PATRICIA BOURGEOIS CARNETS AUTOUR DU MONDE

Artiste Plasticienne Navigatrice Papouasie Nouvelle Guinée îles Salomon Tour du Monde en voilier et en famille depuis le 25 sept 2007

Port Elizabeth et Addo elephant park

Publié dans F Afrique du sud

 

 

 

Du 21 au 24 janvier 2007 à Port Elizabeth.

 

Durban - East London - Port Elizabeth - Knysna - Mosselbaai -  Le Cap

Sont les escales possibles en cas de mauvais temps.

 

                   Durban, East London est la navigation la plus longue sans pouvoir s'abriter. Le puissant courant et un coup de vent venant du sud peuvent lever d'énormes déferlantes. Nous avons tous entendu parler des vagues scélérates qui peuvent atteindre 30 mètres de haut ! Je vous cite un passage de Bernard Moitessier « la longue route », à lire ou à relire :

 

 « Ces parages peuvent devenir dangereux (plus dangereux souvent que le Horn) à cause de la mer provoqué par le courant des aiguilles. De nombreux yachts de 8 à 15 mètres s'en souviennent : Atom, roulé au large du Cap, s'est relevé rasé comme un ponton. Awhanee a rencontré dans les mêmes eaux le temps le plus terrible de sa carrière. Et il a connu le Horn. Marco Polo, Eve, Adios, Walk About, Wanda, Marie-Thérèse II, d'autres encore, se sont fait retourner ou très durement toucher entre Durban et Port Elizabeth, par les déferlantes d'un coup de vent soufflant contre le courant des Aiguilles qui atteint cinq nœuds par endroits. D'après les instructions nautiques, le secteur le plus dangereux se trouve à l'accore sud-est du banc des aiguilles, ou les coups de vent fréquents lèvent alors une mer énorme, renforcée par la rencontre du courant chaud et salé venu de l'océan indien avec le courant froid (moins salé) de l'Antarctique. »

 

                   Aujourd'hui les systèmes météo sont plus perfectionnés, et nous sommes en communication permanente avec Fred de periperinet. Le jour du départ de Durban, après trois semaines d'attente, les récits catastrophiques sont présent dans notre mémoire et sans même sans apercevoir véritablement l'angoisse s'insinue en nous. La première nuit sera effectivement difficile, des grosses vagues pas très hautes mais puissantes nous poussent dans des surfs interminables. Nous atteignons Port Elizabeth, le vent est complétement tombé, la fenêtre durait trois jours et nous n'avons pas le temps d'aller jusqu'à Mosselbaai (mouillage plus intéressant). C'est le petit matin, une mer d'huile et des fous du Cap, par centaines, nous escortent. Ils volent en escadron au ras de l'eau. Au loin des dunes de sable, de temps en temps, un fou monte très haut (30mètres) et se laisse tombé comme une fusée dans l'eau (200km/h). Ils ont une sorte d'airbag au niveau du front pour amortir le choc.

        

                   Port Elizabeth n'est pas une ville intéressante, il y beaucoup de grillages, de portails et des gardes. La marina n'est pas géniale, Lô est amarré à un quai en béton, à côté de Nureyev. La houle et le ressac ont raison de trois aussières. Les pneus qui protègent la coque, laissent de vilaines traces noires et le vent amène du sable à l'intérieure du bateau. Les gens sont heureusement très sympathiques et nous rattrapons le coup en allant au « Addo Elephant Park » voir de nouveau les paysages Africains, des centaines d'éléphants, des zèbres, autruches, phacochères, impala....on ne s'en lassera jamais !

 

 

 

 

                  

                   Le prochain port est Mosselbaai et la météo nous bloquera l'entrée. Nous avons pris du retard dans le programme et c'est mieux comme ça nous fileront vers Cap Town. A Mosselbaai il y a le musée Bartolomeu Dias avec la reproduction exacte de son voilier qui est venu du Portugal par la mer. C'est là où il débarqua la première fois et laissa une lettre dans un énorme tronc d'arbre. Ce tronc servi de boite aux lettres aux navigateurs d'hier et d'aujourd'hui. Un petit retour à cette glorieuse époque de découverte du monde avec un extrait du livre extraordinaire de Stefan Sweig, « Magellan » :

 

« A travers les siècles, les gens de mer racontaient tout bas que passé le cap « Non » la navigation était impossible. Au-delà commençait immédiatement «  la mer verte des ténèbres » malheur au navire qui s'aventurait dans ces parages mortels ! Sous ces latitudes, l'ardeur du soleil faisait bouillir la mer ; les bordages et les voiles prenaient feu aussitôt et le chrétien qui osait pénétrer dans le « pays de Satan », lequel était désolé comme un paysage lunaire, était métamorphosé sur-le-champ en nègre... Aussi quel triomphe lorsque Gil Eannes double en 1434 ce cap « Non », soi-disant infranchissable...Ainsi le point mort est dépassé. Le Portugal n'a plus besoin de faire d'efforts pour constituer ses équipages... Une nouvelle race d'hommes jeunes et intrépides éclot soudain, auxquels l'aventure est plus chère que la vie... Nous seuls, qui avons assisté à la conquête de l'air,... peut-être, sommes capables de comprendre l'intérêt passionné, l'enthousiasme vibrant avec lequel l'Europe accueille les brusques succès du Portugal. En 1471, l'Equateur est atteint... En 1486, Bartholomeu Diaz, touche à la pointe sud de l'Afrique le cap de bonne Espérance, baptisé d'abord par lui, sans doute à cause des tempêtes qu'il y essuie, « Cabo Tormentoso ». Mais bien que l'ouragan ait déchiré sa voilure et brisé ses mats, le hardi conquistador continue sa route. Il est déjà en vue de la côte occidentale, d'où les pilotes musulmans pourraient facilement le conduire aux Indes, lorsque son équipage se révolte : c'est assez pour cette fois. Le cœur ulcéré, Bartholomeu Diaz doit faire demi-tour, renonçant par la faute d'autrui à la gloire d'être le premier Européen à avoir frayé la route des Indes, et c'est un autre Portugais Vasco de Gama, qu'à cette occasion Camoëns glorifie dans des vers immortels. Comme toujours, le pionnier, l'initiateur infortuné est oublié au profit du réalisateur plus heureux... (Le Portugal) est devenu du jour au lendemain la première nation maritime du monde... »

 

 


Les voyages de Diaz et Vasco de Gama, le découvreur inconnu et  le premier a atteindre les Indes 

 

                  

                   Ce que nous faisons est beaucoup moins glorieux mais nous évitons constamment la révolte de nos deux moussaillons, en particulier « Sire Antoine Ier » qui s'ennui de ses copains de Nouméa et qui surtout oppose une résistance quasi quotidienne à travailler le CNED. C'est pourtant un bon élève, sérieux et responsable mais le CNED est difficile, il a enchainé la 5ème et la 4ème sans grandes vacances, et traverse une période de sa vie pleine de contradictions. Nous espérons rencontrer des bateaux avec des jeunes de son âge, cela lui ferait énormément de bien... La fin de l'année scolaire nous parait beaucoup trop loin, nous devons nous armer de patience. La patience est une qualité essentielle dans ce genre d'aventure ou nous sommes en permanence les uns sur les autres, ou nous devons jouer le rôle de parents, copains, profs, équipiers, mari, femme... Les enfants n'ont pas le recul nécessaire pour supporter les mauvais moments, mais ils apprennent tous les jours un peu plus sur le monde et sur eux. Nous tenons le coup en repensant déjà au chemin parcouru, aux moments inoubliables que nous avons vécu, ensemble, et aux autres découvertes que nous allons faire.

 

Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com


Publié à 08:44 , le 4 juin 2008, Afrique du Sud
Mots clefs : le CNEDMoitessierMagellanVasco de GamaBartholomeu Diaz

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