ne pleut jamais en cette saison !
Une traversée est une histoire de rythme. Le rythme de la vie à bord est identique jour après jour. Le temps, suspendu, passe très vite et l'ennui n'existe pas. Psychologiquement nous sommes prêt a une longue croisière, notre cerveau n'est pas programmé pour l'impatience, mais pour un mouvement lent et néanmoins efficace. Il y a peu de vent et jamais de tempêtes au dessus de l'anticyclone de St Hélène. Sans vent la mollesse nous guette, il faut la combattre mais prendre le temps. Notre corps se cale au rythme régulier du jour et de la nuit. Le soleil se couche, je ne rate jamais ce spectacle, nous rangeons le bateau pour attaquer une bonne nuit. La lune se lève, jamais à la même heure, jamais la même. Régulièrement elle disparait pour laisser le ciel s'exprimer à volonté, alors nous sautons sur le trampoline et allongés nous comptons les nombreuses étoiles filantes. Je n'ai jamais vu autant d'étoiles filantes et de galaxies aussi lumineuses. Les premières lueurs de l'aube arrivent, l'espace s'agrandit avec le sentiment d'un certain soulagement, l'horizon reprend sa forme ronde. Préparation du petit déjeuné, travail scolaire, déjeuné, sieste à tour de rôle, lire, écrire, penser, surveiller la mer couleur bleue primaire limpide, être envouté par elle...
Le 9 Mai 2008 nous sommes aux antipodes de la Nouvelle Calédonie à la position : S 15° 53 W 15° 56. Après 10 mois de traversées Lô a fait un demi-tour du monde.
A quatre cent mille des côtes nous rencontrons, notre premier bateau de pêche, du vent de face pendant 36 heures puis 25 nœuds bien établis. La mer n'est plus aussi bleue ; soudain Hugues pousse un cri, il a vu un dauphin géant ! Nous nous précipitons dehors à la recherche de ce monstre des mers hypothétique. Après un long moment nous distinguons au loin un énorme dos se rapprochant du bateau. Il possède une nageoire dorsale et nage comme un dauphin, il plonge sous le bateau et longe la coque en nous montrant son ventre blanc de 12 mètres. Ce joyeux luron est rejoint par deux camarades. Nous sommes quelque peu inquiets bien que médusés par ce spectacle. Brusquement l'un d'eux fonce loin devant et se jette en l'air dans un magnifique saut ou nous pouvons l'admirer entièrement. Ce n'est manifestement pas un dauphin, surement une étrange baleine avec un long nez et une nageoire dorsale. A trois reprises nous pourrons les voir surgir hors de l'eau. Je ne suis pas descendu prendre mon appareil photo ni une caméra car il y avait du vent et de la mer et je ne voulais pas manquer une miette de ce show. Après une enquète nous découvrons leurs identités : c'était des Rorquals à bec. Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
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