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Vers la République Dominicaine
Une des navigation les plus pénibles de notre voyage, l'allure à 40 degrés du vent fait souffrir le bateau et les passagers. Le pilote automatique abandonne, en pleine nuit, Hugues met plus d'une heure à faire marcher le pilote de secours ; je suis à la barre dans le noir, les vagues et les bourrasques dans l'attente pénible de savoir si ça va marcher. Ces moments, en suspension dans nos pensées, tendues vers un but, comme une prière, sont fréquents sur un bateau. Tous les voileux que nous avons croisés se sont retrouvés à barrer 24 heures sur 24 durant des jours et des jours, c'est extrêmement pénible et c'est ma hantise. Le jour suivant une pièce du rail de grand voile cède nous obligeant à faire un montage de fortune...
Du 19 décembre au 20 janvier.
Saint Domingue
Séjour d'une grande intensité émotionnelle ; lieu de retrouvaille avec mes parents venant de Nouméa et ma tante, mon oncle, mes deux cousines et les autres Serulle ; une famille Dominicaine très chaleureuse.
La cathédrale Santa Maria la Menor, construite entre 1514 et 1520, la première construite dans le nouveau monde.
Alcazar de Colon bâti en 1509-1510 pour le fils de Christophe Colon.
Le centre historique est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en 1990.
L'île est appelée Hispaniola par Christophe Colomb en 1492 (Italien au service des Espagnoles, il effectue quatre voyages dans les Antilles et l'Amérique Centrale et fonde à chaque fois des colonies). C'est la découverte du nouveau monde avec ces trois navires célèbres : la Pinta, la Nina, la Santa Maria.
Les Espagnoles exploiteront les Indiens Taïnos, le peuple originel, jusqu'à leur extermination totale. Pour pouvoir poursuivre la production de canne à sucre, des esclaves Africains sont alors envoyés à partir de 1506.
Saint-Domingue, la capitale fut construite en 1496 par Bartholomé, le frère de Christophe Colon.
L'histoire de cette île est passionnante : elle est liée à la France et répond à l'histoire des Caraïbes, de l'Amérique centrale et du sud...
Pendant la première moitié du XVI ème siècle, Saint Domingue est la ville la plus importante des Antilles Espagnoles puis elle perd de sa puissance au profit de la Havane. En effet, les flottes Espagnoles, protégées par des navires militaires, passaient par Cuba pour retourner en Europe. Le bassin des Caraïbes est alors le lieu de prédilections des corsaires, pirates, braconniers et autres aventuriers. En 1585, Sir Francis Drake, secrètement, chargé, par la reine d'Angleterre, de piller des ports espagnols, ravage une partie de l'île.
1697, l'île est divisée en deux, entre la France et l'Espagne.
1791, après la Révolution Française, des esclaves Africains se révoltent, entraînant une guerre civile.
1793, l'esclavage est aboli, mais les combats continuent.
1795, l'Espagne cède sa colonie à la France, l'île prend le nom de Saint-Domingue.
1796, l'ancien esclave, Toussaint Louverture est nommé commandant en chef de la colonie puis se déclare gouverneur à vie en 1801. Napoléon Bonaparte l'emprisonne en 1802, mais Jean Jacques Dessalines (ancien esclave et officier de Toussaint) reprend le flambeau. Soutenu par les Britanniques, il défait les troupes de Napoléon et prend possession de la partie occidentale de l'île, qu'il déclare indépendante sous le nom d'Haïti, le 1er janvier 1804.
1809, les Français rendent la partie orientale aux Espagnoles.
En 1844, Santo Domingo devient la capitale de la république Dominicaine dont l'indépendance vient d'être proclamé.
1886, Ulises Heureaux Premier dictateur à ruiner le pays.
Au début du XX, la situation économique est toujours catastrophique, la République dominicaine signe un traité d'une durée de 50 ans avec les Etats- Unis.
1930, Trujillo entre en scène, soutenu par les Américains. Il mènera, pendant 31 ans, l'une des dictatures les plus dures au monde.
1936, Santo Domingo est rebaptisés : « Ciudad-Trujillo », elle reprend son nom après l'assassinat de ce dernier en 1961. Elle est le théâtre de révoltes, souvent meurtrières, entre 1961 et 1965, entre 1984 et 1985, et enfin entre novembre 2004 et janvier 2005 en réaction à la politique économique et sociale du président Hipolito Mejia.
2004, Leonel Fernandez est élu président et la situation semble nettement s'améliorer, subsiste néanmoins d'énormes contrastes....
Nous sommes, au mouillage, devant la marina, très chic, de
Boca chica
18° 26 N 069° 37 W
Située à 40km de la capitale, soit une demi-heure d'autoroute non éclairée. Les retours de nuits sont donc particulièrement éprouvants. La route est tellement dangereuse que pour se détendre, nous faisions semblant de jouer a un jeu informatique ou il faut éviter de justesse tous les obstacles, telles les mobylettes non éclairées qui sont surnommées « muerte ahorita » (mort prochaine), les chiens, les piétons qui traversent, sans prévenir, dans les recoins les plus sombres de préférence.
Pas d'électricité sur les autoroutes et des écrans géants publicitaires dans la ville.
Du 26 au 29 décembre,
Excursion à l'intérieure de l'île jusque Puerto Plata en passant par Santiago de los Caballeros. Notre itinéraire suit les lieux d'habitations de la famille serulle. Nous sommes à chaque fois accueillis avec grande générosité et amour. Les gens sont gais, chaleureux, ils aiment rires et danser le merengue. Nous sommes touché par ses effusions de tendresse qui bousculent notre habitude à garder une distance de sécurité. Puerto Plata est le domaine d'énormes complexes hôteliers se touchant les uns les autres, rivalisant de piscines, golfs, restaurants et autres attractions en tout genre. L'industrie touristique connaît un essor considérable depuis les années 70, avec des formules tout compris à des prix défiant toute concurrence, pour ceux qui achètent, le package, à l'étranger. Pour les locaux, les prix sont nettement plus élevés.
3 et 4 janvier
Casa de Campo et La Romana
Nous sommes chaleureusement accueilli chez une tante, dans une très jolie maison paraissant très petite et très simple à côté des demeures hyper luxueuses, mais de très bon goût, de la haute société Dominicaine et des stars du monde entier comme : Julio Iglésias
Le contraste est saisissant, entre la route pour y aller et l'arrivée dans ce domaine du luxe.
Du 14 au 17 Janvier.
Voyage vers Haïti en passant par la vraie République Dominicaine, l'authentique.
El « pueblo viejo » après la petite ville de Bani (voir carte dans rubrique Haïti)
Un village resté intact avec ses petites maisons en bois de toutes les couleurs. Des rues en terre, des enfants qui courent partout. Au bord de la route principale, des quantités de « masadora » (fauteuil à bascule) sont à vendre, c'est une des spécialité du pays, chaque Dominicain en possède une.
Déjeuners, dînés, fêtes, rencontre avec la grande et formidable famille Serulle. À chaque fois, le maître de maison fait un discours plein d’espoir et de tendresse.
Nous adorons ce style de personnages, d'un enthousiasme communicatif.
L'évènement le plus important, celui qui nous a tous réunis fut le mariage de ma cousine Laura avec David (un Espagnol). C'était très émouvant et plein d'amour, comme tout ce qui se passe à Saint Domingue.
Ils me manquent tous...
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Publié à 1:29 AM, le 14 June 2009, République Dominicaine Mots clefs :
TRINIDAD
Le 12 au matin nous quittons Bateau bay pour Trinidad, le ciel est menaçant, deux ris dans la grand voile. En l'espace d'une minute, un grain d'une force impressionnante nous enveloppe, 45 nœuds de vent, des trombes d'eau et un brouillard nous laisse aveugles. Chlorophylle est devant, nous sortons de la baie et il y a encore des rochers autour de nous. Le pilote décroche avec le vent qui tourne, la barre ne répond plus : c'est la première fois que je sens un vent de panique m'envahir, je me lance sur le radar pour détecter les obstacles, c'est la bouillie, on ne peut rien distinguer. Hugues à repris le contrôle de la barre, je souffle, tout s'éclairci peu à peu, le grain passe. Olivier à complètement viré bâbord, de peur qu'on lui fonce dessus, il a rasé de très prêt un gros caillou, il a eu la peur de sa vie. Je frissonne encore...
Les dieux sont contre nous et ils veulent nous annoncer une période difficile. Le vent et les courants pour aller à Trinidad sont, en cette saison, favorables, la météo prise avant le départ est bonne. Malheureusement, la réalité est exactement le contraire et nous remporterons le record de lenteur depuis le début du voyage : 14 heures de navigation pour faire 30 miles, dans un langage plus terrien cela donne une vitesse inférieure à 5 Km/h. Lô, alourdi par les coquillages et le reste, épuisé par cette navigation laborieuse s'immobilise pour la nuit.
TRINIDAD
Du 12 oct au 15 décembre
Arrivée le 13 au soir, dans la baie de chaguaramas (rebaptisé Chaguamerdas par des navigateurs). Nous devons sortir Lô le 15, avec le chantier Power Boat, pour 5 semaines de travaux au maximum (c'est écrit sur le contrat !). Les hôtels alentours sont très chers (140 dol US par jour pour quatre !)
Nous décidons de rester sur le bateau...
Je ne m'attarderais pas sur cet épisode de notre voyage qui me rappelle des mauvais souvenirs :
Vivre à terre, dans un bateau en chantier (peinture complète), est proche de l'horreur.
Une chaleur brûlante, même le climatiseur installé dans le carré ne suffisait pas. Il fallait sortir à midi, ou suffoquer.
Les ouvriers passaient plus de temps à téléphoner, sous le bateau, à l'ombre, que de poncer. Il fallait, être sur leur dos H24 pour que le chantier avance, être vigilant sur les entourloupes financières.... Trinidad : « le paradis des travaux pas chers » est terminé ; les gros Américains, plein aux as, sont passés par là et ont cassé le marché, ils paient sans compter et sans regarder.
Nous avons perdu 2 mois sur un tour du monde de deux ans et demi, c'est énorme et nous le regrettons...
Avant, Après
Oublions les mauvais moments. Le résultat est bien, et le coût global, malgré tout, intéressant.
Heureusement, nous avons vécu de très bons moments :
-Les Amis, dans la même galère des améliorations et réparations, qui n'en finissent pas! On se sert les coudes et l'on rit, beaucoup....
Deux frères, Belges, et leur tribu de 7 enfants sur deux bateaux:
Les "Genesis", rencontrés à Salvador au Brésil: www.ghislainetnathalie.be
Les "Belon", rencontré à Tobago: www.lachasseautresor.be
Ils ont prit une année sabatique.
Genesis est parti de France pour aller a Rio, remonter le Brésil et finnir dans les Caraïbes.
Belon est parti des Caraïbes pour aller vers le Pacifique (nous ne sommes pas étrangers à leurs décision de traverser le Pacifique).
de gauche à droite:
-Valérie du bateau, "Va et Vient"
-Monique du bateau "Cicada"
-Hugues
-Jojo du bateau "Kerzo", il à 15 ans, voyage avec son père, Roger, depuis sa naissance, ils ont une histoire de -vie extraordinaire, qui pourrais faire l'objet d'un roman. Il s'entend très bien avec Antoine.
-Manu, le mari de Valérie, qui nous a fait rire aux larmes pendant 1 mois.
-Philippe le mari de Monique.
- Les Indiens
Les Indiens qui représentent 40 % de la population, contre 43% de noirs
Divali, le 26 novembre
La cérémonie des lumières pour célébrer Dieu contre le diable, le savoir contre l'ignorance, la lumière contre l'obscurité. Sur les principales places de Port of Spain, des centaines de mètres de bougies que les célébrants allument, c'est ouvert à tout le monde, les enfants adorent.
-Le marché de Port of Spain, la capitale
Nous avons loupé le carnaval connu comme l'un des plus beau du monde après celui de RIO.
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Publié à 9:04 PM, le 8 June 2009, Trinité-et-Tobago Mots clefs : Bateau, travaux, amis, voyage, indiens, marché
TOBAGO
Du 20 au 24 sept : 4 jours, 4 nuits de Navigation, 650 Miles
Située à 15 Km des côtes du Venezuela. Membre du Commonwealth, l'économie du pays repose sur la production et le raffinage de pétrole.
L'île a été découverte par Christophe Colomb le 31 juillet 1498 au cours de son troisième voyage. Les habitants sont alors les Arawaks et les CarÏbes originaires de la vallée de l'Orénoque, ils pratiquaient le cannibalisme (cannibale venant de Canibales : Carïbes en espagnole). Elle passe aux mains des Anglais en 1802. Entre 1845 et 1917, plus de 150 000 indiens sont amenés sur l'île de la Trinité, par les Britanniques, pour remplacer les esclaves noirs.
Tobago est successivement sous tutelle espagnole, britannique, hollandaise et Française jusqu'en 1814, date à laquelle la France doit céder l'île à la Grande-Bretagne à la fin des guerres napoléoniennes.
TOBAGO
Du 24 septembre au 12 octobre
Charlotte Ville
Du 24 sept au 7 oct
Par bonheur, le DJ, calculant la fréquentation un peu vieillotte de la salle, passe du registre hard rock reggae rap hurlant, à un son plutôt biguine. Un vieux se lève et danse avec concentration et volupté, il m'invite et je n'ose pas refuser. Un grain, d'une force rare, précipite tout le monde à l'abri, nous sommes obligés de nous jeter sous les trombes d'eau pour courir au bateau, fermer les hublots.
Scarborough
C'est l'anniversaire de l'indépendance (août 1962)
Les rues sont colorées, même les gâteaux dans la vitrine...
Nous avons repéré les différentes baies de Tobago, c'est une très belle île (la plus jolie de Caraïbes, selon les dires!) mais venant des îles du Pacifique, nous sommes difficilement impressionnables, dommage ! Charlotte ville, nichée au fond de « Pirates bay », remporte, de loin, notre préférence. Les eaux sont claires et poissonneuses, Antoine revit, il peut enfin chasser.
C'est là que nous rencontrons « Belon » et « Chlorophyle ». Incroyable ce qu'on a pu rire ensemble.
une famille de Belges avec trois petits enfants ( le frère de « Génésis »). Denis et Milène ont acheté un bateau à Saint Vincent et sont partis à la recherche d'un trésor:
L'apéro au couché du soleil avec Olivier et Géraldine du bateau "Chlorophile". Ils vivent en Martinique et font un petit tour dans le coin. C'est extraordinaire de vivre sur une île et d'avoir autant de terres, à la portée de son bateau. Le bassin des Caraïbes est à première vue, alléchant...
Géraldine doit reprendre son boulot, très ingrat, de cuisinière sur big yacht. Entre deux, elle est artiste et sort d'une école d'art de la mosaïque, près de Venise, une vraie merveille.
Bateau bay
Du 7 au 11 oct
Un stop, avant d'atteindre Trinidad, en passant par la côte ouest de Tobago.
Nous sommes désormais une équipe de trois bateaux et pour aller sur l'île aux oiseaux nous optons pour « Belon », responsable de l'expédition : « à la découverte d'une nouvelle énigme, sur la voie du trésor ».
Mon trésor, c'est, d'écouter la mélodie des oiseaux, admirer la végétation luxuriante, m'imprégner des odeurs humides du sous-bois et me transporter dans un rêve éveillé.
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
LA GUYANNE FRANCAISE
Du 3 au 20 sept
Situés entre deux fleuves, l’Oyapock et le Maroni, bordée par une côte maritime peu hospitalière. L’Intérieure des terres est un gigantesque plateau entièrement recouvert par la forêt vierge. Le climat est de type équatorial, la température ne descend jamais en dessous de 17°C, la pluviosité est très forte (3200mm/an).
L’ENFER VERT!
Kourou
Nous sommes mouillé dans le fleuve, face à deux pontons : celui des bateaux de plaisance et celui des pêcheurs, l’ensemble est mal entretenu.
L'avantage, par rapport à Cayenne, est d'être tout près du centre ville. Kourou s'est construit en même temps que le centre de lancement, et Arianespace, en 1968. Au premier abord, c'est une ville sans intérêt.
La fusée actuelle s'appelle :Ariane 5. Elle a été conçue pour le lancement de satellites commerciaux vers l'orbite géostationnaire. Elle doit servir à l'Europe de moyen d'accès à la future station spatiale internationale (ISS) dont l'assemblage a débuté en 1998 jusque fin 2006. Elle est le fruit d'une collaboration entre les USA, Russie, Canada, Japon, Brésil, Europe. La phase d'exploitation est prévue jusqu'en 2015. Les recherches porteront notamment sur l'apesanteur et le vide.
Nous croisons des Russes, dans la rue, qui construisent également une rampe de lancement.
Visite du centre spatial avec Léon.Une vrai bénédiction, de l'avoir rencontré. Antoine a enfin un copain, il en avait vraiment besoin. Le gros problème de voyager avec des jeunes aux alentours de 13 ans est de croiser d'autres jeunes.
Bénédicte et Philippe (les parents de Léon et Ulysse, 3 ans). Ils sont partis de France, deux ans auparavant, en passant par l'Afrique du Nord ouest et le Brésil. Il s'arrête un an à Kourou pour que Léon retourne au collège et rencontre des copains.
Cayenne
Fondée en 1637 par des marins Normands. Il faudra attendre 1715 pour que les grandes puissances maritimes reconnaissent la souveraineté de la France en Guyane. Le développement de ce pays est très long et rude en raison du climat et des maladies tropicales qui déciment les travailleurs. Quelques dates historiques construisent le pays :
-En 1780 envoie de 10 000 esclaves venant d'Afrique.
-De 1794 à 1805 c'est la déportation.
-1848, abolition définitive de l'esclavage.
-Napoléon III ne sachant que faire de ce territoire inhospitalier décide par la loi du 30 mars 1852 d'y établir une colonie pénitentiaire avec les bagnes de Saint Laurent du Maroni, Cayenne et l'île du Diable. Il fallait de la main d'œuvre à sacrifier et pas chère, pour réussir à maîtriser cette terre hostile. Il y eu beaucoup de mort à la construction des routes....
-En 1938 seront abolies les peines de travaux forcés. La colonie pénitentiaire est définitivement fermée en 1946.
Nous retrouvons D'un B et Eloé pour une petite virée dans la capitale guyanaise. Au retour, nous percutons de plein fouet une grosse masse au milieu de la route, avec le choc, le moteur s'arrête, nous avons le temps de nous garer sur les bas-côtés, 500 mètres plus loin, il est 21h. Nous sommes près d'un pont, au milieu d'un marécage, envahi de bébêtes. Impossible de redémarrer, nous appelons la société de location, mais la batterie du téléphone s'épuise au bout d'une minute. Au bord de la route, bouffés par les moustiques nous essayons d'arrêter une voiture. La vingtième ralentie, c'est une vielle, Hugues lui demande si elle à vue la chose, au milieu de la route : « Oui ! il y a plein de sang sur la route, peut être que c'est un homme ! » puis elle repart en trombe, nous restons interloqués. Dix minutes plus tard, Une autre voiture s'immobilise, des Guyanais, enjoués, nous laissent leur téléphone et font demi- tour pour vérifier ce qu'il y a au milieu du sang. C'est probablement un CabiaÏ ! rassurés nous attendons les dépanneurs.
Heureusement que nous avions pris un petit model et payé avec la carte visa car, seulement dans ce cas, la franchise (de 700 Euros!) est remboursée par visa, il faut tout de même remplir un tas de papiers et attendre longtemps !
Saint Laurent du Maroni
L'art Tembé
C'est une bourgade, chargée d'histoire, sur le fleuve Maroni, face au Suriname. Le dimanche n'est pas le meilleur jour, pour visiter ce coin très tranquille...
19 septembre
Un arrêt avant de partir vers Trinidad et Tobago
Les îles du Salut
Jadis appelées les îles du Diable.
Les derniers bagnards rapatriés en France quitteront l'île en 1952. Fin 1852, le ministre de la marine et des colonies pouvait écrire, avec l'accord de Louis Napoléon Bonaparte, : « Nous aurons dans l'espace de 8 mois, accompli la transportation de 2000 individus et fourni à la Guyane Française, un contingent déjà assez considérable de bras destinés à la féconder ».
À partir de 1863, en raison d'épidémies de fièvre jaune successives, la Nouvelle Calédonie fut choisie comme deuxième lieu de transportation, pendant 20 ans (de 1867 à 1887). On n'envoya plus en Guyane que les condamnés coloniaux (arabes et annamites). En 1887, les îles du Salut redevinrent un centre actif de la colonie pénitentiaire. Les nombreux morts étaient jetés à l'eau pour le bonheur des requins qui devinrent les principaux gardiens de cette prison naturelle.
Nous apprenons que l'histoire de Papillon est largement romancée, elle à été réalisé en mettant bout à bout plusieurs épisodes de vie de vrais bagnards. Le film n'a pas été tourné sur l'île du diable, nous sommes déçus !
Heureusement qu'il y a la nature pour nous apaiser. Les hommes sont décevants et cruels.
Nous n'avons pas été emballé par la Guyane. La vie est très chère, les excursions en pirogue dans le Maroni, ou autre, valent une fortune
(140 euros par personne pour une nuit). Nous sommes dans la position du touriste lambda que l'on veut plumer au maximum, en France ! C'est la première fois, depuis un an, que nous nous faisons agressés verbalement, et à deux reprises...L'ambiance n'est pas sereine !
Pour apprécier la Guyane, il aurait fallu y rester plus longtemps pour rencontrer des baroudeurs et faire une virée dans la forêt.
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Publié à 8:43 AM, le 8 May 2009, Guyane française Mots clefs :
Vers la Guyane
Passage de l’Equateur
Le 31 Août au levé du soleil
C'est une grande étape dans notre voyage. Quand on passe l'équateur pour la première fois il faut se déguiser en Poséidon et jeter des seaux d'eau sur l'équipage. Sans déguisement à bord nous optons pour la bouteille à la mer avec des messages dans toutes les langues, des photos, des dessins...
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Publié à 9:14 AM, le 22 March 2009, Guyane française Mots clefs : photoshop, montage, carte
Vers Lençois
3 jours, 3 nuits de navigation.
Le 24, nous avons passé la nuit à louvoyer, pour arriver au levé du soleil. L'accès n'est pas facile, les yeux rivés sur le profondimètre , progressant dans un bras de mer, nous restons échoués un moment. C'est la marée montante qui nous pousse de nouveau vers notre mouillage.
L'endroit est magique !
Lençois
01° 18. 8243S 044° 52.3096W
Du 24 au 30 août
C'est notre plus beau mouillage. Face à des dunes de sable, proche de deux villages de pêcheurs, au pied d'une magnifique mangrove peuplée
d'ibis rouge.
Du bateau nous pouvons observer les pêcheurs aller et venir.
Visite du village, enclavé dans le sable.
Nous sommes avec « D'un B », un couple de Français très sympathiques, partis depuis un an et demi. Camille et Eloe s'entendent à merveille.
Nous quittons ce lieu propice à la méditation, avec regret. Nous devons continuer. Il ne nous reste plus que 4 à 5 jours d'eau et de vivres !
L'heure du départ est calculée en fonction de l'étale, au moment où la mer ne monte ni ne descend, pour avoir le minimum de courrant. Comme d'habitude nous avons du retard. A la sortie du bras de mer, les conditions de navigation deviennent épouvantables : le vent atteint 25 à 30 nœuds, dans le nez, le puissant courrant est contraire, les vagues, dans tous les sens (mascaret) atteignent les 3 à 4 mètres. « D'un B » décide de faire demi-tour, nous bataillons contre la mer pendant deux heures pour rejoindre la sortie et aller vers le large où les éléments se calment enfin !
Lençois se trouve à 250km de l'embouchure de l'Amazone, un secteur où les côtes sont extrêmement découpées.
L'Amazone dont la plus grande partie se trouve au Brésil, est le deuxième plus long fleuve du monde avec ses 6400 Km de long (le 1er est le Nil). C'est le premier en terme de surface et de volume d'eau.
Avec ces centaines d'affluents, l'Amazone couvre 6 millions de KM2, dont la moitié appartient au Brésil et le reste se partage entre le Pérou, l'Equateur, la Bolivie et le Venezuela sans oublier les Guyanes. Le nombre total de ses affluents est encore indéterminé, mais on en compte deux cents aux Brésil.
À l'embouchure de l'Amazone, à la nouvelle lune et à la pleine lune, il y a des mascarets pouvant engendrer des vagues de 5 mètres avec des courants de 65km/h, charriant des troncs d'arbres et autres feuillages pouvant facilement emprisonner un bateau. L'Amazone est surnommé le fleuve mer en raison de son immensité, de ses crues annuelles et de sa navigabilité. Remonter ce fleuve est réalisable avec beaucoup de temps pour attendre les bonnes conditions à chaque étape.
J'aurais rêvé d'atteindre Manaus puis aller jusqu'à Iquitos au Pérou.
Mais nous n'avons pas le temps ni l'envie (surtout les enfants) de vivre deux mois dans la jungle épaisse.
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Publié à 8:34 AM, le 15 March 2009, Brésil Mots clefs :
Vers Fortaleza
Du 16 mat au 18 mat : deux jours deux nuits de navigation.
Nous croisons une multitude d'embarcations minuscules, à trente mille des côtes, il y a 20 à 25 nœuds de vent.
Fortaleza
Du 18 matin au 21 matin.
Dés notre arrivée nous prenons conseil auprès de nos amis : « Génésis » et « D'un B » que nous avons rencontré à Salvador et Jacaré. Nous décidons de ne pas aller déclarer l'accident et attendre de voir s'il y a un relais entre les différentes capitaineries du Brésil... Nous saurons par la suite, en discutant avec des navigateurs Brésiliens, que ce genre de pêche n'est pas réglementaire. Le Brésil essaie justement de lutter contre ces dangers de la mer !
À Fortaleza, le seul endroit, sécurisé, où mettre le bateau, se trouve dans une marina face à un hôtel de luxe. Les enfants (4 Génésis, 1 d'un B et 2 Lo ) profitent de la piscine et de la salle de jeux. La ville n'a pas grand intérêt à part un grand musé d'art moderne.
Exposition relatant l'histoire d'un groupe de bandits pourchassés, tués et mis en scène d'une manière macabre !
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Publié à 8:30 AM, le 14 March 2009, Brésil Mots clefs :
Du 7 au 9 août
Deux jours et deux nuit de navigation houleuse, contre le vent, vers Jacaré Cabédelo ( au-dessus de Récife). Nous amorçons le contour de la corne du Brésil, difficile à négocier pour les marins.
JACARE
Du 9 au 16 août
Nous nous installons dans la marina du Français, tranquille. Entre notre voyage en bus, la remise du bateau en état de partir et les deux jours de navigation agitée, nous avons besoin de nous poser. Olinda, ancienne ville charmante, est à une heure et demie de route, mais notre courage ne revient pas et nous préférons la quiétude de l'immobilité et des rencontres entre navigateurs.
Départ de Jacaré, revigorés, il y a du vent.
À quinze milles (30km) des côtes, notre attention se relâche, les barcasses des pêcheurs ne vont pas aussi loin!
Les enfants sont chargés de surveiller dehors, toutes les 10 minutes, pendant que nous regardons un film. Soudain un énorme craquement nous fait bondir : un récif, une baleine ??
Dehors c'est la vision d'horreur : une barque est renversée et trois hommes sont à l'eau. Panique à bord, Camille pleure car c'est elle, qui a surveillé la dernière. Peu importe ! Manœuvre d'homme à la mer, les pêcheurs réussissent à remettre leur bateau à l'endroit, pas trop de dégâts, plus de peur que de mal. Nous remorquerons, jusqu'à leur village, ce minuscule bateau, d'un mètre sur trois, avec trois hommes à bord, dont un vieux !
Après un dédommagement plus que généreux, le vieux n'est pas content, il veut se plaindre à la capitainerie. Nous les laissons, sans donner suite.
Cet accident nous laisse pantois ; ce bateau à la dérive, sans voile, avec 20 noeuds de vent et une houle formée, était difficile à voir. Nous avons donné trop de responsabilité aux enfants ? faut-il le signaler à la capitainerie en arrivant à Fortaleza ?
Désormais notre surveillance est constante, surtout la nuit où des dizaines de petites loupiottes nous obligent à slalomer.
Les côtes du Brésil sont décidemment fatigantes !
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Publié à 9:23 AM, le 13 March 2009, Brésil Mots clefs :
RETOUR dans le Nordeste du BRESIL
Salvador (et le Brésil...) c'est:
Du 30 juillet au 7 août,
Suivre le groupe Olodum, en dansant, à travers les rues pavées du Pelhourino. Se laisser emporter par ces percussions Afro-Brésiliennes, au rythme déchaîné (ce fut notre plus beau souvenir de fête).
Regarder un match de foot, avec ses amis, dans la rue.
Croire aux Orixas, et pratiquer le Condemblé (j'aurais aimé assister à une cérémonie, non touristique, mais je n'ai pas eu l'occasion...).
Marcher avec des havainas.
Manger dans un resto au kilo.
Boire les meilleurs jus de fruits frais et les moins chers du monde.
Écouter le Brésilien comme une musique et s'amuser à l'apprendre.
Aimer ce peuple chaleureux.
La marina du CENAB, idéalement placée, au pied de l'ascenseur qui mène au Pelhourino.
Nous étions invité à passer le week-end chez Yellow et Patricia. Malheureusement, tout a une fin, il faut avancer pour être début septembre en Guyane.
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Publié à 9:15 AM, le 13 March 2009, Brésil Mots clefs : condemblé, havainas, Olodum
Carte de route en Amérique du Sud
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
LA PAZ, 3800 mètres
La plus haute capitale du monde
Fondée en 1548 par l'Espagnol Alfonso de Mendoza, elle reçoit le nom de Nuestra Senora de la Paz avant d'être rebaptisée, en 1827, La Paz de Ayacucho en l'honneur de la victoire remportée par Sucre sur les Espagnols. Elle est le siège du gouvernement depuis 1898. Les quartiers populaires de El Alto (à 4000 mètres) ont leur propre administration.
Samedi 26 juillet
Arrivée à 7h du matin, après notre dernière nuit en bus.
En Argentine, on peut trouver des compagnies de bus très confortables et le voyage devient un plaisir ; au Chili c'est moins évident ; en Bolivie c'est impossible, cela n'existe pas.
C'est la fête dans la capitale, 9000 universitaires défilent dans les rues, chantant, dansant, habillés de leurs plus beaux costumes traditionnels. Nous les suivons pendant toute la journée, c'est un moyen original de découvrir la ville. Il ne me manquait plus que ça, pour penser que la Bolivie est vraiment un pays à connaître.
REGARD de Mémoire, de Tradition, de Persévérance, d'Histoire...!
Dans les rues, vides, adjacentes au défilé et à la fête, les problèmes sociaux ressurgissent avec des « sit-in » pacifiques aux carrefours, des distributions de tracts, des banderoles et affiches explicites. Les journaux répertorient en détail le nombre de ces manifestations.

Evo Morales est le premier président indien, élu le 10 Août 2008, menant une politique de rééquilibrage du pouvoir et des richesses au profit d'une population à majorité indienne.
En Bolivie il y a plusieurs mondes :
- L'Altiplano : région aride et pauvre, possédant d'importantes ressources inexploitées, notamment du lithium qui pourrait servir, dans le futur, aux voitures électriques. Malheureusement l'exploitation de ces gisements serait très difficile.
- Les basses terres plus riches et développées.
- Un petit groupe de propriétaires terriens qui possède des centaines de milliers d'hectares obtenus pour une bouchée de pain lors de la dictature d'Hugo Banzer (1970, 1978) et au prix de l'expulsion des communautés rurales (communauté représentant 40% de la population)
Cette élection n'est pas encore digérée par l'opposition.
Nous sentons cette tension, sous-jacente, chez les Boliviens qui ont la plupart du temps le visage fermé.
De La Paz, nous sommes obligés de prendre l'avion pour Santa Cruz où nous restons deux jours dans un hôtel minable (réservé par notre agence de Sucre qui nous a fortement conseillée de visiter cette ville), le moral à zéro.Escale, absolument inintéressante, mais obligatoire pour rejoindre Salvador en avion.
Un mois après, en Août 2008, une tentative de coup d'état à Santa Cruz échoue.Des groupes très organisés ont pris d'assaut un certain nombre d'institution, coupé l'exportation de gaz, détruit les sièges d'organisation sociale, occupé l'aéroport...L'opposition se radicalise et utilise des groupes paramilitaires.
En septembre 2008, Evo Morales expulse l'ambassadeur de Etats-unis à La Paz.
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Publié à 6:00 PM, le 5 March 2009, Bolivie Mots clefs :
SUCRE, 2600 mètres
Jeudi 24 juillet
Sucre est une très belle ville, aux larges avenues, claires, bordées de beaux bâtiments anciens. C’est la capitale constitutionnelle. Crée en 1538, elle prend son nom actuel en 1840,
en l’honneur d’Antonio José de Sucre.
À partir de 1818, Simon Bolivar fait de Sucre son bras droit, et le nomme général en 1821. Le Libertador (Bolivar) devient président Péruvien en 1825 et instaure une république indépendante, dans le sud du Pérou, qui reçoit le nom de Bolivie en reconnaissance.
En 1826, grâce à Bolivar, Sucre est élu président à vie de cette nouvelle république. Il mène une politique socialiste qui déplait fortement aux propriétaires fonciers créoles et doit démissionner au bout de deux ans.
Son assassinat en 1830, contribue à faire de lui un héro de la libération colonialiste du XIXe siècle.
La Bolivie est une des première Colonie Espagnole à se rebeller. Son histoire est marquée par une succession de coup d’état et de révolutions. Le Che y trouve la mort en 1967. Je crois qu’à La Paz il y a le musée des cent révolution!
Elle est traitée de ville colonialiste et raciste sur les graffitis des murs de La Paz. Les habitants ne se gênent pas pour manifester à la moindre occasion. Nous craignons d’ailleurs un barrage sur la route qui va de Sucre à La Paz. La Bolivie traverse une période agitée.
Regroupement sur la place principale ; des chiens errants ont été tués par la police avec de la strychnine. L’un d’entre eux était aimé des gens du quartier, il vivait là. C’est la loi, mais Les habitants ne la supportent pas et préparent une grande manifestation pour le lendemain.
Vendredi 25 juillet
C’est le grand jour, il y a cinq manifestations dans Sucre :
- Contre l’abatage des chiens errants,
- Pour les handicapés,
- Pour les enseignants,
- Pour les mineurs,
- Une manif de jeunes pour un groupe de musique qui doit passer le soir même…
Visite d’un très beau musée sur les textiles Boliviens, une grande tradition qui perdure encore.
Arrivés le soir sans avoir réservé d’hôtel, nous demandons au taxi de nous arrêter devant un Quatre étoiles, sans succès. À Sucre, les 5 étoiles sont à 50 dollars la nuit, mais ils sont réservés depuis longtemps. Nous trouverons un 3 étoiles (« Hostal Sucre ») dans une vielle résidence coloniale, très agréable à 25 dollars par nuit, petit déjeuné compris, un vrai record financier depuis le début de notre voyage.
Un peu fatigué d’organiser au dernier moment et de passer du temps sur Internet pour trouver les bons plans, nous décidons de faire appel à une agence de voyage pour prendre notre billet de retour sur Salvador et aussi de nous réserver les dernières nuits d’hôtel.
Il a fallu revenir trois fois pour pouvoir récupérer nos billets d’avion. On voulait l’hôtel « Rosario » à La Paz, mais il n’y avait pas de place. On a dû se battre pour qu’elle appelle les hôtels de notre choix (par rapport à notre guide) alors qu’elle voulait nous placer chez leurs clients (on ne la comprit que plus tard !), on voulait des quatre étoiles à 50 dollars maximum, elle nous proposait 100 dollars… J’abrège ! Au final, l’hôtel Gloria de La Paz était correct, sans plus ; une horrible tour, bien placée. En revanche, celui de Santa Cruz était minable….
La morale est que l’on est jamais mieux servi que par soi-même ! et vivre au jour le jour permet de partir si ce n’est pas bien ou au contraire, rester plus longtemps. On peut aussi visiter les chambres avant de payer, cela évite les mauvaises surprises et les arnaques.
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
POTOSI, 4180 mètres
L'une des plus haute ville du monde
Casa de la Moneda
Mardi 22 juillet
Les beaux hôtels de Bolivie ne coûtent pas très cher. Mis à part « Los Giroles » de Uyuni: 70 dollars US, pour être prés du centre, avec le chauffage.
Arrivé dans le centre historique de Potosi, sans réservation, nous allons directement dans un bel hôtel de charme. Le réceptionniste nous annonce qu'il est plein, nous sommes au cœur de la haute saison et c'est vraiment dommage. Il téléphone néanmoins à l'hôtel Santa Teresa qui, par bonheur, a une nuit disponible. Pour 40 dollars US, nous passons la nuit dans une superbe demeure du XVIe, parfaitement rénovée et confortable.
Potosi est classé patrimoine de l'humanité par l'Unesco.
Le musée de la casa de la Moneda (1572) est incontournable, c'est là que les pièces d'argent étaient fabriquées au temps où Potosi était une ville riche. En 1611, elle devient le premier centre de l'industrie minière au monde. Malheureusement, les mines d'argent s'épuisent dès 1825. C'est au début du XXè que les mines d'étain, de cuivre et de plomb sont découverte.
Cet affreux visage qui trône au-dessus de la fontaine, dans la cour principale, est devenu un symbole de convoitise. Je ne l'ai pas pris en photo, c'est par la suite que j'ai compris son importance.
De magnifiques balcons, en bois sculpté, suspendus au-dessus des rues étroites. Potosi a beaucoup de charme, on aimerait y rester plus longtemps.
Mercredi 23 juillet
LA VISITE DES MINES DE POTOSI
Un grand moment !
Je ne crois pas qu'il y ait, dans le monde, beaucoup de mines, souterraines, encore en activité, à visiter avec autant de désinvolture...
Les conditions de travail sont inhumaines. Les mineurs de 17 à 25/30 ans, ont besoin de se doper pour travailler 10 heures par jour et oublier. De l'alcool à 96 degré, des feuilles de coca qui se mâchent avec un morceau de pierre noire pour libérer les principes actifs (les feuilles que j'ai mâché les premiers jours étaient âcres et n'avaient aucun effet...).
Comme la coutume le veut, nous portons un toast avec le dieux des mineurs (Tata Ckacchu) et notre guide qui boit une grande goulée d'alcool imbuvable et qui a déjà la bouche pleine de coca. Nous baptisons notre Dieu à l'alcool, en lui mettant une cigarette allumée dans la bouche et des feuilles de coca sur la tête et les épaules, sans oublier le sol qui représente Pachamama la terre mère.
Les galeries étroites, sombres, et humides seront désormais ouvertes et clémentes à notre égard.
Au premier plan notre hamster : le guide aux yeux rouges !
Nous sommes au troisième niveau (il y en a 7) et la hauteur des galeries va en diminuant et le sentiment de malaise augmente. Il fait chaud, nous pataugeons dans la boue depuis le début ; les odeurs chimiques deviennent entêtantes. Nous avons vu travailler les mineurs, fait la coutume avec eux en leur donnant des feuilles de coca et des sodas. Après deux heures dans cet enfer, nous accueillons le soleil et le grand air comme une bénédiction.
Pour aller à Sucre nous décidons de faire deux heure et demie de Taxi. À quatre, c'est un peu plus cher et beaucoup moins long !
L'ancien mineur reconverti en brocanteur
Nous le rencontrons le 25 juillet à Sucre, c'est un miraculé car la plupart des mineurs meurent jeunes. Il nous explique l'utilité des objets qu'il vend et nous annonce que la veille, une explosion dans la mine a fait un mort. Notre sang se glace soudain, à un jour prêt nous assistions au drame.
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PASSAGE DE LA FRONTIERE AVEC LA CHILI, au niveau de l'ALTIPLANO Bolivien,
4500 mètres.
Côté Chili la frontière est à 2500 mètres, 40 Km plus loin se trouve celle de la Bolivie.
La Bolivie se trouve entre ces deux montagnes, le volcan Licankahur, à l'arrière-plan, est à 5950 mètres ! Notre ascension est longue, la route en terre est moyenne et nous attendons avec impatience d'atteindre la frontière se trouvant à 4500 mètres.
En 1879 le Chili s'empare du seul port bolivien: Antofogasta. C'est le point de départ de la guerre du Pacifique (1879-1883). Depuis les relations avec le Chili se sont améliorées et l'accés à ce port est désormais libre. Cependant la Bolivie reste un pays enclavé.
Ce territoire est coupé en deux:
-l'altiplano: un plateau aride et glaciale situé à 4000 mètre d'altitude, encadré par les Andes culminant à 6500 m avec l'Illampu qui surplombe le lac Titicaca.
- Une plaine, en partie tropicale et marécageuse.
Le bureau de l'émigration planté au milieu du désert, surveillé par des montagnes de 6000 mètres, balayé par des vents glacials.
Le soleil, le ciel bleu sans la moindre trace de nuage et le sable sont trompeurs. En sortant du bus, je ne m'attendais pas à ce froid polaire, sans neige. Il ne pleut jamais...
Notre guide dit que certaines régions du nord n'ont pas vue de pluie depuis
100 ans... !
Quelque 4*4 sont prêts à partir plus ou moins vieux et chargés. Ambiance de jeunes, Sacs à dos, bien équipés. En famille et plutôt mal fagotés, nous dénotons, au moins nous avons notre tout terrain perso...
En route vers le désert, à plusieurs voitures (sécurité oblige), la musique bolivienne à fond.
le grand bonheur !
Je mâche des feuilles de coca, vendues au marché de San Pédro, pour tenir le choc de l'altitude...
1er jour LAS LAGUNAS COLORADAS
La Laguna Blanca
Laguna Blanca
Laguna verde
Laguna Roja
Cette beauté pure nous laisse une impression d'irréalité. L'expression «c'est trop beau pour être vrai » prend sont véritable sens. J'imagine les Incas adorer le dieu du soleil et de la terre devant de tels spectacles. Il n'y a que la nature pour nous émerveiller à ce point ! C'est ce que j'ai vu de plus beau au MONDE.
Les voitures sont en mauvais état et à chaque arrêt, les chauffeurs ont le nez sous le capo des uns et des autres. La nôtre à l'air d'inquiéter particulièrement notre chauffeur. En effet, nous resterons en rade, près d'une demi-heure sans pouvoir démarrer. Heureusement que nous traversons cette immensité à plusieurs !
Nos compagnons, de route, s'arrêtent face à la Laguna Roja, à 4800 mètres, dans un gîte extrêmement inconfortable, sans douche ni chauffage avec des températures allant jusqu'à moins vingt degré, la nuit. À San Pedro, nous avions rencontré un couple avec une fille de 11 ans qui n'avait pas tenu le choc. ils furent contraints d'abandonner au lendemain de cette nuit horrible.
Lors de notre achat de billet nous avons demandé à dormir ailleurs, plus bas ! Évidemment notre guide n'est pas au courrant, il veut rester avec ses amis. Camille est couchée, sur la banquette arrière, depuis deux heures, avec un horrible mal de tête qui ne cède pas aux médicaments. Il comprend que nous avons besoin de descendre et nous partons seuls dans le désert pour aller jusqu'à 3800 mètres.
Le spectacle de la Laguna au couché du soleil est grandiose. Le désert au crépuscule est mystérieusement envoûtant...
Aux alentours des 4000 mètres, Camille se rassoit, ressuscitée ! l' « hôtel » n'est pas mieux, mais il fait moins froid dehors. La nuit sera quand même exécrable dans des lits défoncés, des minis couvertures et pas de chauffage. Je me réveille le lendemain, avec une très forte migraine qui ne cédera qu'avec un morphinique que Hugues me met sous la langue. Je passerai la deuxième journée à économiser le moindre de mes mouvements, sans pouvoir prendre de photos. Malgré mon état, les larmes me montent aux yeux régulièrement devant cette œuvre, naturelle, majestueuse.
2ème jour BAHIA DE LOS ROQUES
Une forêt d'arbres de pierre, gigantesques.
Enfin des Lama! les enfants sont ravis.
Nous avons pu passer la matinée seuls dans ces paysages immensément merveilleux ce qui a décuplé notre plaisir.
Arrivés dans un village au milieu de nulle part nous assistons à la fin d'une messe et pour le déjeuner, chez l'habitant, nous retrouvons les deux autres 4*4. L'ambiance est très sympathique.
Un village perdu, balayé par des vents glaciale où la moindre goutte d'eau se fige.
Les habitants ont la vie rude, malgrès les efforts du gouvernement pour les reloger dans la plaine, ils ne veulent pas quitter la terre de leurs ancêtres.
La deuxième nuit est meilleure, mais sans chauffage, à 3500m d'altitude, vue sur le Salar. C'est le plus grand lac salé du monde ; une mer de sel, avec au loin, à 6000m, des montagnes flirtant avec le ciel.
C'est dangereux de rouler sur du sel cristallisé, un freinage brusque et les pneus accrochent et patinent. Une semaine auparavant un accident a causé la mort de six jeunes, l'un d'eux voulait absolument conduire ! C'est la version de notre guide...
L'île, Incahuasi, au milieu de cette mer blanche, recouverte de cactus géants.
Une petite mine de sel.
Au loin c'est la route qui mène à Uyuni, on distingue très nettement un énorme nuage de poussière.
Nous arriverons à Uyuni en pleine tempête de sable. Des sacs plastiques jonchent le sol : c'est une vision d'horreur après tant de beauté ! L'homme est un monstre !
En fin d'après-midi, le vent se calme, le ciel se dégage ; la ville paraît nettement plus accueillante. Hugues part à la recherche d'un hôtel avec le chauffage, en attendant je me régale à prendre des photos.
Il n'y a pratiquement que les vielles qui portent la tenue traditionnelle. Ce phénomène, assez répandu, peut laisser entrevoir un avenir dénué d'originalité.
Mardi 22 juillet
Après une nuit dans un bon lit douillet, nous sommes prêts à attaquer la route vers Potosie, Six heures dans un bus, plus que moyen, sans toilettes, mélangés aux locaux, ce qui est sympathique, mis à part les odeurs ! Au bout de trois heures, le chauffeur s'arrête au milieu du désert et je comprends que c'est la pose pipi. La perspective de finir, la vessie explosée, me pousse à repérer un buisson de 20 cm de haut. Je longe la rangée masculine et me jette derrière mon maigre paravent, avant qu'une autre femme ne me le pique. C'est l'instinct de survie, sans doute !
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EN BUS VERS LE DESERT DE ATACAMA
Une des régions les plus sèches du globe
Mercredi 16 juillet
Au revoir à Santiago ; une ville bénie par la nature quand le ciel se dégage et laisse apparaître la cordillère des Andes, majestueusement enneigée. Malheureusement le taux de pollution étant anormalement élevé, le ciel reste la plupart du temps brumeux.
Nous attaquons nos 24 heures de bus, à midi, en suivant les Andes, puis le littoral escarpé, frappé par de puissantes vagues. 1200 Km à parcourir sur les 4300 Km de cette bande de terre aux extrémités grandioses : du plateau Bolivien, au nord, à la Terre de Feu, au sud.
Le couché de soleil sur le Pacifique porte notre regard vers la Nouvelle-Calédonie. Nous avons encore beaucoup de chemin et d'aventures avant de la revoir.... Contents ou pas contents (de la revoir !) ?
Ces beaux paysages sont propices à la rêverie, c'est dans ces moments que mon cerveau permute en mode, créativité féroce, méditation génératrice d'œuvres artistiques. Ma nourriture est le parcours, le ronronnement d'un moteur ou encore mieux le vent dans les voiles et le bruit de l'eau sur la coque et les vagues. Je fais le tour du monde et le tour de moi-même, comme un être recroquevillé dans le ventre de la terre...
Le lendemain, le levé du soleil sur le désert nous sort du sommeil et le rêve reprend.
Jeudi 17 juillet
San Pedro de Atacama,
2500 m
Arrivée à San Pedro de Atacama, nous prenons possession de notre chambre dortoir dans une auberge de jeunesse pas chauffée mais sympathique. San Pedro est un lieu touristique de très bon goût. Les ruelles et les maisons font penser au Mexique, toute l'activité commerciale est discrètement intégrée. En cette période, les hôtels, tous de plain-pied, sont bondés, mais c'est moins gênant que prévue. Nous sommes entourés de jeunes baroudeurs allant de 25 à 35 ans.
Dés 15 heures nous grimpons dans un mini bus de 10 personnes pour faire la vallée de la Luna. C'est la pleine lune et il y a trop de monde pour en profiter mais le spectacle est grandiose et comme Sossusvlei et les chutes d'Iguaçu il faut faire abstraction des gens.
Les endroits de rêve, non touristiques, sont rarissimes : le monde se « dysnélandise »... Et c'est bien dommage.
La mer, et surtout l'Océan Pacifique, reste encore, pour peu de temps, un terrain relativement vierge et parfois grandiose ! chut ! il ne faut pas trop le dire, sinon, ILS vont tous débarquer !
La vallée de la Luna,
2500 m
Vendredi 18 juillet
Geysers de Tatio,
4OOO m
Le réveil sonne à trois heure et demi du matin. Nous nous sommes couchés la veille, déjà habillés pour partir, la chambre n'est pas chauffée et il fait -5°C dehors. Nous enfilons le reste de nos habits pour tenter de lutter contre les -15°C, et les 4000m d'altitude. Nous partons inquiets, en particulier devant les pieds d'Hugues qui à dénier mettre des chaussettes avec ses Crocs!
Levé du jour sur les Geysers de Tatio.
Le spectacle est Grandiose et nous oublions le froid et l'altitude.
Couché de la pleine lune
Levé du soleil,
nous avons eu le droit à la totale
Nous reprenons le bus (toujours avec une dizaine de jeunes) pour aller une plaine plus bas.
La fatigue se fait sentir, chaque mouvement nous coûte un effort particulier, il fait très froid.
De retour à San Pedro nous organisons notre passage vers la Bolivie. Finis les bus à plusieurs, j'ai très mal supporté le retour : forte migraine et sentiment de claustrophobie. De nombreuses agences proposent des excursions. Nous choisissons « Colque Tours », la plus réputée... 300 dollars US, trois jours, tout compris, pour nous quatre.
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VALPARAISO
Dimanche 13 juillet au lundi 14
Valparaiso est un nom qui sonne bien, c'est la chanson qui donne à cette ville, la deuxième plus grande du Chili, une image romantique, bohème et artistique. Valparaiso a tenu sa promesse seulement le dimanche :
Visite très intéressante de la maison de Pablo Neruda, un poète communiste ; suivie d'une promenade dans la partie historique. Déjeuner dans un super restaurant de fruit de mer pour fêter les onze de Camille, vue sur le vieux port. Coucher de soleil sur les hauteurs, dans les quartiers bohèmes. Nous sommes restés, médusés, une heure, devant un musicien jouant un instrument de musique indienne, les histoires de sa femme étaient passionnantes.
Vue sur le vieux port de Valparaiso.
Grafitis
La nuit fut terrible, dans une sorte d'auberge d'un autre monde (« Hostel Patricia » !), sans chauffage, au dessus d'un carrefour... Le lendemain, Valparaiso se réveillait dans le brouillard. Sur les conseils de notre tenancière nous sommes allés au nouveau port : aucun intérêt.
De retour à Santiago, en bus, nous trouvons un peu le temps long. Notre plan de départ était de rester trois à quatre jours, mais les vaccances scolaires du Chili et les congés annuels un peu partout dans le monde nous ont bloqués quatre jours de plus : pas de bus, pas d'avion et des difficultés pour trouver des hôtels. Nous sommes inquiets par l'invasion des touristes...
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Publié à 11:31 AM, le 11 December 2008, Chili Mots clefs : Pablo Neruda, Grafitis, vieux port
Du 8 au 12 juillet
SANTIAGO du Chili
Capitale depuis 1609 à l'époque ou le Chili était une colonie espagnole.
Le voyage de Buenos Aires à Santiago est plus long, le bus moins confortable mais les paysages sont magnifiques. Nous traversons la plaine sous l'œil des Andes enneigées, véritable œuvre abstraite au levée du soleil. Nous changeons de bus à Mendoza, où nous entamons la lente traversée de la Cordillère qui durera huit heures.
L'hôtel Principado, réservé sur le net est parfait pour le prix (70 dollars US) : reservas@hotelesprincipado.com et www. Hotelesprincipado.com
Je suis restée seule pendant deux jours à faire le maximum de musées et galeries d'art. Pas de pression derrière, j'ai pu me promener en m'arrêtant le temps nécessaire à me satisfaire. Santiago est une belle ville internationale avec des quartiers riches, de beaux bâtiments historiques, des jardins aux sculptures ultra modernes, des centres commerciaux gigantesques.
Elle reste cependant moins attachante que Buenos Aires. Marcher dans les rues sur un air de Tango vous transporte, la musique change tout !
Dés le lendemain, un bus passe prendre Hugues et les enfants vers une station de ski à une heure et demi de Santiago : «Colorado » ou « Nevado ». Après une longue étude internet sur le thème de: "faire du ski en Argentine ou au Chili, au meilleur rapport qualité prix" ; nous avons opté pour cette solution, convenant à tout le monde. Avec cette formule, la journée de ski à trois revient à 350 dollars US, tout compris. Le séjour dans une des stations du coin revient à 1200 dollars US, par jour, à quatre, tout compris. Contrairement aux idées reçues, faire du Ski en Argentine ou au Chili c'est cher et les stations traversées en bus, après Mendoza, ne font vraiment pas rêver !
Le Soufle du CHE
Santiago est une ville Sud Américaine dont le sport nationale est la Manifestation (protesta). Les universitaires ne sont pas contents, les étudiants non plus. Ils défilent et arrête les gens dans la rue pour expliquer leur problèmes et demander de l'argent. En allant chercher nos billets à la gare nous sommes tombés au milieu d'une manif, l'ambiance est gaie, presque festive.
Dans les vieux bars, restaurants, pubs, à la décoration inchangée depuis le milieu du siècle dernier, la photo du CHE est récurrente, le souffle de son âme révolutionnaire s'engouffre dans les moindres ruelles.
EL Mercurio
Pendant ce temps la situation ce durcit à Buenos Aires. La jolie présidente actuelle, Christina Fernandez, est en fait la femme de l'ex président Nestor Kirchner (un socialiste péroniste). C'est surement Evita Péron (1919-1952), épouse du président de la république Juan Péron, qui à ouvert la voie des femmes de tête en Argentine. A l'époque Evita n'avait aucun titre officiel, malgré les nombreuses actions de politique sociale et sanitaire. Elle est néanmoins devenue un mythe vivace.
Au Chili la socialiste Michelle Bachelet est élue depuis janvier 2006. C'est également la première femme à devenir Présidente du Chili.
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BUENOS AIRES
Un flot d'individus parcourent les rues de la « Capitale Fédérale », le centre de vingt kilomètres carré qui compte six millions d'habitants. Tous les jours six autres millions de travailleurs migrent à l'intérieure de ce petit périmètre, grâce en partie aux 40 000 taxis. On aime ce gigantesque bazar, l'animation des rues, le son des télés qui retransmettent la finale de Wimbledon et les discours d'Ingrid Betancourt en espagnole, sur un air de tango qui change à tous les coins de rues. Il y a des manifestations sur la célèbre « Plaza de Mayo »... Un conflit entre le gouvernement et les fermiers et encore bien d'autres problèmes. Un taximan nous montre le Parlement, anormalement agité, tard le soir. La présidente Christina Fernandez à du pain sur la planche...
BUENOS AIRES
Du 5 matin au 7 soir juillet.
Après une nuit parfaite dans le bus, nous arrivons à 7 h du matin pour aller directement à l'hôtel Masheu-Masheu d'Israël et Déborah, (544 la Rioja, tel 49 31 46 13). Un peu inquiet de trouver un coin pourri: le quartier est populaire... mais central. Une amie de Déborah nous accueille dans une vielle maison joliment retapée, avec jardin (très rare à Buenos Aires). Il n'y a qu'une seule chambre double, des dortoirs et des inscriptions en hébreu un peu partout. Un vieux couple apprêté prend le petit déjeuner. Nous comprenons vite que nous sommes chez des juifs orthodoxes ce qui rend l'endroit encore plus original. La petite auberge de jeunesse, fermée pour quatre jours, a été rouverte ... Nous sommes seuls avec les trois amis qui nous expliquent la vie à Buenos Aires et leurs coutumes...
Trois jours à Buenos Aires selon Déborah.
- Samedi : quartier Recoleta, le cimetière et le marché.
- Dimanche : quartier la Boca et le Tango suivi de la rue San Thelma, les antiquaires et les spectacles de rue.
- Lundi : El Centro avec les rues Lavalle et Florida ; Puerto Madero et la Casa Rosada.
Nous ne l'avons pas suivi exactement et c'est bien regrettable.
Un dimanche à Buenos Aires dans le quartier La Boca et la rue San Thelma : un must
Le Tango des rues de la BOCA.
Les spectacles de la rue San Thelma.
Le cimetière de la Recoleta, crée en 1822 est le monument historique le plus remarquable de l'Argentine. C'est une nécropole, de 4800 tombeaux, encore en activité. Là, repose les protagonistes les plus renommés de l'histoire Argentine. A voir absolument ! « Incredible »
J'aimerais retourner à Buenos Aires en bateau et rester à Puerto Madero le temps de me lasser de cette ville envoutante, comme le tango.
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Iguaçu Falls
Du 2 au 4 juillet
Iguaçu Brésil (Foz do Iguazu)
Arrivée en fin d'après midi, Madame Evelyna de la posada Evelyna nous attends, à l'aéroport, de pied ferme pour nous conduire directement voir le couché de soleil sur les chutes. Elle essaie de nous embrouiller pour nous faire payer 80 Réis de transport et 20 pour l'entrée du parc. C'est inutile, l'entrée du parc est payante, la visite peut se faire seule et Il y a des bus qui vont et viennent entre Foz do Iguazu et les chutes, c'est super bien organisé. Evidemment c'est très touristique et pour éviter le gros de la troupe il faut y aller tôt le matin et en fin d'après midi.
Ne regarder que les nombreux rideaux d'eau, les immenses embruns, les arcs en ciel, les papillons. Fermer les yeux et se laisser envouter par le bruit assourdissant. C'est magique. On oubli vite qu'on n'est pas les seuls devant cette merveille de la nature. Iguaçu veut dire "Grandes Eaux" en langue Guarani.
Antoine n'a peur de rien !
Rencontre avec Israël et Déborah. Ils ont une auberge à Buenos Aires. Malheureusement ce n'est pas sur notre route.
Vers la TUMULTUEUSE Buenos Aires.
Iguazu Argentine (Puerto do Iguazu)
Dés le lendemain matin, nous prenons un taxi pour passer la frontière avec une facilité déconcertante. Le bus est presque aussi cher et vraiment beaucoup plus compliqué. La posada Evelyna était lugubre et pour remonter le moral de la famille, nous allons à l'hôtel St Georges, une excellente adresse ! A quatre nous avons payé 145 dollars US la superbe chambre, un buffet pantagruélique pour le diner et le petit déjeuné, piscine, jacuzzi ; à deux pas de la station de bus. Nous attendons l'après midi pour faire le «camino supérior » (faire tamponner le ticket d'entré pour avoir un demi tarif le lendemain). Le lendemain matin de bonne heure nous parcourons le « passeo inferior ». C'est la troisième fois en deux jours que nous sommes médusés et il est difficile de se dire que le spectacle est terminé, il faut partir.
Notre voyage sur la terre n'est absolument pas organisé. Nous pouvons ainsi décider au jour le jour de notre programme. Le gros inconvénient est la perte de temps sur internet pour réserver Les hôtels et Les transports. Nous voulions rejoindre directement le désert d'Atacama, mais la liaison n'est pas facile :
- L'avion passe par Buenos Aires et Santiago, c'est hors de prix.
_ En bus il faut choisir entre 40 heures mal installés ou passer par Buenos Aires et Santiago dans des super bes bus 1er classe à des tarifs défiant toute concurrence.
Le destin nous met dans un bus super cama (possibilité de s'allonger entièrement) vers Buenos Aires. Départ à 15h, arrivée à 7h, le système est génial : au lieu de passer la nuit à l'hôtel nous avançons. Les enfants sont ravis des films et des plateaux repas, c'est quasiment leur meilleur souvenir !
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Du 29 juin au 2 juillet
RIO DE JANEIRO
En prenant du recul, les plages de Copacabana et d'Ipanema prennent toute leur ampleur.
Rio se déploie dans un site magnifique.
Couché de soleil sur la plage d'Ipanema en compagnie de surfer. Diner de poisson frit sur Copacabana. Prendre le ferry à la « praça XV » du « Centro ». Traverser vers l'autre rive, sous l'œil du Christ, pour aller au musé d'art contemporain de Niteroi (MAC Niteroi), construction futuriste de l'architecte Brésilien très connu : Oscar Niemeyer. Admirer cette baie connue du monde entier.
Notre hôtel, le Santa Clara, à dix minutes, de la plage n'est pas terrible et relativement cher (180 Réis la nuit).
De l'intérieure la ville est immense, inhumaine, grouillante, bruyante. Des églises sont là, régulièrement présentes pour relayer le travail silencieux du Christ. La Cathédrale do San Sébastien, ultra moderne, laisse une forte impression de puissance ; divine ? A voir.
Nous déménageons vers le quartier de Santa Theresa, le Montmartre de Rio. Notre contact s'appelle Denise. Elle anime une résidence d'artiste :
capacete.com.br
Tel : 81778716
La villa principale est ouverte à tous. Durant notre passage il n'y avait que des français dont une ethnologue, une philosophe et un scénariste... C'est un super bon plan !
Le « Bar do Mineiro » lieu branché, bon et pas cher, du quartier Santa Theresa.
J'aime cette tradition Sud Américaine de recouvrir régulièrement la ville de fresque murale.
L'âme de RIO, surveille.
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Lençois se prépare activement pour une des fêtes les plus importantes du Nordeste : la St Jean. Au Brésil il y a les festivités de l'avant fête qui dure une semaine, la fête et l'après fête qui dure aussi une semaine. La « festa de Sao Joao » est issue de la campagne. Des buchers brulent, des orchestres jouent, dans la rue, le Forro, au son de l'accordéon, du triangle et du tambour. Danses frétillantes à deux, groupes reproduisant une sorte de menuet revisité, l'ambiance est populaire. Des enfants courent et s'amusent à faire claquer des pétards. Après minuit, nous sommes restés médusés devant un groupe qui laissant tomber le Forro s'est mis à jouer une musique endiablée, Afro Brésilienne : un grand, grand moment !!
CHAPADA DIAMENTINA
Du 20 au 24 juin
Une gigantesque réserve naturelle au centre de l'état de Bahia, à Quatre heures de route de Salvador. C'est le repère des randonneurs et amoureux de la nature. Les distances sont assez longues entre chaque zone intéressante et il vaut mieux avoir une voiture. Nous étions basés à Lençois, le village principal, chargé de l'histoire des chercheurs du XIXème. Chaque jour, après le délicieux buffet du petit déjeuner, nous partons pour une nouvelle expédition.
Les couleurs des maisons de Lençois sont toutes différentes.
Cachoeira da Fumaça
La cascade de fumée, haute de 420 mètres. L'eau n'est pas assez forte pour lutter contre le vent qui arrive du dessous, elle se désagrège en fine pluie avant de toucher le sol. Une superbe marche de deux heures avant d'arriver sur cet énorme rocher qui surplombe la cascade. Le but est de s'avancer en rampant pour mettre la tête au dessus du vide et ainsi admirer le phénomène. Le départ de cette randonnée se fait à partir de la « Valé do Capao » un village de hippies qui vaut vraiment le coup d'œil.
A Chapada l'eau des rivières est rouge !
« Cachoeira Ribeirao do Meio »
Un gigantesque toboggan naturel se jetant dans un bassin d'eau rouge.
Patricia et Yellow, un couple de Brésilien, sachant parler l'anglais. Rencontrés à Itaparica, nous les avons beaucoup fréquentés durant notre séjour à Salvador. Ils ont organisé notre viré sur Chapada. On a profité de tous les meilleurs plans de la région et rencontré d'autres Brésiliens expansifs et définitivement bon vivants.
Pozo Azul
Une grotte avec une eau cristalline inexistante de transparence.
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Itaparica et la remontée du Paraguaçu.
La Baie De Tous Les Saints,
la plus grande baie de tout le Brésil.
Du 31 mai au 14 juin.
ITAPARICA
Elle a connue ses heures de gloire ou les riches bahianais venaient se relaxer dans de belles demeures. La jet set a désormais quitté les lieux et c'est devenu le rendez vous des étrangers et autres vacanciers. Nous sommes hors saison, les rues et les plages sont vides, c'est un peu trop calme... Hugues doit partir 10 jours en France se faire opérer du genou. Les cliniques privées de Savador sont hors de prix et nous économisons plus de 1000 Euros, billet compris. Nous devions être couverts, par la CAFAT, toute l'année suivant notre départ ; après vérification ce n'était que six mois. Nous souscrivons à une assurance médicale négociée par le site « Sail the World ».
La marina est agréable, en face d'une source d'eau minérale, transformée en fontaine, datant de 1842 et non loin du Forte de Sao Lourenço (1711).
C'est le désert ; attirés par le son d'une musique enjouée, nous parcourons des ruelles de vielles maisons portugaises jusqu'à la place de l'église où nous assistons à une petite fête populaire :
le Brésil tel qu'on l'imagine. Ils sont accueillants, souriants, chaleureux, sans complexes ils se laissent prendre en photo.
Un Dimanche à Itaparica
Il y a beaucoup de Français au Brésil et les prises de contact se font facilement. Christian à la retraite, installé depuis un an avec sa femme Brésilienne, cuisinier, nous propose très gentiment de nous promener autour de l'île. Le village de Baiacou à marée basse, en fin d'après midi est un vrai bonheur photographique. Il y a tous les ingrédients propres au Brésil : les petites maisons colorées face aux barques de pêcheur qui retapent leurs filets séchant au soleil. Des chevaux broutent et regardent passer les promeneurs de cages à oiseaux. C'est une pratique très répandue, les Brésiliens aiment leurs volatils et se déplacent avec la cage, comme si c'était un copain. Un terrain de foot est mis en place à chaque marée basse, les jeunes jouent en criant de plaisir. Les mamies vendent des sardines grillées devant l'église blanche
et bleu...
Au centre de l'île, dévorée par un banian gigantesque: la igreja Baiacu.
L'église et le temps.
Les années passent, les religions, les cultures, les couleurs, s'entrelacent.Le brésil nait dans toute sa diversité.
La remontée du fleuve Paraguaçu.
Du 14 au 16 mai.
Après 15 jours extrêmement paisibles et ressourçant je redémarre avec grand plaisir en recevant le même jour, Hugues et son genou tout neuf, Jean-Thierry mon frère et un copain Thierry venus de Nouméa. Au programme : la remontée du Paraguaçu, un fleuve se jetant dans la baie de tous les saints. Une plongée paisible au cœur de la Forêt et de l'histoire, de vielles églises imposantes, gardiennes du passé, suivent notre progression. Elles sont majestueuses, au bord de l'eau, perdues au milieu de la végétation. J'imagine les efforts qui ont du être mis en œuvre pour construire, au XVII, de tels monstres. LO glisse doucement le long des rives luxuriantes de végétation, tout est calme, on entend les oiseaux.
Les acteurs
Jean-Thierry, Thierry et Hugues.
Antoine
Francine et Guillaume, skippers du Catamoana. Heureusement qu'ils étaient à Itaparica pendant l'abscence de Hugues. Nous nous sommes donné rendez-vous en Polynésie avec leur bateau.
www.le-Mahi-Mahi.com
Les skippers de LO, suivi du Catamoana.
Première étape,
Maragogipe.
Connu pour son marché traditionnel du samedi matin. Malheureusement nous arrivons trop tard pour en profiter.
Sur le chemin,
San Francisco do Paraguaçu
Deuxième étape,
Santiago do Iguapé
Un autre village derrière une église. Nous avons rendez-vous avec Kevin, un français qui tient une pousada sur la place. Sa moqueca de crabe (plat en sauce à base de lait de coco) est un vrai régal. Le long des rues, à intervalle régulier, les habitants installent de petits bûchers, ils préparent activement la fête de la Saint Jean.
Le bus passe à Santiago tous les matins à six heure. Il faut une heure et demie pour atteindre La Cachoeira et Sao Félix, deux villages séparés par un pont au dessus du Paraguaçu. Le bus et les routes sont dans un état épouvantable, dehors c'est le brouillard de la jungle humide. Les locaux vont et viennent chargés de marchandises.
Cachoeira
Ils sont producteur de tabac. Au XVIII il était considéré comme le meilleur au monde. Dans les annés 1820 la rébellion contre les portugais pris naissance sur la place principale. Cachoeira fut la première à reconnaître Pedro 1er comme souverain indépendant du Brésil.
LES BRESILIENS AIMENT LEURS OISEAUX.
Petite promenade, à l'abri du stress de la lumière.
Petite conversation entre amis.
Petit bol d'air à la porte de mon coiffeur préféré.
Sao Félix
Face au train de marchandises, long de plusieurs kilomètres, traversant la ville comme un escargot sur des rails incrustrés dans les pavés: une autre époque.
JT et Antoine.
On prépare la fête de la Saint Jean en achetant des pétards, c'est la coutume locale. Les enfants se régalent d'avance!
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Du 19 au 24 mai
CAMAMU BAY, BARRA GRANDE, ITACARE,
PREMIER CONTACT AVEC LE BRESIL.
Au petit matin du 19 mai nous jetons l'ancre devant une plage de sable blanc. Le village est tranquille, c'est la hors saison. Nous bouclons à toute hâte les derniers devoirs du CNED à poster rapidement pour ne pas aggraver notre retard. Une promenade sur le sable des ruelles de Barra Grande pour rencontrer trois Français, installés depuis une dizaine d'années. Les discussions tournent autour de la politique de Lula et le développement économique du pays. Un énorme port commercial doit se construire dans le coin, bonne ou mauvaise nouvelle ? Le Brésil regorge de richesse mais l'organisation des exportations est plus que défectueuse, il y a parfois plus de six mois de retard sur les carnets de commande. Nos français sont contents, le prix des terrains et de l'immobilier augmentent ; leur investissement est fructueux. Le Brésil progresse, il a les capacités de rentrer dans la cour des grands pays industriels. Nous le remarquerons très vite, à nos dépends, car les coûts sont deux à trois fois plus élevés qu'en Afrique.
Mathieu nous embarque sur Itacare ou nous passerons trois jours. C'est le coup de foudre pour ce vieux village portugais, encore authentique mais en voie d'invasion touristique : la route à été goudronner il y a dix ans et depuis le village prend de l'ampleur. En attendant nous flânons le long des rues pavées, bordées de vieux bâtiments colorés, de petits restaurants branchés et chers mais aussi des restos au kilo bon marché. Notre pousada est ravissante, tenue par une Française adorable qui nous ramènera avec sa voiture sur Barra Grande.
Le resto au kilo est un buffet avec obligatoirement de la feijoada (mélange de haricots rouge et de viande), de la farine de tapioca et du riz ; l'assiette est pesée et on paye entre 10 et 20 Réis le kilo (500 et 1000FCFP)
La Pousada est une sorte d'auberge ou on paye la chambre et le petit déjeuné, il n'y a aucun autre service.
Itacare c'est aussi un village de surfer et l'aménagement des plages me fait penser à Bali. Au deuxième jour, Hugues et Antoine quittent fièrement la pousada, pour une leçon de surf ! Je charge tranquillement mon blog et Camille joue avec les enfants de la patronne. Quand, nous les voyons revenir, Hugues peut à peine marcher et Antoine n'est pas content : « c'était pourri », son mot favori depuis l'âge de 13 ans. 24h sur 24 avec un ado et un « vieux », c'est difficile!
Nous devrons aller sur Salvador plus rapidement que prévue car le genou de Hugues ne s'améliore pas, il va devoir subir une ménisectomie.
SALVADOR DE BAHIA
Salvador de Bahia du 24 au 31 mai.
SALVADOR DE BAHIA ET LE PELHOURINO.
Nous arrivons de nuit au son d'une musique rythmée venant du Mercado Modelo. Le temps de se préparer pour aller diner et les rues se vident, la musique s'arrête, nous sommes entourés de quelques ombres errantes. Un sentiment d'insécurité s'installe. Nous décidons de revenir derrière les grilles de la marina pour se retrouver dans une navette qui mène au Forte Sao Marcelo, dominant la baie de tous les saints, datant du XVIIème siècle ; un endroit très chic. A Salvador, La richesse côtoie la pauvreté sans complexes. La marina « Centro Nautico da Bahia ou CENAB » est située au pied de l'elevador qui mène au Pelourinho dans la ville haute. Le Pelourinho est classé patrimoine mondiale de l'humanité depuis 1985, il a été largement restauré grâce aux fonds de l'Unesco. C'est un beau quartier à l'âme passionnante, mêlant touristes (peu nombreux à cette époque) habitants, policiers (a chaque coin de rue), arnaqueurs, favelados, commerçants, prostituées, riches, pauvres... et de magnifiques églises à l'architecture baroque. On dit de Salvador, qu'il y a assez d'église pour en visiter une tous les jours de l'année.
Sao Salvador da Bahia de Todos os Santos fut fondée par les Portugais en 1549 et demeura la capitale Brésilienne pendant deux siècles. A partir de 1600 le Brésil reçoit 1500 esclaves Africains par an, la majorité se retrouve enchainée aux piloris du marché aux esclaves situé au centre du Pelourinho, là où ils étaient châtiés en public. Les Portugais désiraient peupler le pays à tout prix. L'église se montra donc indulgente envers les relations entres colons, esclaves et indiens. Une importante population métisse vit le jour qui n'avait d'autres moyens pour vivre que de se prostituer. Le brésil devint célèbre pour sa permissivité sexuelle. Salvador de Bahia fut baptisée, baie de tous les saints et de tous les diables. Les prostituées courent encore les rues mais se montrent la nuit et abordent les hommes célibataires. Le fait de voyager en famille nous protège de beaucoup d'entourloupes car les brésiliens respectent les femmes et les enfants. Il parait que durant le carnaval il n'y a que les femmes qui ont de l'argent dans leur soutien gorge... Il faut quand même suivre les règles de base et ne pas être trop naïf...
Au pied de l'elevador il y une station de bus, il suffit de lire les directions en bas à droite du pare brise, grimper et payer 2 Reis par personne.
Nous allons au marché de
Sao Joaquim, une expérience à ne pas manquer !
C'est une petite ville aux ruelles moyenâgeuses, sales, grouillantes. Des hommes poussent des brouettes de chèvres vivantes entassées et saucissonnées. L'odeur des étalages de viande ont de quoi transformer un carnivore en végétarien. J'ai traversée le secteur les yeux derrières mon objectif, en respirant par la bouche.
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Du Samedi 3 mai au lundi matin 19 mai
LA TRAVERSEE DE L'OCEAN ATLANTIQUE, DE SAINTE-HELENE AU BRESIL
A deux jours du grand départ, le désalinisateur, cette machine merveilleuse qui transforme l'eau de mer en eau douce, ne marche plus. Sur LO le désal était devenue une évidence, on ne l'appréciait plus à sa juste valeur et il nous quitte. Nous devons l'accepter, car à Sainte Hélène il n'y a rien pour le réparer. Notre réservoir est de trois cent litres pour au minimum dix jours de traversée, à quatre ! Heureusement nous sommes équipés d'une douche avec un cran de fine pulvérisation et un excellent récupérateur d'eau de pluie mais il ne pleut jamais en cette saison !
Une traversée est une histoire de rythme.
Le rythme de la vie à bord est identique jour après jour. Le temps, suspendu, passe très vite et l'ennui n'existe pas. Psychologiquement nous sommes prêt a une longue croisière, notre cerveau n'est pas programmé pour l'impatience, mais pour un mouvement lent et néanmoins efficace. Il y a peu de vent et jamais de tempêtes au dessus de l'anticyclone de St Hélène. Sans vent la mollesse nous guette, il faut la combattre mais prendre le temps. Notre corps se cale au rythme régulier du jour et de la nuit. Le soleil se couche, je ne rate jamais ce spectacle, nous rangeons le bateau pour attaquer une bonne nuit. La lune se lève, jamais à la même heure, jamais la même. Régulièrement elle disparait pour laisser le ciel s'exprimer à volonté, alors nous sautons sur le trampoline et allongés nous comptons les nombreuses étoiles filantes. Je n'ai jamais vu autant d'étoiles filantes et de galaxies aussi lumineuses. Les premières lueurs de l'aube arrivent, l'espace s'agrandit avec le sentiment d'un certain soulagement, l'horizon reprend sa forme ronde. Préparation du petit déjeuné, travail scolaire, déjeuné, sieste à tour de rôle, lire, écrire, penser, surveiller la mer couleur bleue primaire limpide, être envouté par elle...
Le 9 Mai 2008 nous sommes aux antipodes de la Nouvelle Calédonie à la position : S 15° 53 W 15° 56. Après 10 mois de traversées Lô a fait un demi-tour du monde.
A quatre cent mille des côtes nous rencontrons, notre premier bateau de pêche, du vent de face pendant 36 heures puis 25 nœuds bien établis. La mer n'est plus aussi bleue ; soudain Hugues pousse un cri, il a vu un dauphin géant ! Nous nous précipitons dehors à la recherche de ce monstre des mers hypothétique. Après un long moment nous distinguons au loin un énorme dos se rapprochant du bateau. Il possède une nageoire dorsale et nage comme un dauphin, il plonge sous le bateau et longe la coque en nous montrant son ventre blanc de 12 mètres. Ce joyeux luron est rejoint par deux camarades. Nous sommes quelque peu inquiets bien que médusés par ce spectacle. Brusquement l'un d'eux fonce loin devant et se jette en l'air dans un magnifique saut ou nous pouvons l'admirer entièrement. Ce n'est manifestement pas un dauphin, surement une étrange baleine avec un long nez et une nageoire dorsale. A trois reprises nous pourrons les voir surgir hors de l'eau. Je ne suis pas descendu prendre mon appareil photo ni une caméra car il y avait du vent et de la mer et je ne voulais pas manquer une miette de ce show. Après une enquète nous découvrons leurs identités : c'était des Rorquals à bec.
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Du 23 Avril au 3 mai
St Helene, l'île forteresse,
inchangée.
Le paysage reste immuable, c'est toujours le même débarcadère sur lequel on doit sauter au risque de se casser un membre ! Les éboulements de la falaise étant devenus trop dangereux, une compagnie Française pose un gigantesque filet sur la roche, avec un hélicoptère et des « alpinistes » agrippés à la pierre, un travail de titan ! Une navette vient nous chercher sur le bateau à 7H, midi, retour à 17h. C'est contraignant et donc pénible. Les légumes sont rares et de mauvaise qualité, heureusement les épouses des travailleurs Français nous permettent d'acheter « au noir » des œufs frais et quelques précieuses salades.
L'intérieure de l'île est plus verdoyante mais un sentiment de tristesse flotte, les gens sont lents, souvent assis à regarder passer les autres gens avec la plupart du temps une bière à la main.
Napoléon est mort d'ennui dans sa maison de Longwood. Une belle prison, entourée par un grand jardin paysagé. Sur Longwood le climat est humide et froid. Les pièces sont hautes de plafond et mal chauffées. Napoléon passe du salon où il regarde inlassablement ses cartes d'Europe étalées sur la table de billard à sa salle de bain où il prend un long bain chaque jour. La visite est émouvante, on croirait voir ce grand conquérant tourner en rond, pendant six ans, de 1815 à 1821.
Il n'y a pas d'aéroport. Un bateau, le RMS, tous les 15 jours, qui transporte des marchandises et quelques passagers courageux ! Parfois il peut rester un mois sans venir !
Nous devons envoyer les devoirs du CNED et par bonheur le RMS ne va pas tarder, il faut poster la lettre 24h avant son arrivée sinon elle ne part pas ! Elle mettra UN MOIS avant d'atteindre la France...
Le RMS arrive, St Hélène se réveille, on dirait que le soleil est plus brillant, les gens plus souriant... Les travaux cessent et nous pouvons enfin débarquer quand bon nous semble.
Un groupe d'une quinzaine de Français, reliés plus ou moins à Napoléon, sont accueillis par Michel Martineau, le consul honoraire de France. Ils sont là pour fêter le 150ème anniversaire du don fait par l'Angleterre à la France de quinze hectares de terre : Longwood et le Val Napoléon.
Dés notre arrivée, nous avions pu déjeuner avec Michel Martineau, un jeune, sympathique mais très occupé à organiser le séjour de ces illustres personnages sortis d'un autre monde. Le plus difficile, pour lui, était de composer des menus dignes de leur rang et ceci pendant 10 jours. Pour cette grande occaion le RMS ne repartait que pour faire un aller et retour entre l'île de l'Ascension et St Hélène.
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Traversée Namibie, St Hélène
du 16 au 23 Avril
C'est la première partie de la traversée de l'Atlantique, 1200 miles à parcourir,
soit environ 2000 km.
Le temps est magnifique, des pélicans suivent notre bateaux, les dunes au loin sont nettement visible. Malheureusement le brouillard se lève très vite et nous suit pendant 24 heure, il fait froid. Il y a 18-20 nœuds de vent trois quart arrière. Toutes voiles dehors Lô file à 9-10 nœuds, le rythme est soutenu, limite stressant. A l'intérieure du bateau c'est une vrai caisse de résonnance et les nuits sont difficiles. Au bout de trois jours, nous ralentissons et prenons deux ris dans la grande voile. Le cinquième jour, Le vent se calme, nous sortons notre beau spi acheté à Cape Town, c'est le bonheur, il fait enfin chaud ; mer d'huile les dernières 24 heures. L'île grandit peu à peu, s'éclaire au couché du soleil et devient menaçante la nuit quand nous la contournons pour trouver le seul mouillage. L'opération est délicate, la baie est petite, les bateaux sont nombreux, les places à 12 mètres de profondeur sont prises. Le profondimètre ne descend pas au dessous de 15 mètres, la houle est forte, nous entendons le ressac et les vagues s'écraser contre, on ne sait pas trop. J'ai horreur d'arriver la nuit !
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Le long des quais.
A voir au lever du soleil.
Aller du côté MER où phoques, pélicans et oiseaux se régalent.
Ils ne sont pas timide et se joignent facilement à la conversation.
Avec pascal du bateau Titom avec qui nous naviguons depuis Richard"s bay: WWW.titom.ch
Du 1er au 16 Avril
WALVIS BAY
Port Industriel de la Namibie.
Alors que la Namibie devient indépendante en 1988, l'Afrique du sud occupe encore une zone comprenant walvis bay et swakopmund, jusqu'en 1994. Les habitants se souviennent encore de l'époque ou il fallait passer une frontière pour sortir de Walvis bay... Etant le seul port commercial de la Namibie, l'Afrique du sud a longtemps contrôlait l'activité économique du pays.
Cette baie, au bord de la Skeleton Coast, est plongée la plupart du temps dans un épais brouillard froid. Ce nom évoque les squelettes des nombreux bateaux échoués sur ces côtes sablonneuses.
Le matin il fait 13 degré et le brouillard persiste. Il se lève parfois en début d'après midi avec le vent. C'est une baie formée de lagunes et de banc de sable : repère idéale pour les pélicans, phoques et oiseaux marins. Il y a aussi, depuis peu, des windsurfers, kite-surfers et autres fondus de voile. Le plan d'eau est parfait, le vent se lève systématiquement tous les après midi à 25 nœuds minimum : le rêve, pour eux ! C'est le nouveau lieu de rencontre des records de vitesse.
Nous décidons de partir cinq jours à l'intérieure du pays, dans le désert où il fait surement plus chaud!
Départ sur les routes du nord,
de Walvis bay vers Swakopmund.
C'est incroyable ce que les Allemands ont pu construire dans ce désert hostile : des bâtiments imposants du centre ville aux petites maisons joliment colorées, au milieu de rien. De loin on pourrait penser à des maisons de poupées posées sur de la moquette couleurs sable.
Le long de l'océan Atlantique, la route de sel de la Skeleton Coast (déclarée park national, donc préservé) est magnifique comme un désert d'eau de sel et de sable. Une nouvelle page uniforme sur laquelle s'inscrivent, mirages, dunes, reflets de dunes et une multitude de couleurs changeantes.
La C39 puis la C43 nous conduisent à Sesfontein. Le paysage se transforme peu à peu. Au milieu de la savane, des étendues de fleurs jaunes et un groupe de cinq éléphants évoluent tranquillement, en liberté, au bord de la route en terre... Je pensais que cela n'existait plus ou vraiment difficilement accessible.
Le merveilleux livre illustré de Peter Beard, « La fin d'un monde », écrit en 1963, raconte le déclin de l'Afrique sauvage, la disparition des animaux et de la nature. En un sens les grands park nationaux où le visiteur doit payer pour voir, est la seule manière de lutter contre la modernisation destructrice. Il faut cependant admettre que de voir des éléphants en liberté, sans avoir payé, en étant seuls au monde au milieu d'un paysage grandiose, procure une sensation de plaisir authentique.

Le deuxième jour, vers Opuwo, au bord de la route, un village de Himbas, nous faisons la « coutume » avec eux. Contre du sucre, du pain et des pommes nous restons un long moment. Ils ont l'habitude du contact avec le touriste et normalement se sont des guides qui viennent les voir avec des groupes. Nous avons une fois de plus une chance extraordinaire d'être seuls avec eux. Ils sont semi nomades et vivent essentiellement dans la région de Kunene. Ils sont beaux et très fier de leurs traditions. Leur corps et leurs cheveux sont enduit de graisse mélangée à de la terre rouge
Himbas face à la société de consommation.
Opuwo est une petite ville originale où les différentes communautés se croisent. Les Himbas en tenus traditionnelle marchent au milieu des voitures et des magasins. Combien de temps vont- ils tenir ?
La deuxième nuit face au park d'Etosha, dans un super camping avec douches et toilettes fondus dans la nature
Arrêter la voiture n'importe où, est périlleux. La Namibie est le territoire de nombreux Léopards sauvages, très difficile à repérer. Dans le Tirasberg, le patron de la Koimassis farm avait des problèmes avec un léopard qui régulièrement, pendant la nuit, tuait un kudu pour se nourrir. Il comptait faire appel à un spécialiste de Windhoek (la capitale) pour venir le capturer et le mettre dans une réserve spécialisée en félins : la « Cat Fondation »
ETOSHA
troisième nuit
A voir le matin de bonne heure et en fin d'après midi, si non il fait trop chaud et les animaux sont cachés. Il faut repérer les trous d'eau où ils vont boire.
Quatrième nuit dans le Waterberg plateau park. Voilà un exemple d'attrape touriste ou le but n'est pas de préserver mais bien de gagner de l'argent. L'endroit est magnifique (ce qui n'est pas toujours le cas !), une montagne dont le sommet est un plateau sablonneux. Les animaux ont été importés sur cette hauteur et évidement ils sont rares : 2 rhinos, 4 ou 5 éléphants, 2 girafes... C'est la déception !
Nous passons le cinquième jour à rouler, avec une pause déjeuné à Karibib où je rencontre une petite fille au milieu de la route.... Il y a bien longtemps ! Le bâtiment de droite existe toujours, les rues sont aussi larges et c'est au milieu de nulle part.
La Namibie compte deux millions d'habitants : la densité la plus faible d'Afrique (2,5 habitants au Km2), 30% vivent dans la capitale, et 50% dans le nord du pays. Le reste est vide !
On aurait pu aller dans le Brandberg voir les peintures rupestres. 2500 km de voiture en cinq jours c'est épuisant, surtout pour le conducteur et les enfants !
Nous retrouvons Lô dans un état lamentable : un phoque a élu domicile dans les jupes arrière avec un millier d'amis moucherons. L'humidité du brouillard c'est chargée de l'intérieure du bateau et nous ressortons les polaires et les blousons !
Avant de quitter la Namibie il faut faut absolument voir Sossusvlei!
Haut lieu touristique, mais tellement grand et magique!
Nous sommes sur une ligne imaginaire.
Conquise par la Namibie!
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Du 27 mars au 1er Avril
Naviguer le long des dunes
du désert du Namib.
1900 Km de dunes, le long de l'océan Atlantique, cachent d'incroyables trésors.
du 27 au 29 mars
Hottentot bay
Du nom des premiers hommes à peupler la Namibie. Ils se nomment eux mêmes khoi-khoi, "les hommes des hommes". Hottentot vient d'un mot afrikaans signifiant "bègue", surement à cause de leur langue à clics. Se sont les hottentots que les portugais rencontrèrent à la fin du XVème siècle quand ils doublèrent le Cap de Bonne Espérence.
Du 29 au 30 mars
Spencer Bay
Une épave entourée d'une impressionante colonie d'otaries. Elles sont très curieuses et suivent notre annexe d'un air rieur.
Spencer bay: des dunes
Spencer bay : une île de scientifique, envahie de pingouins et d'oiseaux marins.
du 31 au 1er Avril.
Sandwich Harbour
Une des plus importante terre humide cotière d'Afrique.
Le mouillage n'est possible que par temps très calme, le long d'une bande de sable à l'extèrieure de la lagune. Le spectacle est permanent: oiseaux, pélicans, chacals (au milieu de la photo en arière plan).
Nous prenons l'annexe pour visiter la lagune et le spectacle continu.
je n'arrive plus à m'arrêter tellement c'est beau.
"j'aimerais y rester plus longtemps"
c'est la phrase que je me répète le plus souvent.
"Il faut avancer!" c'est la réponse du capitaine.
C'est décidé: je refais le tour du monde sans date de retour. On reste le temps qu'il faut pour voir, connaître et digérer. Ne pas passer à coté de ce que je voulais vraiment faire comme Kolmanskop et les peintures rupestres... Je voudrais avoir le temps de mieux sentir le pays. Faire des clichés et revenir sur le lieux pour parfaire, et sortir des photos. Je ne veux pas avoir des clichés mais des morceaux de réalité.
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Des nids géants accrochés aux arbres devenus bêtes fantastiques-immensité désertique-architecture décalée venue du froid-vent-sable-dunes-diamands-herero-himbas-poésie écrite par les oiseaux sur le bleu permanent du ciel, par les himbas marchant dans le désert, par les crêtes de dunes calygraphiant de manière majestueuse la lettre d'un dieu.
Du 22 au 27 Mars
LUDERITZ,
Ville du désert, crée par des chercheurs de diamants.
L'architecture, venue du froid, allemande, est complétement décalée avec l'environnement.
Les allemands occupent le pays en 1878
En 1908, ils manquent d'anéantir le peuple Herero en faisant 30 000 morts. Un colon découvre un diamant et c'est la ruée. Les marins abandonnent leurs navires, les commerçant leurs boutiques, les hommes leurs femmes, et plongent leurs mains dans le sable du Namib. Lüderitz est née.
En 1920 le « Sud-ouest africain allemand est confié à l'Union sud-africaine jusqu'en 1971 ou la cour internationale des Nations unies qualifie d' « illégale » l'occupation de la Namibie par l'Afrique du sud, qui continue cependant de l'administrer. Ce n'est qu'en 1988 que l'Afrique du sud accepte, enfin de signer l'indépendance du pays.
Aujourd'hui Lüderitz fait face à une crise économique, le gisement est épuisé. La ville fantôme de kolmanskop, désertée en 1956, est grignotée par les dunes qui avancent de 2 à 3 mètres par an.
Les gens sont tristes.
Cette histoire est une triste poésie sur la nature humaine. Pourtant, la nature omniprésente, puissante beauté rebelle, néanmoins admirable, montre le chemin aux hommes. Ils ne l'écoutent pas.
Elle durcit le cœur de ceux qui veulent la soumettre et l'exploiter. La nature inspire l'âme des êtres qui la respecte.
Face à cette création naturelle, d'une beauté éblouissante jamais atteinte dans les œuvres d'art humaines, on se prend à croire en un dieu, peu importe lequel !
Une grande majorité des peuples qui vivent en contact avec la nature sont animistes qui vient du latin anima, « souffle » ou « âme ».
BALADE DANS LE TIRASBERG
Sur la route des chevaux sauvages du désert
Plus une goutte d'eau! Partir dans le désert sans eau! Une erreur a ne jamais recommencer!
Le soleil se couche.
Aprés un moment de rigolade:" la voiture fume, ça n'arrive qu'à nous; mais on va s'en sortir!"
Puis un réel moment d'inquiétude: " sommes nous à 10 ou 20 km du point d'arrivée? On va peut être devoir passer la nuit dans la voiture!"
Et puis vient le moment de ne pas se laisser abattre: On roule le capot ouvert et les yeux rivés sur le thermostat, toutes les 5 minutes on laisse la voiture refroidir 10 minutes. 10 km en deux heures! et enfin des lumières de vie dans cette nuit très noire! La voiture rend l'âme devant la maison du propriétaire de l'hôtel!
Le jour c'est absolument grandiose, la nuit c'est plutôt flippant de se sentir si seul au monde!
Nous resterons bloqués deux nuits, les seuls clients de cette ferme perdue, completement intégrée aux rochers. Le patron, un afrikaner, a tout construit de ses mains. Il nous raconte la dure vie des pionniers du désert . Je reste stupéfaite devant des chevaux galopant dans la plaine devant...
nous quittons avec regret cette oasis:
Ranch Koiimasis
"Fest inn fels" chalet accomodation
WWW.koiimasis.com
rdrenkmann@googlemail.com
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Du 19 au 22 Avril
De l'Afrique du sud à la Namibie
NAVIGATION
MAGIQUE
Nous avons vue sur la
montagne de la table pratiquement jusque Dassen Island que nous atteignons sous
un magnifique couché de soleil. Tout le
long du voyage des baleines à bosse nous accompagnent ; la mer est très
calme et nous pouvons les admirer longtemps, avec parfois une petite
appréhension quand ce superbe monstre des mers s'approche trop prés. Nous
sommes également suivis par des escadrons d'oiseaux volant au ras de l'eau, les
uns derrière les autres.
Dassen Island est une
réserve, habitée par des scientifiques qui étudient une colonie de pingouins,
les oiseaux, les baleines....Elles restent pratiquement toutes l'année car c'est une des régions
au monde les plus riche en plancton. Nous observons ce
petit monde de notre annexe sans pouvoir descendre à terre. Le coin est aussi
réputé comme étant le lieu où les pêcheurs de langoustes s'abritent pour la
nuit. Malheureusement nous nous réveillons pour les voir partir. En milieu de
matinée nous croisons des pêcheurs amateurs. Après une longue discussion et
avant de nous quitter, nous recevons en
cadeau, quatre langoustes. Ils sont vraiment sympathiques ces Sudafs !!!!
Deux nuits de
navigation féeriques avant d'atteindre Lüderitz. Il n'y a
pas de vent, pas de lune, la mer est comme de l'encre noire, et le bateau
glisse sur des millions de planctons phosphorescents, dérangeant de temps à
autres, bancs de poissons et dauphins qui s'illuminant à leur tour créent des
tourbillons magiques...
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Publié à 9:52 PM, le 13 August 2008, Afrique du Sud Mots clefs : baleines, planctons
Du 27 janvier au 18 mars 2008
CAPE TOWN
Grande ville, grande vie citadine : rencontres, tissage de relations amicales, invitations, diners, sorties, visites, achats, centres commerciaux, quartiers industriels, préparation du bateau pour la traversée de l'Atlantique, montage d'une exposition de photos à l'alliance Française, rendez-vous, devis, discussions, les enfants, le CNED, le bateau, nettoyage en profondeur, trie, avitaillement, visite de toutes les galeries d'art, musés, tirages des photos, scénographie de mon expo, essaies vidéos, invitations aux vernissage, achat de vin, petits fours et cacahuètes, mise en place d'un contrat avec Focus Contemporary, déplacement des photos, visites, achat d'un spi, révision des moteurs, du pilote automatique et du système hydraulique, visite du pays...
OUF ! Nous partons avec beaucoup de regrets et de soulagement !
Je reprends dans l'ordre sans être longue.
Joël et Dominique Marc (radiologue et pharmacienne) sont partis de Nouméa il y a dix ans pour naviguer autour du monde avec une préférence pour les zones agitées du sud ; ils sont restés deux ans en Patagonie. Une escale au Cap leur suffit pour vouloir y installer un bout de leur vie. Ils investissent dans un domaine viticole et des amitiés au sein du clan français. Grâce à leur gentillesse nous sommes introduits dans un groupe de personnes vraiment accueillantes, chaleureuses et serviables. Nous avons aussi l'occasion de rencontrer des afrikaners qui sont aussi exceptionnellement serviables.
Robert et Sophie Kuhn : Quatre enfants, venant de Paris, depuis six ans au Cap. Nous sommes invités à diner chez eux puis à passer le weekend end à Langebaan près du « West Coast National Park », une lagune avec des milliers d'oiseaux. C'est aussi le rendez-vous des kite surfers, véliplanchistes et autres sports nautiques; les enfants seront invités à y passer deux autres WE. Une semaine avant de les rencontrer, des cambrioleurs ont tout raflé chez eux, pendant qu'ils dormaient. Ils restent extrêmement choqués. Les voleurs se sont introduits dans les chambres des enfants sans les réveiller, le scénario aurait pu être complétement différent..... Ces gens là, n'hésitent pas à tuer si les choses tournent mal. De plus ils connaissaient cette maison pourtant bien sécurisée. Les Kuhn soupçonnent le jardinier ou des ouvriers venus faire des travaux. La police est incompétente ou plutôt débordée par des histoires plus graves. Même à Cape Town l'insécurité existe, beaucoup moins visible et présente qu'à Durban ou Johannesburg.
Je me suis souvent promenée seule, sans le moindre souci, mais dés 17h30, les magasins ferment, la ville se vide pour faire place à une faune pas très engageante... Nous avons quelques recommandations d'usages comme fermer les portières de la voiture, fermer les vitres et mettre le sac dans le coffre arrière. Si quelqu'un te réclame ton portable, ou autre, n'opposer aucune résistance et donner tout de suite. Une pratique très courante est le « hijacking » ou vol de voiture avec le propriétaire dedans, au feu rouge. C'est pour cette raison que l'on croise au Cap un certain nombre de voitures décorées et donc difficile à camoufler rapidement pour la revente. Ils sont plusieurs à vouloir quitter le Cap, la situation semblerait se dégrader peu à peu. La ville est en pleine effervescence pour l'organisation de la coupe mondiale de football et certains pensent qu'après ce grand évènement national, les Sud Africains reviendront à leurs problèmes quotidiens, notamment l'élection du nouveau président qui promet des lendemains difficiles.
En attendant nous profitons de ce magnifique pays :
-La montagne de la table,
-la route des vins notamment Franshoeck ancien repère des huguenots chassés de France,
-La balade qui va du Cap à Muizenberg, pour la plage de surf. Simonstown, pour le charmant village et la colonie de pingouin. Cape Point, pour le phare et la vue du « Cape of Good Hope ». Retour par la route qui longe la mer : Magnifique !
-le jardin botanique Kirstenbosch : immense ; riche en plante ; exposition d'art ; concerts en pleine air le dimanche soir. Nous avons eu la chance de voir Joe Cocker, moins bon qu'Elton John à Durban.
Un conseil : ne pas faire de parc animalier dans la région, c'est l'arnaque.
Les otaries ne sont pas commodes
vue sur le cap of good hope
sur la Table Montain
le fameux
Les Caldoches de Nureyev et Lo
Surf, plage de Muizenberg, eau glaciale! et attention requin blanc!
Sand boarding dans les environs du Cape
Le Président, La Jeanne d'Arc et mon expo !
Le vernissage de mon expo à lieu le 26 Février. Je me démène avec mon attaché de presse (Hugues Bourgeois!) pour faire imprimer les photos au meilleur rapport qualité prix et pour inviter le maximum de personne. Grâce à Joël Marc, j'ai pu rencontrer Thierry Leclerc sur Lô pour lui montrer mes photos. Dans la foulée, il m'obtient un rendez vous avec le directeur de l'alliance Française... J'ai même le droit à une salle fraîchement repeinte avec installation de cimaise...
Nous apprenons que Sarkozy arrive justement le 26. Quelle coïncidence extraordinaire ! Mon attaché de presse ne veut pas louper cette occasion, il en va de son honneur ! En partant de la théorie que nous sommes à cinq personnes de n'importe quel habitant du monde, Hugues va essayer de faire parvenir une invitation au président. Après une dizaine de coup de téléphone et une dizaine de mails il a enfin réussi. Nous sommes à une personne du Président mais on ne l'a jamais vu !!
Peu de temps après, la Marine Française débarque avec le bateau école « Jeanne d'Arc ». Hugues envoie un mail au commandant racontant qu'il est le frère d'Yves Bourgeois, réalisateur d'un film sur le Charles de Gaule. Nous sommes invités au cocktail, au milieu du gratin Capetownien. Au moment de partir, Hugues tient à remercier personnellement le commandant, il s'adresse à une « marine » en uniforme blanc, placée dans une rangée d'honneur encadrant une porte. Elle est ravie de le voir et nous attendait; nous somme invité à diner dans les salons privés et nous pouvons venir avec nos amis les Khuns : champagne rosé, bons vins, assiette de petits plats salés puis sucrés distribuée a chacun ; la grande classe ! On discute longuement avec le capitaine, Hugues est aux anges, dans une autre vie je le verrais bien : attaché de presse, ministre de la communication, relations publiques, ou acteur.....
La chance est de notre côté. Je visite toutes les galeries du Cape et une seule retient particulièrement mon intention. Je me prends à rêver : être exposée dans cette belle galerie spécialisée dans la photo, une vraie ! Avec à l'esprit, « qui ne tente rien n'a rien », je me jette à l'eau et dans un anglais un peu hésitant j'explique mon histoire et montre mes photos et tableaux. L'employé me répond que son patron revient du Mexique le lendemain, il me rappellera ! Je rentre au bateau persuadée qu'il n'y aura pas de suite. Le lendemain vers 10h du matin nous recevons un coup de fil de « Focus Contemporary », le patron est intéressé, il veut me rencontrer ! Une série de rendez vous après et 14 de mes photos atterrissent dans la salle principale de la galerie...
Vernissage, Alliance Française du Cape
Après l'Alliance Française, 14 de mes photos ont été prises par une très belle galerie du Cape
WWW.focuscontemporary.co.za
TOWNSHIPS du cape flat
Amoncellement de baraques (ou shacks)
faites de matériaux de récupération, au bord de l'autoroute qui mène à
l'aéroport, habitées par environ deux millions de noirs. Le démantèlement du
système de l'apartheid à partir de 1990 n'a pas fondamentalement modifié la
répartition de la population. Les noirs vivent majoritairement dans les anciens
bantoustans et dans les townships. Quartier à haut risque pour toute personne
étrangère. Des émeutes sanglantes ont éclatées dans ceux de Johannesburg suite
à une invasion par des réfugiés du Zimbabwe fuyant la politique de Mugabe...
Il existe une visite guidée ! J'ai
eu envie de la faire pour voir ça de plus prêt. Je me suis ravisée car j'allais
encore assister à une mascarade montée pour les touristes...
ROBBEN ISLAND
Elle fait partie des îles
prisons mais son histoire est encore fraîche. Son héros est en vie, véritable
symbole de paix et de liberté. A plus de 80 ans, il continu son combat
humanitaire.
Nelson Mandela y
séjournera 18 ans jusqu'en 1982, avant d'être incarcéré 8 autres années au Cap.
Le dernier prisonnier
politique fut libéré en 1991 avec l'abolition de l'apartheid.
En 1993, Mandela
reçoit le prix Nobel de la paix, partagé avec Frederik De Klerk.
Mai 1994, Mandela
devient le premier président noir d'Afrique du Sud et met en place la
commission vérité et réconciliation (voir absolument l'excellent film « In
my country » avec Juliette Binoche et Samuel L.Jackson).
En 1996 Robben Island
est déclaré musée national et en 1999, «world heritage site».
Ancien prisonnier expliquant les conditions de sa détention!
Adieu! Montagne et son "tablier" si caractéristique. C'est vraiment une superbe ville!
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Publié à 1:35 PM, le 27 June 2008, Afrique du Sud Mots clefs :
26 Janvier 2008
LE PASSAGE DU CAP DE BONNE ESPERANCE
Midi, la mer est calme, le ciel
nuageux, nous sommes au large du Cap des Aiguilles, la pointe la plus sud du continent Africain (35°S
20°E) et la
limite officielle entre l'Océan Indien et l'Océan Atlantique, cette ligne
imaginaire tant attendue. Après deux
jours et demi de navigation nous sommes fatigués par les quarts obligatoires le
long des côtes. Le passage du Cape de bonne espérance est prévu à minuit et
tout s'annonce bien.
Il fait nuit, le vent forci et nous naviguons prés
des côtes. Pour descendre l'Afrique il faut se situer entre 150 et 200 mètres
de profondeur donc à 8 ou 10 miles des côtes, là ou le courant chaud des
aiguilles parcours 90 à 230 km par jour. Pour franchir le Cap il est nécessaire
de se rapprocher d'avantage des falaises abruptes pour éviter les grosses
vagues dues à la rencontre des deux courants : celui venant de l'Océan indien
et celui venant de L'Antarctique. C'est la plus petite langue de terre au monde, séparant deux
phénomènes aussi opposés.
Je rentre dans la cabine faire le point avec
Hugues, en ressortant, dix minutes après, je ne voie plus rien, à peine l'avant
du bateau, nous comprenons assez vite qu'une épaisse couche de brouillard nous
entoure. Le vent forcit encore jusqu'à 35 nœuds, le radar est allumé pour
surveiller la côte et les cargos quand tout d'un coup le pilote décroche, nous
venons d'empanner, panique à bord pour remettre Lô dans le droit chemin et le
pilote en état de marche, la mer est formée mais c'est tout à fait gérable.
Soulagés de cette manœuvre achevée, nous soufflons quelques minutes au chaud,
dehors le vent est glacial. Un coup d'œil sur le radar et l'angoisse nous ressaisie à la gorge ; un énorme cargo est à
deux miles derrière, invisible à l'œil nu. On observe une tâche verte sur un
écran noir qui se rapproche dangereusement, toujours rien en vue, c'est le
vaisseau fantôme ! Hugues décide de l'appeler à la VHS, une fois, deux
fois, trois fois, enfin il répond : oui il nous voit, il va nous éviter.
Nous le surveillons, au bout de cinq longues minutes il dévie sa route et nous
contourne à bâbord. A 0,6 mile (soit 1km environ) nous ne le voyons toujours
pas, le brouillard est trop épais...
Le soleil se lève sur la montagne de la table. Les
quarante nœuds de vent nous empêchent de rentrer dans le Royal Cap Yacht Club
ou le vent souffle encore plus fort. Lô est enfin amarré au Cap Grace Marina
face au Waterfront : Petit port de pêche, chantier naval, centre
commercial, aquarium face à une colonie de phoque, vieux gréements et très
beaux bateaux... Nous sommes conquis par ce lieu original très animé. Cette nuit
à été la plus difficile : le Cap de bonne Espérance ne trompe pas. Avec la
sensation d'une mission accomplie nous dormons profondément toute la matinée
pendant que les enfants travaillent le CNED : le bonheur !!!
Au réveil nous retrouvons Joël et Dominique Marc
sur Marianne. Joël s'est inquiété de ne pas
nous voir arriver, il nous a cherché toute la matinée et s'apprêtait à prévenir
les Coast Guard (en passant le cap, Hugues l'a eu à l'iridium pour avoir des
prévisions météo pas géniales). On s'est écroulés avant de le prévenir... Ils
nous accueillent malgré tout à bras ouverts et nous promène en ville en passant
par le Royal Cap Yacht Club pour réserver une place que l'on aura jamais, vu la
largeur de Lô. Le vent est cyclonique dans cette marina, au dessus, la montagne
de la table est couverte d'un nuage caractéristique, très localisé, qui dévale
la pente telle une cascade. Cette montagne est au centre du Cap, on la voit a tous
les coins de rue. Elle engendre un phénomène étonnant de vents catabatiques qui balayent
la ville régulièrement.
Suivant l'emplacement les vents peuvent aller du simple au double. Quand dans
notre Marina il y a 35 nœuds en rafales, dans l'autre, le vent peut atteindre
70 nœuds (c'est ce qui a été enregistré
la nuit après notre arrivée).
Nous
tombons immédiatement sous le charme de cette ville cosmopolite à dominante
Européenne légèrement pimentée à la sauce Africaine.
Arrivant dans le port de Cape Town, frigorifiés et fatigués
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Publié à 6:08 PM, le 3 June 2008, Afrique du Sud Mots clefs :
Du 21 au 24 janvier 2007 à Port Elizabeth.
Durban - East London -
Port Elizabeth - Knysna
- Mosselbaai - Le Cap
Sont les escales possibles en cas de
mauvais temps.
Durban,
East London est la navigation la plus longue sans pouvoir s'abriter. Le puissant
courant et un coup de vent venant du sud peuvent lever d'énormes déferlantes.
Nous avons tous entendu parler des vagues scélérates qui peuvent atteindre 30 mètres de
haut ! Je vous cite un passage de Bernard Moitessier « la
longue route », à lire ou à relire :
« Ces
parages peuvent devenir dangereux (plus dangereux souvent que le Horn) à cause
de la mer provoqué par le courant des aiguilles. De nombreux yachts de 8 à 15
mètres s'en souviennent : Atom, roulé au large du Cap, s'est relevé rasé
comme un ponton. Awhanee a rencontré dans les mêmes eaux le temps le plus
terrible de sa carrière. Et il a connu le Horn. Marco Polo, Eve, Adios, Walk
About, Wanda, Marie-Thérèse II, d'autres encore, se sont fait retourner ou très
durement toucher entre Durban et Port Elizabeth, par les déferlantes d'un coup
de vent soufflant contre le courant des Aiguilles qui atteint cinq nœuds par
endroits. D'après les instructions nautiques, le secteur le plus dangereux se
trouve à l'accore sud-est du banc des aiguilles, ou les coups de vent fréquents
lèvent alors une mer énorme, renforcée par la rencontre du courant chaud et
salé venu de l'océan indien avec le courant froid (moins salé) de
l'Antarctique. »
Aujourd'hui
les systèmes météo sont plus perfectionnés, et nous sommes en communication
permanente avec Fred de periperinet. Le jour du départ de Durban, après trois
semaines d'attente, les récits catastrophiques sont présent dans notre mémoire et
sans même sans apercevoir véritablement l'angoisse s'insinue en nous.
La première nuit sera effectivement difficile, des grosses vagues pas très
hautes mais puissantes nous poussent dans des surfs interminables. Nous
atteignons Port Elizabeth, le vent est complétement tombé, la fenêtre durait
trois jours et nous n'avons pas le temps d'aller jusqu'à Mosselbaai (mouillage
plus intéressant). C'est le petit matin, une mer d'huile et des fous du Cap,
par centaines, nous escortent. Ils volent en escadron au ras de l'eau. Au loin
des dunes de sable, de temps en temps, un fou monte très haut (30mètres) et se
laisse tombé comme une fusée dans l'eau (200km/h). Ils ont une sorte d'airbag
au niveau du front pour amortir le choc.
Port
Elizabeth n'est pas une ville intéressante, il y beaucoup de grillages, de
portails et des gardes. La marina n'est pas géniale, Lô est amarré à un quai en
béton, à côté de Nureyev. La houle et le ressac ont raison de trois aussières.
Les pneus qui protègent la coque, laissent de vilaines traces noires et le vent
amène du sable à l'intérieure du bateau. Les gens sont heureusement très
sympathiques et nous rattrapons le coup en allant au « Addo Elephant
Park » voir
de nouveau les paysages Africains, des centaines d'éléphants, des zèbres,
autruches, phacochères, impala....on ne s'en lassera jamais !
Le
prochain port est Mosselbaai et la météo nous bloquera l'entrée. Nous avons
pris du retard dans le programme et c'est mieux comme ça nous fileront vers Cap
Town. A Mosselbaai il y a le musée Bartolomeu Dias avec la reproduction exacte
de son voilier qui est venu du Portugal par la mer. C'est là où il débarqua la
première fois et laissa une lettre dans un énorme tronc d'arbre. Ce tronc servi
de boite aux lettres aux navigateurs d'hier et d'aujourd'hui. Un petit retour à
cette glorieuse époque de découverte du monde avec un extrait du livre
extraordinaire de Stefan Sweig, « Magellan » :
« A travers les siècles, les gens de
mer racontaient tout bas que passé le cap « Non » la navigation était
impossible. Au-delà commençait immédiatement « la mer verte des
ténèbres » malheur au navire qui s'aventurait dans ces parages
mortels ! Sous ces latitudes, l'ardeur du soleil faisait bouillir la
mer ; les bordages et les voiles prenaient feu aussitôt et le chrétien qui
osait pénétrer dans le « pays de Satan », lequel était désolé comme
un paysage lunaire, était métamorphosé sur-le-champ en nègre... Aussi quel
triomphe lorsque Gil Eannes double en 1434 ce cap « Non », soi-disant
infranchissable...Ainsi le point mort est dépassé. Le Portugal n'a plus besoin de
faire d'efforts pour constituer ses équipages... Une nouvelle race d'hommes jeunes
et intrépides éclot soudain, auxquels l'aventure est plus chère que la vie...
Nous seuls, qui avons assisté à la conquête de l'air,... peut-être, sommes
capables de comprendre l'intérêt passionné, l'enthousiasme vibrant avec lequel
l'Europe accueille les brusques succès du Portugal. En 1471, l'Equateur est atteint...
En 1486, Bartholomeu Diaz, touche à la pointe sud de l'Afrique le cap de bonne Espérance,
baptisé d'abord par lui, sans doute à cause des tempêtes qu'il y essuie,
« Cabo Tormentoso ». Mais bien que l'ouragan ait déchiré sa voilure
et brisé ses mats, le hardi conquistador continue sa route. Il est déjà en vue
de la côte occidentale, d'où les pilotes musulmans pourraient facilement le
conduire aux Indes, lorsque son équipage se révolte : c'est assez pour
cette fois. Le cœur ulcéré, Bartholomeu Diaz doit faire demi-tour, renonçant
par la faute d'autrui à la gloire d'être le premier Européen à avoir frayé la
route des Indes, et c'est un autre Portugais Vasco de Gama, qu'à cette occasion
Camoëns glorifie dans des vers immortels. Comme toujours, le pionnier,
l'initiateur infortuné est oublié au profit du réalisateur plus heureux... (Le
Portugal) est devenu du jour au lendemain la première nation maritime du
monde... »

Les voyages de Diaz et Vasco de Gama, le découvreur inconnu et le premier a atteindre les Indes
Ce
que nous faisons est beaucoup moins glorieux mais nous évitons constamment la
révolte de nos deux moussaillons, en particulier « Sire Antoine Ier »
qui s'ennui de ses copains de Nouméa et qui surtout oppose une résistance quasi
quotidienne à travailler le CNED. C'est pourtant un bon élève, sérieux et responsable
mais le CNED est difficile, il a enchainé la 5ème et la 4ème
sans grandes vacances, et traverse une période de sa vie pleine de
contradictions. Nous espérons rencontrer des bateaux avec des jeunes de son
âge, cela lui ferait énormément de bien... La fin de l'année scolaire nous parait
beaucoup trop loin, nous devons nous armer de patience. La patience est une
qualité essentielle dans ce genre d'aventure ou nous sommes en permanence les
uns sur les autres, ou nous devons jouer le rôle de parents, copains, profs,
équipiers, mari, femme... Les enfants n'ont pas le recul nécessaire pour
supporter les mauvais moments, mais ils apprennent tous les jours un peu plus
sur le monde et sur eux. Nous tenons le coup en repensant déjà au chemin
parcouru, aux moments inoubliables que nous avons vécu, ensemble, et aux autres
découvertes que nous allons faire.
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Community against CRIME: A new social ACHITECTURE
Du 31 décembre au 19 janvier 2008
DURBAN, la ville Africaine du Kwazulu-NataL
Départ de Richard's bay le 30 dans la soirée et c'est bien la dernière fois que nous partons d'un grand port la nuit. Nous avons fait du slalom entre d'énormes cargos pratiquement toute la nuit. Les distances sont faussées, on a du mal à savoir si les monstres avancent ou s'ils sont au mouillage. Nous scrutons aux jumelles les feux de navigation: deux yeux, un vert et un rouge et il se dirige sur nous. Lô doit alors esquiver l'attaque mais il va deux à trois fois moins vite, heureusement, la bête nous observe aussi et ne veut pas notre perte, nous soufflons : un de plus de passé.
Arrivée en début de matinée, crevés, le port control nous demande de faire des ronds dans l'eau car l'entrée est étroite et un énorme cargo s'apprête à sortir. Le paysage est urbain, des rangées de buildings donnant sur d'immenses plages. Durban est connu pour ses vagues de surf, ses filets anti requins blancs et ses crimes...
C'est une étape pour attendre une autre fenêtre météo !
Nous sommes accueillis par Jean pierre, Lonie et Peter sur Aquarius. Peter est skipper, cela fait trois fois qu'il fait cette escale. Il nous donne les principales consignes de sécurité : Durban est une ville ou règne le crime ! 50 à 60 morts par jour (il faudrait que je vérifie ses dires...). IL faut se balader à plusieurs, marcher sur le bas côté de la route et pas sur les trottoirs bondés, le sac à dos porté devant soi et bien attaché, pas d'argent dans les poches, pas d'appareil photos. Pour notre première promenade, en sa compagnie, nous ne sommes pas rassurés, je ne résiste pas à prendre malgré tout mon petit appareil photo que je cache et dégaine l'air de rien...
On s'habitue à tout et nous finissons par circuler relativement librement dans les zones qui sont réputées sures.
On se croirait parfois à New York, entre la foule grouillante, les buildings, les voitures de police par centaine et les sirènes hurlant régulièrement. C'est une ville noire (dans tous les sens du terme). Les seuls blancs que nous voyons sont des clodos qui font la queue, tous les soirs à 17h pour la soupe populaire. Les autres Afrikaners ont déserté le centre et habitent des banlieues huppées, mais on ne les voit nulle part !
IL y a une énorme communauté indienne (800 000) qui détient la plupart des commerces. La communauté noire est majoritairement Zoulou. Durban est fondé par des colons britanniques, en 1835, sous le nom de Port Natal, elle compte trois millions d'habitants.
Vu :
- Ushaka marine world et son aquarium dans le super décor d'une reproduction d'un navire Espagnol du XVème.
- Surfer sur une fausse vague dans un énorme centre commerciale : le gateway mall
- La Durban art galery et le Bat center, haut lieux artistique
- Victoria's market et ses étalage de remèdes et d'animaux séchés en tout genre
- Des immenses plages où les gens se baignent agglutinés derrière les emplacements des quelques filets anti requin
- Centre de recherche et d'étude sur les requins
- Elton John en concert au Absa stadium
- ...

Rue Xuma

Troubadour Xhosa

Face au Royal Natal Yacht Club

Art Zoulou revisité
L'Afrique du sud compte 45 millions d'habitants dont 75% de noirs et 13% de blancs, les autres sont des « coloured » (les métis). Les « amitiés » entre les différents groupes ont encore beaucoup de mal a se faire...
- 20% de Zoulous,
- les Ndebeles du nord, aux maisons très colorées
- Les Xhosas de la région du Cap, qui parlent en claquant de la langue comme les bushmans (revoir « les dieux sont tombés sur la tête »). Nelson Mandela est un Xhosa.
- Les blancs sont des Afrikaners ou Boers descendants des colons Hollandais, ils parlent l'afrikans.
Le revenu moyen d'un foyer blanc est 12 fois supérieur au revenu moyen d'un foyer noir. Le taux de chômage chez les noirs est de 45%. Le fléau du SIDA touche prés de 6 millions de personne, l'espérance de vie qui était de 60 ans en 1994 a chuté à 43 ans. Et le SIDA touche particulièrement la communauté noire ou de nombreuses croyances persistent, comme celle d'avoir des rapports sexuels avec une vierge qui protègerait du SIDA. L'Afrique du Sud détient l'un des taux les plus élevé d'agressions sexuelles contre les mineurs. On ne peut pas résumer le problème avec ce genre de phrase, c'est beaucoup plus compliqué. Après 14 ans sans apartheid, le gouvernement n'a pas résolu tous les problèmes et la déception croit d'année en année au même rythme que la violence.
LES ZOULOUS
L'empire Zoulou ou « peuple du ciel » est fondé par Chaka, le Napoléon noir ! Il organise l'armée en une formidable machine de guerre, dominant la province du Natal et s'attaque aux colons Boers en 1838. Le 16 décembre, 3000 Zoulous périssent dans la bataille de « Blood River ». Loin de se décourager, entre 1839 et 1888, ils combattront les colons britanniques.
Ils sont une dizaine de million et respecte leur roi Goodwill Zwelithini, couronné en 1971. Après la chute de l'apartheid, il prononce un discoure devant 50 000 guerriers de l'A.N.C. de Nelson Mandela et évite une guerre civile entre les Xhosas ennemis héréditaire des Zoulous.
Le Roi GOODWILL ZWELITHINI
Aujourd'hui c'est un Zoulou qui est vice président de L'A.N.C. : Jacob Zuma est un personnage très controversé. Il est soupçonné de corruption et de viols ; il dénie le SIDA en prétendant qu'il suffit de prendre une bonne douche le lendemain d'un rapport douteux... Sa position politique et sa place dans le cœur des Sud Africains noirs le pose en principale favori pour la prochaine élection présidentielle en 2009. Il sera surement élu, les Xhosas perdront le pouvoir, les blancs ne l'aime pas. On ne sait pas comment réagira le pays. On sent que la tension monte. L'Afrique du Sud pourrait-elle devenir un pays comme le Zimbabwe ?
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
ZULU...Entre ombre et lumière
Du 22 déc. au 30 déc. 2007
Richard's bay, Zulu Kingdom
Une fois de plus Eole est là pour nous accueillir. La marina est
petite, nous devons nous mettre à couple avec un superbe voilier en bois, ils
sont 10 sur le pont à nous aider.
Richard's bay, le rendez
vous des voileux « tour du
mondiste »
C'est le temps des
rencontres et la satisfaction de retrouver une vie sociale. Nous retrouvons
Jeff et Chris et puis :
-Laurent sur Artabase.
Skipper professionnel, parti de Nouvelle Calédonie il y a quatre ans. Il a
traversé l'Indonésie, s'est arrêté un an à Mayotte pour travailler et descend
la côte Est de l'Afrique. Son amie, rencontrée à Mayotte est repartie en France
il y a seulement quelques jours.
-Jean Marc, Evelyne et leur fils de quatre ans, Corenthin
sur Nureyev.
Jean Marc est infirmier, depuis 20 ans sur l'eau, avec des arrêts plus ou moins
long pour travailler. Il a rencontré Evelyne (une fille de Lifou) en Nouvelle
Calédonie, ils reprennent la mer il y a quatre ans avec leur bébé de 1 mois.
- Christa et pascal sur Titom. Un couple de suisse qui navigue depuis 10 ans : WWW.titom.sh
Quel plaisir de reparler entre français. Les anglo-saxons
sont la plupart du temps adorables mais il y a la barrière de la langue et une
différence de culture et d'éducation qui rend la communication moins naturelle.
Les français et autres latins sont plus expansifs, rigolards, grande gueule...
Nous ne sommes plus seuls, et dés qu'une
fenêtre météo s'ouvrira, nous serons plusieurs bateaux à partir pour franchir
peu à peu le Cap de Bonne Espérance.
Le
seul intérêt de Richard's bay est d'être à deux heures de route de plusieurs
centre d'intérêt comme le Hluhluwe Imfolozi park et le Greater st Lucia Wetland
park classé patrimoine de l'humanité. C'est aussi le royaume des Zoulous et
j'espère bien en rencontrer quelques uns. Faute de festival ou d'événements
particuliers nous décidons d'aller au Dumazulu cultural village. La déception
est de taille, car ce « cultural » village, comme bien d'autres, est
recrée pour les touristes, il n'est même pas habité ! Je fais malgré tout
d'assez belles photos. Mais l'expression des visages restent inintéressante,
artificielle et je réalise à quel point
l'expérience de Goroka en Papouasie Nouvelle Guinée fut extraordinaire
d'authenticité.
Dans la
foulée nous allons à Hluhluwe Imfolozi pour tenter de voir les lions... Nous
parcourrons le parc dans notre voiture, les paysages sont d'une beauté plus
Africaine, les animaux sont là mais plus loin et nous comprenons que Mkaya au
Swaziland restera notre plus grande émotion. Nous avons la chance de voir un
groupe de lionnes se relaxant dans le lit d'une rivière asséchée, le spectacle
est à couper le souffle, la journée est gagnée...
Sur le chemin du retour j'ai envie de sortir des routes
principales et m'enfoncer dans le pays pour voir des vrais villages ! Quelle
idée ! Les routes sont en terre, sans signalisation et quand un
Sud-Africain te montre le chemin c'est immanquablement :
« Strrrrrraight, Strrrrrraight, Strrrrraight...» au bout de deux heures de routes défoncées,
dans l'immensité vide de l'Afrique, nous sommes perdus ! Le
soleil va bientôt se coucher et on se regarde sans rien dire. Surtout ne pas
paniquer ! Dans la tempête, il faut attendre et prier pour que cela passe
très vite. Enfin nos vœux silencieux sont exhaussés ! Une voiture passe et
nous décidons de la suivre pour retrouver un lieu de vie. Au bout d'un moment
la voiture s'arrête, un peu inquiets, nous lui expliquons notre problème, par
bonheur le conducteur super sympath nous guide jusqu'au bon embranchement. Nous
traversons des villages, les cases traditionnelles sont très rares et en
générale recouverte de tôle ou de bâches contre la pluie. L'Afrique est très
vaste, les cartes sont trompeuses et il vaut mieux rester sur les routes
principales...
Lionne Imfolozi
Tronc,Terre, Regard presque humain...Un Buffalo Imfolozi
Safaris
Case et Bouclier Zulu
Arbre et Savanne Africaine
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Parcours en rouge
21 et 22 décembre 2007
Vers l'Afrique du Sud
Traversée de deux jours et une nuit avec notre fameux courant du Mozambique qui nous porte. C'est grisant d'avancer à 9 nœuds avec seulement 12 nœuds de vent. La pêche est fructueuse ; deux énormes Maï Maï se jettent sur nos lignes, l'excitation bat son plein, Antoine est aux anges.
Nous approchons de Richard's bay, les cargos apparaissent les uns après les autres comme une haie d'honneur.
Nous arrivons dans un pays moderne et industriel.
Le défilé de cargos, remorquers et signalétiques maritimes
L'Afrique du Sud n'a pas bonne réputation: Les tensions raciales, le SIDA, les crimes....
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Publié à 1:24 PM, le 21 December 2007, Camisard Point Mots clefs : Carte et signalétique maritime
Maputo, du 16 décembre au 21 décembre 2007
Les murs se souviennent
Retour à Maputo le 16 décembre Non sans difficulté :
Le faux douanier !
A la frontière, du Swaziland au Mozambique, passé la file d'attente, le douanier nous demande de payer la taxe d'entrés au Swaziland et les visas pour le Mozambique. Hugues lui explique très calmement qu'on a payé la taxe 3 jours avant, malheureusement on ne lui a pas donné le bon papier qui le prouve! Et les visas on été payé à notre arrivée à la marina de Maputo ! Le douanier vérifie les passeports et affirme que nous n'avons pas de visa. Nous faisons appel au chef et au sur chef, pour leur expliquer notre histoire, ils ne veulent rien savoir et s'occupent de tous les autres, en nous plantant, là, comme des malfrats ! Une heure après, nous avons payé les visas 100 Euros au lieu de 100 dollars US ils n'ont rien voulu savoir sur la conversion, « ils ne sont pas banquier ». Nous échappons aux taxes.
Au moment de passer une autre barrière, un autre policier nous demande un autre papier. Retour à la case départ, complétement dégouté par ces Douaniers corrompus ou incompétents. Notre faute est de ne pas avoir le permis d'importation du véhicule que nous avons loué à Maputo, en précisant évidemment que c'était pour aller au Swaziland. Hugues fait mine de ne plus rien comprendre, l'air un peu abruti, et contre toute attente le douanier craque, signe le papier et nous laisse partir.
Dans la voiture, nous passons au crible notre passeport pour essayer de comprendre. En effet l'homme que nous avons vu à la Marina, en uniforme, nous à collé un tampon ridicule, daté du 14, alors que nous étions arrivé le 8. On nous avait pourtant conseillé de faire la clairance d'entrée à la Marina de Maputo et pas ailleurs. Le Mozambique est Ultra corrompu et la plupart des bateaux restent au large, au niveau des îles, qui sont superbes. On a jamais pu récupérer notre argent, les responsables de la Marina, dans le coup ou non, n'ont pas pu joindre le faux douanier.
Maputo
Autrefois Lorenzo Marques, ville Portugaise florissante.
C'était une des plus belles villes du monde!
Il reste d'anciens beaux bâtiments, proche du délabrement, englués dans un dédale d'immeubles insalubres et de rues à moitié propres. Mais c'est le charme de l'Afrique qui parle, la population est grouillante, les marchés sont étalés à même le sol, la police est omniprésente. En pleine journée, il n'y a aucun problème pour se promener.
Au centre ville, une seule avenue chic, avec des restaurants et des beaux hôtels ; un quartier d'ambassadeurs et de politiques occupant d'anciennes maisons coloniales, témoins d'un riche passé. Aux alentours, le contraste est saisissant entre les quartiers de «pauvres » et les zones, fermées à double tour, de superbes maisons ultra modernes.
Maputo est sur les starting-blocks depuis la fin de la guerre, les investisseurs (en majorité des « Sudafs ») sont venus investir, mais ils attendent, depuis 10 ans, le démarrage qui tarde à venir en raison des problèmes d'infrastructures, des catastrophes naturelles et du sida. On voit quelques immeubles entièrement transformés en centres commerciaux, avec à l'intérieure des boutiques de luxe !! vides !! Qui achète ?
Non loin de la marina un autre complexe, beaucoup plus ambitieux, vient d'ouvrir. Il comporte plusieurs bâtiments, une cour extérieure, une fontaine, des restaurants, des cinémas, des boutiques de marques internationales, et même un supermarché avec un choix de produits incroyablement diversifiés mais très cher pour le pays. Ce centre est animé, il y a du monde qui circule, surtout des locaux, probablement la haute société de Maputo.
Aux détours de nos pérégrinations nous découvrons la gare construite par Gustave Eiffel, superbe, Lorenzo Marques est là, sous nos yeux. C'est la nuit tombante, des camions ouverts, transportent, entassés, des dizaines de personnes arrivant ou partant on ne sait où ! A moitié rassurés nous faisons le tour de la gare. Un portail avec des gardes armés laissant passer une voiture, nous avançons comme des habitués du lieu, attiré par un son techno... et là ; de nouveau, une vision complétement décalé avec la réalité extérieure ; une scène, des spots, des chaises, des écrans géants, et des essais de musique techno pour un défilé de mode vers 21h. Maputo by night est branchée, nos voisins de ponton (des Sudafs !) adorent, surtout les bars à musique live. Pour nous, la vie by night est interdite, difficile de laisser les enfants seuls sur le bateau, la nuit. On ne regrette pas trop, car les journées sont extrêmement chargées et la nuit venue nous plongeons avec bonheur dans notre lit douillé. La chaleur est moite et les centaines d'énormes moustiques sont arrêtés par notre filet de pêche que nous installons dés 16h, grâce aux ventilateurs que nous avons achetés nous dormons comme des bébés.
Le 16 et 17, Une énorme dépression passe.
Quarante cinq nœuds dans la marina, il est 21h et nous passons la première partie de la nuit à placer des bouées entre le bateau et ce quai au ras de l'eau, vraiment mal foutu. Le vent souffle en rafales très fortes et nous pensons au linge ! Le matin nous avons donné notre lessive à un des gars de la marina. En fin d'après midi, les serviettes, draps, pantalons et autres on été déplacés sous des bateaux en cale sèche pour les protéger du mauvais temps qui arrivait. A minuit, contre le vent et la pluie battante nous allons leur rendre une visite ! vision d'horreur ! Tout est éparpillé sur le sol boueux... La lessive en bateau ce n'est pas simple ! Nous sommes pourtant très heureux d'avoir acheté (à Maputo !) une petite machine presque automatique, le problème est que hors des marinas il faut de l'eau. Et l'eau douce en bateau ce n'est pas simple !
Cette dépression nous retient 4 jours de plus et nous rappel que le plus dure nous est à venir : passer le
Cap Bonne Espérance.
Contact: le livre d'or ou huguesetpatriciabourgeois@gmail.com
Du 14 au 16 décembre 2007
Le Swaziland
Son Roi, les femmes du Roi et le Sida....
Au Swaziland il y a un roi, la mère du roi et les femmes du roi. Son effigie est partout, même sur les paréos qui entourent les hanches des autres femmes. L'indépendance fut proclamée en 1968 marquant l'aboutissement d'un long processus extraordinairement non-violent. Passer la frontière entre le Mozambique et le Swaziland, et la campagne devient propre, les routes sont bonnes, on sent que c'est un pays qui n'a pas connu la guerre. Le seul détail qui interpelle est le nombre impressionnant de panneaux publicitaires de prévention contre le sida. 34,6% des adultes de 15 à 49 ans sont séropositif (3ème pays au monde). L'espérance de vie à chuter de 58 à 33 ans et cette baisse vertigineuse continue. Ces chiffres record sont dus en partie à la polygamie. Après la mort du célèbre roi Sobhuza II en 1982, s'ouvre une longue période de lutte pour la succession qui met aux prises les 100 femmes du Roi convoitant la régence et les 67 fils prétendants au trône. En 1986 c'est Mswati III qui est couronné, il a aujourd'hui seulement 13 femmes, ce qui peut paraître un peu austère mais les temps changent et les mariages coutent très cher en tête de bétail et autres cadeaux.
Premier Safari
24 heures au « Mkaya Game park réserve », INOUBLIABLES. Rendez vous au bord de la route, un guide en range rover vient nous chercher, nous sommes huit ; un couple avec un enfant, Anglais, travaillant au ministère de la culture à Maputo ; un jeune, Néerlandais travaillant depuis 8 mois à Johannesburg (on dit jobur en Afrique). Nous le suivons au milieu de la savane jusqu'au premier camp, là, nous embarquons dans la range avec nos sacs, après une série de portails électrifiés nous arrivons au Lodge perdu dans la végétation, pas d'électricité, un ancien camp de chasse restauré, l'aventure commence. Nous allons faire trois game drive avec Tulanne, tout sourire, aimant les émotions fortes. Plus d'une fois, nous resterons pétrifiés, balançant entre la peur et la confiance aveugle que l'on donne ou non à un guide. Trois événements resteront gravés :
- A pied, face à deux rhinocéros blancs, ils sont pratiquement aveugles, mais bon!....
- Nous repérons un Rhinocéros noir, la star de la réserve car il est en voie de disparition. Un peu trop loin de la range, Tulanne décide de descendre seul ; le Rhino noir est plus agressif.... Son but : s'approcher de lui, et l'attirer vers nous en remuant son trousseau de clef. Nous assistons à la scène dubitatif, et d'un coup, le rhino se tourne et charge Tulanne qui se met à courir tel un champion de jeux olympique, il saute dans la voiture et démarre le moteur, heureusement le rhino s'est arrêté avant. Tulanne est mort de rire « jaune », il n'avait pas vraiment prévu le coup ; On n'est pas mort mais on rit quand même.... J'ai eu le temps de dégainer et mes photos n'on pas l'air floues, je soupire de bonheur !!!!!!!!!!!!!
- Le lendemain, à 5h du mat, sous un petit crachin, deux petites tortues, au bord du chemin, essayent d'agrandir leur monde, visiblement nous les dérangeons, et très en colère, elles partent se cacher, l'une sur l'autre, derrière un arbre. On en rigole encore ! Plus loin un troupeau d'éléphant, tout joyeux de cette fraicheur, contrastant avec la chaleur torride de la veille, s'amusent à se battre, à barrir, à balancer leurs trompe, à quelques mètres de nous... ils sont très curieux et à chaque fois s'approchent en se demandant ; quel est ce gros animal ? « tient je vais me frotter pour voir comment il réagit, et je me gratte, j'enroule et je déroule ma trompe, je regarde droit devant des yeux tout ronds immobiles » on n'ose plus bouger, à peine respirer, et Camille prend la photo, bravo ! l'éléphant s'éloigne OUF ! un autre approche, avec ses défenses ; il est à un mètre, baisse la tête et met ses oreilles en arrière ; Tulanne démarre et accélère en trombe, plus loin deux autres éléphants sont aussi très « joueurs », la range fait un écart à pleine allure, nous sommes sauvés. Au loin, les éléphants barrissent de joie de nous avoir flanqué la trouille à ce point !!!!!
Quel choc de les voir de si près!
J'ai des milliers d'images dans la tête!
Ils savent nous émouvoir au point de rester pétrifiés!
Du 8 au 21 décembre 2007
D'Inhambane vers Maputo.
La conduite à tenir est de descendre la côte en faisant des sauts de puces, en fonction des fenêtres météos. Nous quittons l'archipel des Bazaruto avec regret, une dépression approche, il est grand temps de faire un petit saut avant d'être bloqués trop longtemps. Lô va trop vite avec à une bonne brise de 10-15 nœuds et surtout grâce au courant, favorable, de 3 à 5 nœuds dans la zone des 150 mètres de profondeur. Nous passons la nuit à essayer de le ralentir afin d'arriver aux alentours de 11h, à l'entrée du chenal qu'il faut passer à marée haute. Encore des bancs de sable à contourner, un vrai labyrinthe, les yeux collés au profondimètre.
Inhambane, « Punta da Linga Linga »: une dépression passe.
Le ciel est menaçant, le vent pas trop fort, les grains pas méchants, mais nous sommes bloqués en attendant de descendre plus loin, vers Maputo. Le problème de ces dépressions est qu'elles engendrent un vent de sud sud-ouest à l'opposé du courant. La rencontre entre le vent et le courant forme la mer, les vagues, puis les grosses vagues se transforment en déferlantes, elles peuvent surgir de nulle part, sans crier gare.
Le fait d'avoir des moments de pose, sans rien faire d'extraordinaire, est plutôt reposant et enrichissant. Nous en profitons pour travailler le CNED, sans la frustration de louper quelque chose. Je digère nos aventures et toutes les informations reçues par mon cerveaux et mes yeux, je mouline, je me réveille à l'aube et je pense, je pense à mon carnet de voyage, aux images que je veux construire pour rendre compte de la perception que j'ai eu d'un endroit, d'un moment passé, d'une rencontre. Nous avons pris deux ans, pour faire le tour du monde, c'est beaucoup et en même temps c'est rien du tout comparé à l'immensité du monde. Nous sommes de passage et je dois essayer de percevoir et de sentir les particularités liées au pays, en un minimum de temps.
Nous sommes prés d'un village et non loin d'une énorme villa de vacances à louer, tenue par des Sud Africains venu de Pretoria, nous en croisons d'autres venus de Johannesburg. Nous évoquons de nouveau les problèmes du racisme, de l'insécurité et des jeunes, blancs, désirant quitter le pays et faire leur vie ailleurs.
Ce séjour de quatre jours sera marqué dans ma mémoire grâce aux oiseaux et surtout aux flamands rose que je vois pour la première fois. J'adore observer leur vol majestueux. Ils sont magnifiques et c'est là tous le charme de l'Afrique.
Notre fenêtre s'ouvre le 7 décembre. Nous partons confiant.
7 décembre, Trois heures après le départ, le labyrinthe de sable est enfin derrière nous mais le vent est de face avec une force relative de 17-20 nœuds. Les prévisions de Fred ne sont pas au rendez vous, peut être que le vent tournera, dans quelques heures... A la tombée de la nuit nous prenons deux ris dans la grand voile, au cas où, pour passer une nuit la plus sereine possible.
Nuit noire, mer très agitée, vagues de travers avec déferlantes à l'écume phosphorescente.
Le vent forcit, il passe de 20 à 25 puis 30 nœuds, une demi-heure après avoir diminué la voilure. Nous passerons notre nuit la plus agitée depuis notre départ. Le problème n'étant pas la force du vent mais les vagues de travers qui ballottent le bateau, parfois, au point de tout chavirer à l'intérieure. Un problème de pilote automatique m'oblige à tenir la barre de temps en temps pendant que Hugues harnaché, la tête dans un coffre de la jupe arrière, resserre les boulons du pilote. Dans ce cas, il ne faut pas réfléchir et agir. Le matin, avec la lumière du jour, tout devient moins impressionnant et les esprits s'apaisent. Nous mouillons à Maputo à l'entrée de la Marina, il est 20h, le bateau est dans un état lamentable de désordre et d'humidité, mais nous apprécions l'immobilité du calme. Le fond de l'air est frais (c'est le vent du sud qui vient de l'Antarctique), nous nous écroulons heureux d'être à bon port, demain, réveil à 5 heure du matin pour entrer dans la marina à marée haute.
MAPUTO, une marina incroyable.
9 décembre, 10h du mat, Antoine se rend au toilettes, 10 minutes passent et un cri d'effroi déchire notre tranquillité, je me précipite à sa rencontre, il me montre la cuve remplie d'un liquide visqueux noir. Après un bref interrogatoire pour essayer de comprendre l'origine de cette horrible vision, je mets le nez à l'extérieure du bateau, nous sommes dans à peine 10 cm d'eau vaseuse. A 11h Lô est posé sur de la vase, plus une goutte d'eau autour des quelques bateaux qui nous entourent. Lô va bien et on trouve ça plutôt amusant, le seul inconvénient majeur est l'utilisation des toilettes, interdit de tourista pendant notre séjour.
Atterrissage en Afrique
27 novembre, nous sommes en Afrique, notre aventure prend une autre dimension, immensité des paysages, dunes de sable, et la faune qui nous attend, cachée, nous avons hâte de rentrer dans le vif du sujet. En attendant, le ciel se couvre, la météo est prise, demain une dépression s'abat sur nous, 25 à 30 nœuds. Fatigués nous restons sur le bateau à ranger, se reposer et admirer les pêcheurs et leurs pirogues à voile colorées.
28 novembre, une dépression passe.
30 nœuds de vent au mouillage, le bateau bouge, on se croit encore en navigation. Le rivage est trop loin, on ne peut pas aller se rouler dans les dunes de sable. Depuis le 22 novembre sur le bateau, soit 7 jours et 6 nuits, il faut parfois être philosophes et se dire qu'on est mieux ici qu'en pleine mer, arrivée 12 heures avant un coup de vent, c'est une chance ! Au programme : CNED pour les enfants et étude météorologique pour nous. Avant de se lancer dans le passage du Cap de Bonne Espérance nous essayons de comprendre le passage des trains de dépression qui avancent à 20 km par heure et font des oscillations, les changements de direction de vent indiquent l'emplacement du bateau par rapport à la dépression. Nous apprenons par Fred qu'il y a eu un gros coup de vent, hier, à Durban, 100 nœuds dans le port. Cela parait incroyable, mais nous avons eu par la suite, la confirmation que cette dépression à fait beaucoup de dégâts, des bateaux ont démâtés à l'intérieure même da la marina. On se dit que cela reste un événement exceptionnel, mais l'appréhension reste au fond de nous, heureusement qu'il y a Fred et les autres. Nous naviguerons par sauts de puce, le prochain est prévu pour le 2 décembre, vers Maputo, 300 miles à parcourir en deux jours.
Ilha do Santo Antonio
29 novembre, navigation à l'intérieure d'une baie immense, aux abords de l'archipel de Bazaruto, les côtes du continent sont très loin. Il y a au plus 4m d'eau et nous sommes obligés d'avoir l'œil sur le profondimètre et les cartes pour éviter les bancs de sable émergeant à 0,5m, heureusement c'est la marée haute. Mouillage dans 2m, face à un hôtel de luxe en reconstruction complète à la suite d'un cyclone survenu en mars dernier. Lodge de style purement africain en parfaite harmonie avec la nature, à peine visible de la mer. Des pirogues, des boutres, une population de pêcheurs, femmes et enfants, souriants, accueillants, vivent comme si le Lodge n'existait pas. Plages de sable blanc, dunes de sable blanc, banc de sable blanc, petite végétation de savane éparse au centre de l'île, il n'y a plus un souffle d'air, le décor est paisible et bien mérité. Des multitudes d'oiseaux, petits en groupe, grands solitaires, des cormorans noirs retiennent mon attention, posés sur l'eau ils plongent, restent longtemps immergés et ressortent loin devant. Nous posons le pied à terre, la tête tourne au contact de cette surface solide, immobile, nous sommes en Afrique.
Shambala et Regal sont à côté. Regal, le catamaran d'un couple de Sud Africains, Samantha et Norman, arrivés depuis trois ans au Mozambique. Au couché du soleil, nos voisins sont invités à prendre l'apéro, les Sudafs nous racontent le Mozambique et l'Afrique du Sud. Les Afrikaners investissent beaucoup au Mozambique, depuis la fin de la guerre, malheureusement le pays a du mal à sortir la tête de l'eau entre la corruption, le sida et les catastrophes naturelles. En Afrique du Sud les tensions ethniques sont très présentes et la tendance s'inverse, les jeunes blancs ont du mal à trouver leur place dans cette nouvelle société en construction.
1er décembre, Clandestins à Vilanculos.
Nous devons absolument faire du ravitaillement et poster les devoirs du CNED. Nous avions prévue de faire un stop, de jour, à Majunga (Madagascar), mais c'était trop compliqué et risqué ; par l'intermédiaire du serveur sailmail, nous avions appris le piratage d'un bateau, en pleine nuit. On nous a fortement déconseillé de faire la clairance d'arrivée à Vilanculos, c'est très long et très cher, il vaut mieux attendre Maputo où la corruption est moins importante et les gens de la marina s'occupent de tout. Geoff et Chris ont décidé de ne pas faire les formalités d'entrée au Mozambique et donc de ne rester que dans les îles, ils viennent avec nous car eux aussi sont en rupture de nourriture fraîche.
Nous accostons sur une plage à l'écart, on commande un taxi grâce à un hôtel qui veut bien jouer le jeu. A toute vitesse nous allons au distributeur tirer du liquide, il y a beaucoup de monde, la banque est à cour de metical, on ne peut pas avoir plus de 3000 Mt, c'est peu, apparemment ! Nous fonçons au DHL, petit bureau au fond d'une pizzéria (explications données par Samantha), puis au marché ou nous achetons en un temps record des légumes et enfin dans un magasin où heureusement ils prennent la carte bleue car nous n'avons déjà plus d'argent ! La ville à un air de Méditerranée, tout est écrit en portugais et puis au détour d'une rue, on aperçoit, un pâté de cases toutes petites et toutes rondes. Les dégâts causés par le cyclone du mois de mars sont encore bien visibles. En deux heures, l'avitaillement est fait, les devoirs du CNED sont envoyés et aucun policiers n'est venus nous demander nos papiers, nous rentrons tout contents.
Patricia et Hugues sur Lô Chris et Geoff sur Shambala
Publié à 11:53 AM, le 26 November 2007, Mozambique Mots clefs :
du 22 novembre 2007 matin au 27 soir
Levé de lune, sur le Canal du Mozambique,
5 jours et quatre nuits.
22 novembre 2007, nous quittons Madagascar.
Point GPS : 15° 59 S
045° 19 E
Vent : Est Nord-Est
11 nœuds
Pression : 1020 milli bar
Nous
écoutons à la BLU, Fred, un radio amateur qui donne la météo, tous les matins
et tous les soirs, aux voiliers qui le demandent. Pendant une heure le bateau
vit au son de la friture radiophonique, on discerne des noms de bateaux, leurs
positions GPS, des directions et des forces de vent, Fred énumère inlassablement,
en anglais, les prévisions météo et les bonnes fenêtres pour aller d'un point à
un autre. La zone du Canal du Mozambique est délicate, surtout en descendant
les latitudes à l'approche du Cap de Bonne Espérance. Apparemment il y a une
dépression tropicale vers les Chagos qui se dirige vers le nord de Mada, la
saison des cyclones commence, il est temps de partir ! Il nous faut deux nuits de navigation pour
parcourir les 300 miles nautiques qui nous séparent du Mozambique. Le vent est
parfait, la mer est plate, cela faisait longtemps que Lô n'avait pas secoué ses
grandes ailes. Couché de soleil absolument extraordinaire et du Tazar dans nos
assiettes, quoi demander d'autre ! De Madagascar je retiendrais, pour
longtemps, les plus beaux couchés de soleil que je n'ai jamais vu et les
boutres à plusieurs mats, ces bateaux qui nous renvoient au charme d'une époque
ancienne.
23 novembre, Mer d'huile.
Shambala est loin devant, Lô aime le vent.
C'est toujours impressionnant de se retrouver posé sur une eau plate, immobile,
imposante, sombre, visqueuse, au milieu de rien, le regard entre ciel et mer,
même pas un nuage pour l'accrocher. D'un seul coup, une petite brise se lève,
s'étire et vient rider cette surface, bleu profond, brillante sous le soleil
levant. L'impression pesante fait place à la légèreté, deux pailles en queue
nous accompagnent pour fêter ça.
24 novembre, nous décidons de repartir.
Arrivée
à la tombée de la nuit aux abords d'une petite île, un superbe levé de lune
nous accompagne mais le vent et la mer se lève, le mouillage n'est pas sûre, à
côté d'un d'énorme récif, un fort courant pousse le bateau malgré l'ancre. Nous
décidons de repartir et passer la nuit en mer. Par mauvais temps, un bateau est
plus en sécurité au milieu de l'eau que ballotter entre deux récifs. Je suis
malade (probablement une intoxication alimentaire) depuis la veille et ce
contretemps ne m'enchante pas. Nous prenons la direction de Quelimane. Le 25
novembre, vers midi nous réalisons qu'on ne pourra pas atteindre
l'objectif avant la nuit, le mouillage
n'a pas l'air facile : c'est une petite ville située à 13 miles, à
l'intérieure d'un bras de mer, il n'y a pas beaucoup d'eau et l'entrée se fait
à marée haute. Changement de cap vers les « Ilhas do Bazaruto ».
« Maman, quand est ce qu'on s'arrête ?? ».
26 novembre, le moral dans les basquets.
Le vent
tourne pour nous faire face, et retarde notre arrivée sur le Mozambique,
la navigation est pénible et le morale dans les basquets.
27 novembre, très loin de la plage.
Fin de matinée, terre en vue, elle est loin,
c'est gigantesque comparé à la carte. Le vent tombe ! On se traine,
l'accès est difficile, au milieu d'immenses bancs de sable à fleur d'eau, l'œil
rivé sur le profondimètre. Nous jetons l'ancre vers 14 heures, face à de larges
dunes de sable mais loin, très loin de la plage, il n'y a pas assez d'eau pour
se rapprocher...
Publié à 1:34 PM, le 21 November 2007, Camisard Point Mots clefs :
Du 5 au 9 novembre 2007
Nosy Komba l'île aux Lémuriens
Deux jours devant un village vivant en harmonie avec les touristes, qui restent peu nombreux et complètement intégrés au paysage. Des maisons d'hôte et des gargotes se confondent avec les cases des habitants, des petites boutiques d'artisanats et des nappes brodées blanches flottent au vent, délimitant des allées où circulent visiteurs et villageois. La majorité des touristes à Mada sont français et Italiens. Le soir les lémuriens descendent de la forêt pour venir se réfugier dans les branches d'un gigantesque manguier. Se sont de vrais peluches vivantes, très attachantes, nous résistons à l'envie d'en prendre un sur le bateau.
Le 8 novembre, Antoine a 13 ans, on s'offre un diner de maître au Tsara Komba, un hôtel somptueux. La note est salée : 278 000 Ariary, une vraie fortune sachant que le salaire d'un marin est de 300 000 Ariary soit 150 Euros par mois! Il me semble que le salaire moyen est encore plus bas.
Nosy Tanikely des poissons par milliers
Le 10 en rentrant sur Hellville pour faire la clairance de départ, nous passons par Nosy Tanikely une réserve maritime où on ne peut pas passer la nuit. J'ai rarement vu autant de poisson, en banc serré, navigant comme une banderole flottant dans le vent. On s'amuse à plonger au milieu, pour se retrouver complétement encerclé. Il y en a de toute les couleurs, des plus petits prés de la plage au plus grands vers le tombant. Même venant du Pacifique j'ai trouvé ça extraordinaire.
Nous devons quitter Madagascar avant la fin Novembre et la saison des cyclones. Notre programme est de descendre les côtes en navigant de jour sauf pour aller de Moramba bay à Maintirano (4 à 5 nuits suivant le vent) et de Maintirano à Morondova (2 à 3 nuits). Les distances sont très longues, le courant est contre nous, le vent n'est pas au rendez vous sauf la nuit ou la brise de terre se lève dans le sens opposé au vent de mer.
Moramba bay
Du 15 au 17 novembre
Moramba bay : la baie d'Along des Malgaches
Mes premiers baobab ; là, perchés sur des rochers, devant nous, majestueux presque mystiques.
Des baobabs plantés sur des rochers, en bordure d'une plage de sable blanc. Leur présence mystérieuse, spirituelle, presque humaine donne au site un coté magique. Quand les nuages gris avancent devant un magnifique couché de soleil, c'est à couper le souffle. Je les regarde pendant des heures pour m'imprégner de leur majesté. Nous explorons la baie parsemées d'énormes rochers, nous nous enfonçons dans les recoins de végétation dense et là, le moteur coupé, l'oreille tendue, sans bouger, nous attendons : le chant presque entêtant d'un perroquet noir, la maman lémurien avec son petit qui la suit partout, l'aigle perché, des oiseaux long, gris et blanc... c'est la magie de la nature sauvage !
Rencontre avec Shambala
Mouillé à côté, un monocoque de voyageurs, le premier que nous croisons. Geoff and chris, des Australiens partis depuis quatre ans. Ils ont fait les îles Salomon, la Papouasie Nouvelle Guinée, l'Indonésie, Singapour, Pucket (deux mois après le tsunami), Ceylan, l'Inde, le Kenya, la Tanzanie, Zanzibar puis Madagascar. Ils comptent traverser le canal du Mozambique dans sa partie la plus étroite, c'est-à-dire au niveau du Cap st André. Nous réalisons que c'est effectivement la meilleure solution. Suivre les côtes de Madagascar s'avère très pénible, sans vent et le courant contre nous. De l'autre côté, le courant s'inverse, le vent souffle et la découverte d'un autre pays s'offre à nous. Nous décidons de suivre « Shambala » (qui veut dire en sanscrit : lieu de paix, de bonheur et de rencontres...), les enfants sont contents d'avoir de la compagnie. Nous sommes ravis de cette décision, d'autant plus que 24h après, Geoff et Hugues passeront la matinée dans les cales des moteurs de Lô, pour régler un problème de chargement des batteries. Avec les panneaux solaire comme seule source d'énergie, nous aurions été mal, surtout pour les grandes navigations ou l'ordinateur et le pilote automatique marchent en continue. Je ne sais pas si Geoff était aussi content que nous de cette rencontre !
Publié à 9:52 PM, le 14 November 2007, Madagascar Mots clefs :
BREF HISTORIQUE-BREF HISTORIQUE- BREF HISTORIQUE-BREF HISTORIQUE- BREF HISTORIQUE-BREF HISTORIQUE- BREF HI
Découverte par les Portugais.
Diégo Dias, navigateur portugais découvre les côtes de Madagascar. C'est le premier à contourner le cap de Bonne Espérance qu'il appela Cabo Tormentoso (ou Cap des Tempêtes) où son navire disparait en 1500. Au cours du XVIIe siècle des comptoirs à épices Portugais et Français sont fondés.
En 1885, la France se fait attribuer Madagascar.
Louis XIV proclame la souveraineté Française sur le territoire malgache baptisé alors Île Dauphine. Ils persiste néanmoins deux communautés très fortes et énemies : les Mérinas des hautes terre et les Sakalavas. Dans les années 1800 les Britanniques essaient de s'implanter et la rivalité avec les Français gagne en intensité vers 1856. En 1885 la France se fait attribuer Madagascar au congrès de Berlin, elle donne en contrepartie toute liberté sur Zanzibar à la Grande Bretagne. Diégo Suarez devient la plus grande base navale de la région, protégeant la route de l'Indochine.
Indépendance en 1960.
Le pays accède à l'indépendance en 1960. Après une décennie de stabilité, l'île est ébranlée par de graves troubles politiques et sociaux qui l'avènement d'un gouvernement révolutionnaire communiste jusqu'en 1991 puis de 1996 à 2001. L'élection présidentielle de décembre 2001 marque le début d'une nouvelle crise politique qui s'enlise pendant des mois, le pays connait une importante crise économique. Depuis 2002, le président Marc Ravalomanana tente de relever le pays en prenant une série de réformes de fond et de mesures symboliquement fortes. Ainsi en juillet 2003 le franc Malgache est remplacé par l'Ariary (monnaie traditionnelle malgache). Une campagne de lutte contre la corruption est mise en place. Le président donne l'autorisation aux étrangers d'accéder à la propriété foncière pour attirer des investisseurs, mais cette mesure reste impopulaire.
Publié à 7:03 PM, le 2 November 2007, Madagascar Mots clefs :
Nosy Bé, Hell Ville, au royaume des 4L et des Zébus
Après une nuit aux îles Mitsio, nous repartons vers Nosy bé, lieux « hautement » touristique de Madagascar.
Hell ville, du nom du gouverneur du pays Bourbon (la Réunion aujourd'hui) venu en 1841 protéger la population face à la menace des armées Mérina. Cette ville a un charme que j'adore dés les premières minutes. Une large rue bordée de bâtiments anciens à l'architecture coloniale. On se croirait, à la fois en Afrique, au Vietnam ou en Inde. Au bout de cette rue (nommée « cour de Hell »), une place où se croise une population aux multiples moyens de locomotions. Campagnards menant des troupeaux de zébus, citadins branchés portables à la main, femmes voilées déambulant, femmes maquillées d'un masque de beauté à l'argile jaune. Mes yeux sont sans cesse stimulés par des sujets de photos, mais le temps de pointer mon objectif et le bel instant est passé, alors il faut traquer son personnage et attendre un nouvel instant.
Attention aux photos!
Dés notre arrivée au ponton du petit port, nous sommes assaillis par des jeunes qui veulent garder notre annexe et nous proposer de multiples services... Nous devons faire la clairance au poste de police, petite baraque en tôles ondulées peinte en bleu et blanc avec un drapeau flottant au bout d'une branche en bois. Je dégaine mon appareil photo et Bernard (un ami de Bartosch) se jette devant moi : « surtout ! ne fait pas ça ! à Mada comme en Afrique on ne peut pas prendre en photos les bâtiments officiels ». Je reste dubitative devant une telle réaction.
Assise devant le policier au regard vide et lent, très lent, nous attendons qu'il veuille bien sortir ses quatre tampons pour décorer nos quatre passeports. D'un coup, il se lève, son regard s'anime, devient féroce, il nous pousse (le bureau fait trois mètre carré) et crie en direction d'un couple d'Italien, caméra à la main. Nous devons sortir et laisser les « malfaiteurs » s'expliquer avec notre policier devenu méchant. La discussion houleuse se terminera par un coup de poing donné par l'Italien sur le vieux bureau en ferraille. Le policier récupère la K7, et nous dit d'un air outré que c'était vraiment une drôle d'idée de filmer un poste de police. Deux heures après, les quatre tampons sont imprimés sur les quatre passeports mais il manque la signature du chef il faut donc laisser les passeports ou attendre encore... Nous prenons le risque car nous sommes liquides et affamés...
"Les cigales" de Hitchcock!
Nous rentrons le soir épuisé par cette ville grouillante et poussiéreuse. Il ne pleut jamais, le soleil est là, présent, ardent. Le bruit est constant avec de puissantes vagues sonores formées par un chant de cigale plus strident et profond que nos petites cigales toutes mignonnes... Elles sont énormes, comme de gros papillons de nuit, elles atterrissent à l'intérieure du bateau, se cognent aveuglées par la lumière et poussent des cris incroyablement horrible, un vrai film d'horreur, a chaque fois c'est la panique à bord, les enfants poussent des hurlements et se cachent sous des draps. Heureusement le loup de mer est là pour nous sauver, il peut les prendre dans la main, les rejeter dehors et installer une énorme moustiquaire donnée gentiment par des pêcheurs aux « sans culotte » (un poisson minuscule, Réunionnais, qui se prend avec un filet fait d'une immense moustiquaire teintée avec une essence de bois).
Publié à 3:20 PM, le 1 November 2007, Madagascar Mots clefs :
Levé de Soleil - Couché de Lune Levé de Soleil - Couché de Lune Levé de Soleil - Couché de Lune Levé de Soleil - Couché de Lune Levé de Soleil
Entre la réunion et Madagascar, 690 miles, direction Nord, vent de S-SE, 5 jours et 4 nuits.
Départ de la Réunion à 6h le 24 octobre. Une grosse houle de Sud Sud-est nous accompagne, le vent de 15 -20 nœuds nous pousse tranquillement vers le Nord. Un peu fatigués par le stress de ces derniers jours, nous laissons juste le phoque qui suffit largement à nous tirer, un jour et une nuit calme, juste le bruit du vent , des vagues et du bateau glissant sur l'eau. La houle de travers chavirant le bateau de gauche et de droite met à rude épreuve nos centres d'équilibre. Le travail d'amarinage commence, la traversée entre l'île Maurice et la Réunion ne durait que 36 heures, pas le temps pour l'organisme de prendre de nouveaux repères. Il faut deux à trois jours de navigation pour faire entendre à notre oreille interne le doux bruit du roulis. En attendant, repos, grignotage et air salin sont au programme, on verra pour le CNED plus tard.
Le 26, la mer est calme, le vent vient du Sud, nous allons au Nord grâce à deux voiles en papillon devant (un phoque et un génois). Il fait beau, les enfants sont au travail, l'organisme a pris sont rythme et la vie aussi, le temps passe très vite.
Le 27, deux Maimais mordent aux deux lignes, en même temps, c'est l'euphorie sur le bateau. Antoine fatigue le poisson à la canne à pêche, et le remonte, c'est son premier trophée de pêche au gros, il est très fier et heureux.
13H Terre en vue !! S 15°.03 E 50°.50. Pendant 24h une immense île au loin dans la brume nous suivra. Lô reste au large pour passer des nuits calmes, loin des zones de pêche, en ligne directe sur le Cap d'Ambre réputé difficile à passer. La décision est prise de s'arrêter à Diego Suarez passer la nuit et repartir le matin de très bonne heure.
Le 28, les vagues se creusent, le vent se lève, il fait beau et lô s'amuse à surfer sur quelques déferlantes de trois mètres environs. C'est impressionnant au début mais Lô est parfait, il ne tape pas, passe en douceur, le pilote automatique gère les vaques à merveille. Nous guettons l'étroite passe de Diego Suarez, menant à la deuxième plus grande baie du monde après celle de Rio. Décidemment les dieux ont décidés de nous accueillir, en terre nouvelle, par un chemin tumultueux. Arrivée à 14h à l'entrée de la baie, sous 40 nœuds de vent, nous soufflons 24heure. La clairance d'arrivée et les formalités de douane n'étant pas faite, nous restons à bord. Les conditions de mouillage sont incroyables, le vent ne tombe pas et monte en rafales de 42 nœuds, la mer est plate de couleur verte, vue sur un énorme rocher : le mamelon d'Ankorika.
MADAGASCAR Premières rencontres : les Boutres.
Le passage du Cap d'Ambre
Observation du vent: le phénomène de la brise de mer et le vent de terre est très marqué à Mada. La nuit le vent tourne et vient de la terre et le jour il souffle de la mer vers la terre, c'est une question de circulation des masses d'air chaudes. Notre plan d'attaque du Cap est fait.
Nous attendons, inquiets.
Le 30 octobre, levé à 4h du mat, vent de face modéré, moteur et phoque, la nuit est claire. 7 heure, la passe de la Baie de Diego est derrière, après avoir arrondie les récifs nous prenons enfin la direction du Cap, pour avoir le vent de travers, la mer est grosse. L'astuce est de se rapproché au maximum des côtes pour avoir une mer plus plate, au large des courants contraires se rencontrent et forme d'énormes vagues. Notre question est de savoir si les conditions s'empirent à la pointe.
Nous attendons, inquiets. 8h30, changement d'amure (phoque de tribord à bâbords), nous venons de passer le Cap, à 9 nds, juste un petit phoque devant, la mer est démontée mais de manière raisonnable, Lô passe bien avec ses longues jupes arrières qui retiennent les déferlantes. Le passage difficile se situe avant l'arrondi du Cap d'Ambre.
A 9 heures, nous faisons notre entrée dans la Canal du Mozambique, la mer est incroyablement plate avec un vent fort de 40 nœuds, moment de voile exceptionnel. Les paysages sont magnifiques, le ciel est bleu profond, nous croisons deux énormes cachalots, au Cap d'Ambre, c'est quand même une grande chance ! Lô perturbe régulièrement la tranquillité de centaines de poissons volant bleu turquoise.
Cette journée est un cadeau, haute en émotions de tout genre, je ne résiste pas à vous donner un passage du carnet d'Antoine :
« Vers 8h30, nous apercevons un puissant jet d'eau sortant de l'eau et tout à coup une énorme nageoire dorsale s'extraire de la mer, nous réalisons alors que se sont deux cachalots, une femelle et un mâle. Une demie heure après, une patate au milieu de nulle part se situe devant nous, soudain elle bouge, c'est une tête de tortue, elle nous montre ses yeux rouges tels une lumière d'un couché de soleil, c'est alors que toute sa famille, au moins une quinzaine de tortues longent le bateau comme si nous étions de simple être de la mer ce qui est le cas. Des dauphins ainsi qu'une centaine de poissons volants accompagnèrent ce merveilleux spectacle ».
Nous jetons l'ancre à Nosy Hara, île merveilleuse couverte de falaises et de plage de sable blanc. Des « paille en queue », oiseaux blanc à longue queue tournent autour du bateau, se découpant dans un ciel bleu foncé. Nous descendons à terre à la rencontre d'un groupe de pêcheurs venus juste passer la nuit, un boutre les attends prête à repartir. Des poulpes sèchent au soleil, leur peau servira à faire des Sandeau pour tirer des flèches. Après dix minutes de conversation, Doud le pêcheur nous fait cadeaux de trois petites langoustes pour le diner, il en aura d'autres pour le lendemain. Le couché de soleil est grandiose, cette journée restera marquée à jamais dans ma mémoire.
Publié à 11:53 AM, le 29 October 2007, Madagascar Mots clefs :
3 octobre
Attention au Piton de la Fournaise!
Arrivée très chaude dans le port de St Pierre
au sud de l'île de la Réunion, la partie la plus ventée.
Après notre première nuit de navigation relativement calme, avec en vue les lumières de la réunion dés minuit. Au petit matin, face au port de la pointe aux galets à St Denis, nous décidons de continuer ; le port de St Pierre est plus sympathique situé en plein centre ville mais il faut pratiquement faire le tour de l'île en remontant le vent heureusement le temps est calme.
Vers 10H le vent et la mer se lèvent et se renforcent de minutes en minutes. Nous longeons pendant des heures une côte escarpée, brisée par d'énormes vagues et surmontée de magnifiques montagnes. Le vent souffle en rafales de 40 nœuds, à chaque pointe nous espérons St Pierre. Il nous reste à admirer les surfer et kite surfer s'amuser et venir nous faire un petit coucou...
Vers 16h, dans l'alignement du port nous avons un moment de doute ; le vent, les vagues, la mer blanche d'écume cachent l'entrée et si nous faisions demi-tour ?
Finalement, la grande voile affalée, au moteur, nous nous engageons dans le passage étroit, entre deux déferlantes, d'une marina, entièrement artificielle, construite dans une zone ou le vent et les vagues ne se calment jamais... En tout cas durant notre séjour ! C'est l'effet venturi (accélération du vent à la rencontre d'un relief) du Piton de 2632m.
Nous devons pendant ce séjour, récupérer les cours du CNED, visiter le volcan et un des trois magnifiques cirques : Mafate, Salazie ou Cilaos.
Impressionante coulée de lave!
Après avoir visité les paysages lunaires du volcan, un petit tour à la maison du volcan pour le programme de quatrième d'Antoine, nous étions super au point sur le volcanisme. Il faut savoir que les Réunionnais vivent sur de la lave qui se balade par ci par là à 100m de la surface et ça peut péter. Le risque est millénaire, centenaire ou bientôt selon les zones de l'île. Son gardien le respecte, Il faut être humble face à cette force de la nature ; la mer, il en a encore plus peur.
La coulée de lave d'avril 2007 est impressionnante. Une fissure c'est ouverte, beaucoup plus bas que le cratère, un jet de lave est montée jusqu'à 200 mètre de haut. Le volcan s'est vidé de son magma qui est retourné à la mer en passant par la route. Un des cratères du haut s'est effondré de 300 mètres provoquant des tremblements de terre. Les bulldozers travaillent encore d'arrache pied pour reconstruire, la seule route qui fait le tour, sur la coulée refroidie en surface. De notre point d'observation nous pouvons voir des fumeroles s'échapper par endroits.
Les routes les plus chères du monde!
Il parait que les routes de la Réunion sont les plus chères du monde, entre les éruptions au sud et les falaises qui s'émiettent au nord et au centre. En allant à St Denis Je n'ai jamais vu de filets aussi immenses, collés aux falaises, et autant de travailleurs suspendus à des cordes. On a tout le loisir de les observer car l'embouteillage, est un sport national. Impossible de prendre la voiture sans rencontrer de nombreux ralentissements voir des arrêts. Nous sommes réticents à l'idée de bouger et donc de passer des heures sur les routes en pleine chaleur.
12 octobre Le départ manqué
Ravis de partir de ce port ou siffle le vent.
Nous sommes amarrés au quai, en béton, qui est en fait une route, lieux de passage des promeneurs curieux mais néanmoins sympathiques et des fêtards dont les voitures se transforment en boite de nuit ambulante. Cette onde de basse qui arrive avant que la voiture ne passe et qui reste longtemps après, accompagnée de sons indéfinissables, est difficile à supporter. Le vendredi et le samedi soir l'onde n'a pas le temps de se dissiper qu'une autre arrive. Sans parler de la poussière.
Les derniers jours on été laborieux : Hugues au colmatage d'un hublot et divers bricolages, les enfants ont la tête dans le CNED et moi, je suis au soutien moral des troupes sans oublier de mettre à jour mon blog. Le soir venu, nous sommes épuisés mais content, l'ambiance est bonne et nous faisons la connaissance de gens supers sympathiques.
Départ à 7H du matin, le vent est déjà là mais on part quand même ! Au moment de passer le chenal très étroit du port, entre une bouée et un mur, Hugues laisse la bouée verte à droite pensant que Lô est trop large. C'est la catastrophe, marée basse de fin de lune descendante et nous touchons : une fois, arrêt, marche arrière, deuxième fois, demie tour, troisième fois. Nous traitons ce port de tous les petits noms d'oiseaux qui nous passe par la tête. Nous avons fait quand même l'erreur de laisser la bouée verte à droite et dans le code maritime c'est : «
Nous ne sommes pas les premiers à faire cette erreur. Mr Corneel, un grand navigateur, c'est laisser prendre, Hugues est soulagé. Le lendemain, sous nos yeux, un quillard s'échoue en voulant prendre une place, une rafale de vent le propulse sur le ponton, il retombe, c'est la panique autour de lui...
Le safran est cassé en deux, il y a quatre pales d'hélice à changer, heureusement, on peut les changer sous l'eau. Dans la nuit, Hugues entend la pompe de cale se mettre en marche : c'est la voie d'eau, le scénario catastrophe prend place dans nos têtes : on va devoir sortir le bateau dans un port qui n'est pas équipé pour, faire venir une grue spécialement pour nous, bouger un bateau qui n'est pas manœuvrant, se mettre à l'hôtel .... Je ne vous parle pas du budget !
Heureusement le lendemain avec le levé du jour, Hugues localise une petite fente réparable sous l'eau, on évite la catastrophe. Bartosh vient vers nous, il aide Hugues a réparer le safran et autres interventions, il y a aussi Vincinati (un ancien patient ; quand il était marin à Nouméa). Les habitants du port, n'hésitent pas à proposer de l'aide c'est la fameuse solidarité des gens de mer. Ce n'est pas une légende, elle existe et c'est le côté réchauffant des galères. Bartosh navigue depuis 30 ans, il a fait le Brésil, l'Afrique en long et en large, Madagascar... il nous raconte pendant des heures ses bonnes et mésaventures, nous donne de multiples conseils de navigation dans le canal du Mozambique et le passage du Cap de Bonne Espérance. Ben, un Mauricien est venu, pour se faire opérer des yeux, il fait du charter ; On les voit tous les jours et on rigole bien, ben veut s'installer à Nouméa car l'île Maurice devient de plus en plus difficile à vivre ; L'écart se creuse entre les plus riches et les plus pauvres, les tensions naissent et la politique se durcit....
Il y a Lucé et Magalie qui passent tous les jours, des créoles ; Hugues leur a donné un conseil médical et deux jours après ils sont venus boire l'apéro, avec leur famille, pour voir le bateau, avec dans les bras un poulet créole. La cuisine créole se résume en rougaille : faire revenir des oignons, de l'ail, de la tomate, du curcuma sel poivre et piment. Cette sauce se fait cuire en même temps que la viande et avant de mettre le poisson : un régal...
19 octobre Le vent tombe et la houle se lève.
Les pales sont enfin arrivées à la Réunion, mais le vendredi à partir de 15H la vie s'arrête, nous sommes obligés d'attendre lundi... Encore un week end au bord de cette jetée en béton, où les voitures passent. Nous sommes anéantis, on dit en créole : qué position ? si ça va, on répond : « correct » et si ça va pas : « fatigué ». Notre position est écroulée sur le sol, très fatigués. Heureusement ! Le vent tombe, nous avons repéré une place libre, plus tranquille. C'est là que nous passons nos derniers jours à la Réunion, vivement mardi, direction Madagascar vers le Cap d'Ambre.
Nous surveillons l'entrée du port, la houle s'est levée et c'est le temps du surf. La vague, à gauche en entrant est lente à déferler les surfer l'aiment bien. Je fais une belle série de photos dont une assez étonnante : Avec l'effet d'optique, on voit un voilier qui s'apprête à entrer dans St Pierre, sous une déferlante avec un surfer dans son tube. L'autre cliché montre l'entrée du port avec en premier plan un surfer qui plonge. Parfois les vagues débordent sur la passe et les marins pêcheurs sont au chômage technique. Nous sommes inquiets.
Quand va-t-on se dégager de cette île?
Le 24, au petit matin, nous courrons au bout du ponton, sur la jetée. Les vagues sont déjà réveillées mais la passe est claire. Nous décidons de partir. Un petit stress logé au fond du cœur, j'aide Hugues à préparer le bateau. Moteurs à fond, petit génois dehors, nous traversons le passage étroit du port, entre un spot de surf à droite et un phare attaqué par les vagues à gauche. Enfin libre ! C'est vraiment le sentiment que j'ai ressentit à la bouée jaune qui signale que nous sommes sortie. Nous voguons, enfin, vent arrière, direction Nord vers Mada, vue sur l'entrée du cirque de Cilaos. Cette île est magnifiquement escarpée, nous respirons l'air du large.
Publié à 8:58 PM, le 2 October 2007, Réunion Mots clefs :
Ile Maurice
TOP DEPART : MISES A NIVEAUX
Arrivés depuis le 25 septembre, nous organisons le bateau pour une vie de famille.
Hugues est parti de Nouméa (Nouvelle Calédonie) le 17 juillet 2007, il a parcouru 7500 miles (7500*1,8=13500 km) en deux mois et demi avec des coéquipiers « navigateurs- bricoleurs » : le bateau est transformé...Son trajet : Nouméa, Chesterfield, Cairns, Darwin, Christmas Island, Cocos Island, Rodrigues et L'île Maurice où il récupère maman et les petits moussaillons...Le presque vieux loup de mer doit revenir à une vie de famille. L' « artiste navigatrice » en devenir débarque sur le pont avec ses petits « monstres » les valises dans une main et le torchon dans l'autre...
Et c'est partie... à l'ordre du jour : ORDRE ET ORGANISATION !
Le loup de mer et quand même content de revenir au petit nid presque douillet. Il doit maintenant faire face aux humeurs de la Mère :« pourquoi mettre autant d'outils dans les coffres du carré ? »
« Mais c'est pour mieux bricoler ma chérie... »
Doucement mais surement le bateau atelier de bricolage prend peu à peu des allures de petite maison sur l'eau.
Je tiens à remercier Momo pour les nombreuses améliorations effectuées sur le bateau, tous les jours nous avons une petite pensée pour toi :
Le loup « Tu vois, là, si tu réussie à monter sur le bateau c'est grâce aux marches en inox de Momo... »
L'artiste navigatrice « Ah ! oui... »
Mon nouvel univers.
Le bateau, univers qui fonctionne en autarcie. Pas de facture d'eau ni d'électricité, de téléphone ou de poubelle. Tout se génère à bord : le désalinisateur, six panneaux solaire, deux hydro générateurs, deux moteurs de 27 chevaux, une BLU, un iridium (téléphone satellite) des ordinateurs pour lire les cartes de navigation, mesurer la force et la direction du vent.... Une vraie usine dont nous sommes les patrons, ouvriers et techniciens experts. Je suis un peu stressée de démarrer cette grande aventure et de réussir à comprendre cette grande machine.
Il faut que chacun y trouve sa place et son rôle, nous sommes pour le partage des tâches, pas d'attribution systématique du genre : « toi tu es une femme alors tu fais le ménage et la cuisine....». Il faut quand même se fondre dans un nouveau rôle (peut être celui de notre vie !). Les répétitions sont parfois laborieuses, nous n'avons pas encore le bon ton, la mise en scène n'est pas huilée mais je sais que nous sommes sur le point d'y parvenir. Les enfants n'ont pas un rôle secondaire comme on pourrait le croire mais au contraire ils sont les pièces maitresses de cette histoire. Nous avons eu énormément de mal à convaincre Antoine (l'ainé de 12 ans ½) de nous suivre, nous étions même sur le point d'abandonner. Aujourd'hui nous passons beaucoup de temps à gérer leur bien être psychologique et matériel sans pour autant se laisser envahir par leurs exigences. Dans leurs têtes d'enfant ce voyage n'est pas forcément la chance de leur vie. A une période de leur évolution ou ils construisent une vie sociale, nous leur imposons un exercice a quatre membres de la même famille d'âges, de sexes et envies différentes.
Ile Maurice
Le jardin d'Eden, le pays de « Paul et Virginie »
Visite du « jardin des Pamplemousses » connu dans le monde entier comme étant un des plus beaux jardins d'espèces tropicales.
Je tombe en admiration devant les nénuphars géants et je voie pour la première fois de ma vie la fleur de Lotus et je comprends pourquoi elle est si vénérée...
Ce jardin rappel le temps ou l'île Maurice s'appelait l'île de France, placée sous la tutelle de la compagnie des indes Française. Tout un art de vivre : de la maison « coloniale » aux nombreuses étoffes de diverses origines dont celles teintes à l'indigo, les porcelaines de chine dont les célèbres « blanc-bleu », des objets précieux ramenés par les corsaires... de cette époque naitra un des plus beaux roman d'amour, écris en 1788 par Bernardin de St Pierre : « Paul et Virginie ». C'est aussi l'époque de l'esclavagisme ; en 1797 il y avait 59 000 habitants dont 49 000 esclaves.
Visite du musée « l'Aventure du sucre » très riche en enseignement. L'histoire de l île est liée à cette saveur. Les champs de canne à sucre occupent encore le pays.
Les H de Hôtels.
Aujourd'hui le nom des baies sur la carte de l'île sont cachés par les H de Hôtels. Nous sommes allés mouiller à « Grand baie », un des endroits les plus réputé de l'île ; il y a surement de très beaux hôtels où les vacanciers peuvent se reposer à moindres frais mais l'endroit ressemble à n'importe quelle station balnéaire... Le pays n'a plus beaucoup de charme, il est atteint par la gangrène du tourisme.
Nous avons hâte de quitter Port Louis, la capitale, dont le yacht club est encerclé d'énormes portes containers et de bateaux de commerce chinois. Je me suis quand même régalé à les prendre en photos, sujet abstrait, entre modernité et traditions maritimes de sigles venus d'ailleurs.
Le 1er, Mathieu, un des équipiers, est reparti à Nouméa, Les enfants sont tristes mais nous sommes enfin réuni à quatre, en famille, cela faisait presque trois mois...Merci Bil, ta clef est précieuse pour écrire sur le bateau et charger nos texte dans un cyber...
Le 2 Octobre 2007
Départ de Port Louis, c'est le début de l'aventure. 10h du matin, cap au 250, on a le vent dans le nez, ce n'était pas prévu par la météo ! Nous avons élaboré notre parcours en fonction du vent et des saisons : que du vent arrière et pas de tempêtes... On peut toujours rêver ! Ce vent de face me rappel les deux derniers mois de navigation dans les îles Salomon ou nous avons remonté le vent pour rentrer à Nouméa. C'est au cour de ce voyage que nous avons décidé d'acheter un autre bateau, plus gros et donc plus sécurisé pour un périple de la grandeur du monde. Nous glissons sur les eaux du monde !
Entre l'île Maurice et la Réunion, de la mer!
La mer est toujours la mer. Sur la carte nous sommes loin, loin de quoi ? De chez nous. Notre nouvelle maison c'est Lô, notre bateau sur l'eau de l'Océan Indien. Le plus beau paysage est de voir l'eau à 360° sans aucune trace de terre mais je la perçois, là, présente sous sa vraie forme : ronde !
Publié à 4:49 PM, le 24 September 2007, Maurice Mots clefs :
C'est le titre et l'affiche de ma première exposition personnelle au Centre d'Art de la ville de Nouméa, du 5 au 28 juillet 2007.
Cette exposition parlait de deux voyages:
Le premier: Papouasie Nouvelle Guinée, en septembre 2005
Le deuxième: quatre mois de navigation, en famille, aux îles Salomons, de juin à septembre 2006.
Un des projets d'affiche.
Elle est moins percutante que celle qui a été choisie mais plus représentative de mon travail artistique et elle montre bien les deux parties de cette exposition. Une salle avec essentiellement des photos de Papouasie et une autre avec une projection en grand d'un carnet de voyage aux îles Salomon sous la forme d'un livre animé (animation réalisée par Pascal Jayet, un ami).
MISSION HUMANIT'ART
Ce sont des tranches de vie mises bout à bout dans un carnet. Partie en voilier pour une mission humanitaire avec son médecin de mari, Patricia Bourgeois à ramené des îles Salomon des mosaïques d'images qui racontent les étapes d'une « formidable expérience humaine et familiale ».
Patricia Bourgeois n'aime pas l'idée d'une vie en ligne droite sans bifurcation. Avant de se consacrer entièrement à son art et jusqu'en 2001, elle était pharmacienne. « Ce n'était pas une erreur, et je ne regrette pas, c'est cela qui m'a menée jusqu'ici » ou plutôt jusque là- bas. Dans les îles Salomon, qu'elle dépeint dans son carnet de voyage. Le premier qu'elle ait terminé. Accompagné de photos de Papouasie Nouvelle Guinée au Centre d'art de la ville de Nouméa (Nouvelle Calédonie) au mois de juillet 2007, il sera bientôt en bonne place dans les locaux de la communauté du Pacifique Sud (CPS : organisme représentant tous les pays du Pacifique).
Ce n'est pas tout à fait un carnet comme les autres.
L'ouvrage de l'artiste, partie « à la rencontre de l'autre » pendant quatre mois à l'été 2007, s'anime face au lecteur. Grâce au travail d'animation de pascal jayet, les pages « conçues comme des tableaux » se tournent sur le mur.
« Luganville et son ambiance de western moderne », Honiara la capitale des îles Salomon, le petit village de Sisiga et maintes escales ont fait l'objet d'une véritable recherche picturale. Peintre confirmé, inspirée par le graphisme océanien, aux grés des mouillages elle a d'abord jeté sur le papier croquis, symboles ou commentaires sur la vie quotidienne des Salomonais.
"Des pages qui « racontent une histoire »
Puis, à son retour, et pendant plus de 6 mois, elle a travaillé sur un logiciel de montage photographique pour rendre ces pages cohérentes. Pour qu'elles ne soient pas seulement belles, « mais qu'elles racontent une histoire ». Photos couleurs ou noir et blanc rehaussées de dessins, cartes d'époques ou images d'aujourd'hui : les compositions sont bigarrées, avec parfois, des informations sur la situation politique et sociale.
Une optique autre que purement touristique.
Car les bourgeois, qui ont pris la mer en famille, ne sont pas partis que pour la beauté des gens et des paysages. Seuls les enfants de 10 et 12 ans, quittaient Nouméa dans un but largement ludique. La pharmacienne a repris du service pour ranger les médicaments à distribuer dans les villages. Son mari, médecin, a soigné les malades, utilisé le budget alloué par une commission européenne pour améliorer la prise en charge médicale sur l'île de Vanikoro, et mené une étude sur le Tokélau, une maladie de peau. Autant d'occasions de lier contact avec la population locale dans une optique autre que purement touristique. « Voyager avec les enfants et avec un médecin facilitent grandement les rencontres » admet l'artiste avec humour. Son nouveau projet ? « Faire le tour du monde en montrant l'Océanie à des points stratégique ». En attendant, l'exposition, dont le vernissage à la CPS coïncide avec une réunion sur l'organisation du festival des arts du Pacifique de 2008, devrait au moins voyager dans le coin. Et dès octobre, la famille Bourgeois entamera un autre tour en voilier, pour deux ans cette fois -ci. Avec à la clé, de nouveaux carnets de voyage.
Laeïla Adjovi
Article paru dans les Nouvelles Calédoniennes le 4 aout 2007
Voici l'Affiche de l'exposition à la CPS
CARNETS D'ABORDS
Patricia Bourgeois a développé une partie de sa récente exposition au centre d'art de la ville de Nouméa dans la salle Jacques Iékawé de la commission du Pacifique Sud. « Carnet de voyage, Iles Salomon » est un mélange d'impressions artistiques pour aborder l'autre. Rencontres éclectiques....
Au centre d'art la Papouasie Nouvelle Guinée, présente avec de magnifiques portraits retravaillés par l'artiste, était complétée par la projection sur écran d'un livre animé, consacré à un périple aux îles Salomon. Le fameux carnet de bord illustré, journal intime et ouvert sur les sentiments qu'éprouve un voyageur aux abords d'autres rivages. Patricia Bourgeois, artiste plasticienne à plein temps depuis 2001, a également la passion des voyages. Peinture, dessin, photographie, création numérique et texte manuscrit sont liés, voir superposés en couche, pour faire ressentir les impressions fugitives et marquantes gravées dans la mémoire sélective du visiteur de passage. A bord d'un voilier avec son mari médecin et leurs enfants, ils ont fait un voyage à but humanitaire (distribution de médicaments, étude d'une maladie dermatologique) que Patricia a transcrit avec son sens artistique.
Celui qui passe sans abîmer
Les grands panneaux exposés traduisent en images ses pensées, ses réflexion, ses états d'âme ou physiques et les dessins, les photos, les morceaux «carto-graphique » s'enchevêtrent sur la houle calligraphiée de son carnet tenu au jour le jour. Ses écrits sur le vent ont un goût de sel pour capter l'aspect western de la grande rue commerçante de Luganville à Santo (Vanuatu), pour jongler avec le temps historique de leurs différentes escales, pour saisir l'instant du contact. Une veillée d'écriture sur le pont a dû être propice à l'évocation des grands découvreurs (De Quiros et Mendana) et leurs aventures quelquefois tragiques. En effet, le choc des cultures a souvent débouché sur le bruit des armes et la ligne rouge (référence au beau film de Terrence Malick) a été franchie plus d'une fois. Le propre des îles est d'attirer d'autres peuples en quête de paradis, rompant le fragile équilibre. La pirogue traditionnelle est phagocytée par la jeep, les échanges coutumiers par le commerce et la terre par le profit, engendrant des problèmes fonciers que le pacifique sud connait trop bien. Patricia Bourgeois avec le regard de celui qui passe sans abîmer, grappille les regards de femmes et d'enfants, la confection de monnaie qui fait survivre les coutumes, le toit de chaume caché prés d'une plage (pour vivre heureux...). Elle traque l'humain dans le paysage grâce à une mosaïque faite de collage, de découpages et d'axe renversés, de portraits évoqués par l'encre et traversés par sa plume. Des noms sur une carte - Arnavon, Santa Isabelle, Santa Cruz, Guadalcanal ou Vanikoro- deviennent vivant sous son approche bariolé et poétique sans occulter l'aspect négatif pour autant. La tortue reste protégée à l'ombre du dieu « argent » et la maladie de peau peut se faire motif comme la scarification. Avis aux éditeurs pour, peut être, une publication digne des écrivains voyageurs.
Rolross
Paru dans le journal « les infos » de Nouvelle Calédonie le 7 septembre 2007
J'ai téléchargé une vidéo sur Youtube au nom de patriciabourgeois
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